En­tre­vue avec Ma­ri­lou, de 3 fois par jour

Guide Pratique - - Édito - Par Au­drey-maude Fa­lar­deau

On parle de plus en plus de l’im­por­tance de man­ger san­té. Quels sont tes trucs pour créer un plat san­té et ra­pide? «Le truc de base, c’est la ma­nière dont on fait son épi­ce­rie. Quand on a ac­cès à des choses moins bonnes pour la san­té, c’est tou­jours plus fa­cile de plon­ger de­dans, mais j’ai pour mon dire que c’est aus­si fa­cile d’équi­li­brer san­té et pas san­té. C’est un mythe qui en­toure la mal­bouffe de dire que c’est moins cher et plus ra­pide. Ce n’est qu’une ques­tion de "ce que tu achètes", "ce que tu as dans ton garde-man­ger".»

Se­lon toi, qu’est- ce qui rend une re­cette par­faite? «C’est l’équi­libre des sa­veurs. C’est la seule ma­nière d’avoir quelque chose d’ex­cellent. Qu’il y ait de la va­rié­té, aus­si. Je le dis sou­vent: mon re­pas pré­fé­ré, c’est la sa­lade! J’ai tou­jours eu honte de le dire, parce que c’est vrai­ment simple, mais avec les sa­lades, on peut faire vrai­ment n’im­porte quoi! En dis­cu­tant avec des amis chefs, je me suis ren­du compte que c’était très ré­pan­du comme pré­fé­rence. Je pense entre autres à Louis-fran­çois Mar­cotte, dont le plat pré­fé­ré est aus­si

la sa­lade.»

Est- ce que la cui­sine est ac­ces­sible à tout le monde? Com­ment ar­rives-tu à convaincre quel­qu’un qui n’y trouve pas d’in­té­rêt, ou qui dit ne pas avoir le temps? «En­core une fois, c’est une ques­tion d’édu­ca­tion. On n’ar­rête pas de dire que la cui­sine, c’est fa­cile, mais on ne le prouve pas né­ces­sai­re­ment. Je re­garde les pa­rents qui in­vitent leurs en­fants à bien man­ger, mais qui ne cui­sinent pas plus à la mai­son. Je pense qu’il faut le faire par l’exemple. Avec 3 fois par jour, je donne beau­coup de so­lu­tions as­sez simples, mais en­core faut-il le faire. C’est en s’exer­çant qu’on dé­ve­loppe des ré­flexes en cui­sine. Et oui, c’est ac­ces­sible à n’im­porte qui! Je l’ai vu. Quand j’ai ren­con­tré Alex, il man­geait du St-hu­bert cinq fois par se­maine parce qu’il était in­ca­pable de cui­si­ner! Au­jourd’hui, il se dé­brouille su­per bien, sim­ple­ment parce qu’en fai­sant la cui­sine, il s’amé­liore.»

À quoi res­semblent tes me­nus au quo­ti­dien? T’inspires-tu de ce que tu as dans ton frigo ou pla­ni­fies-tu tes re­pas à l’avance? «Je pla­ni­fie ra­re­ment les re­pas à l’avance. Par contre, j’es­saie d’avoir des in­gré­dients de base dans mon frigo et dans mon garde-man­ger: herbes fraîches, ci­tron, lime, boîtes de to­mates, boîtes de lé­gu­mi­neuses, etc. Dans mon congé­la­teur, de la viande, des cre­vettes. C’est plus fa­cile pour créer des re­pas spon­ta­nés, et j’es­saie d’al­ler à l’épi­ce­rie une fois par jour pour com­plé­men­ter mon pa­nier. C’est sûr que c’est plus fa­cile quand on n’a pas d’en­fants, car les fa­milles doivent s’or­ga­ni­ser à l’avance. J’en pro­fite pen­dant que je n’ai pas en­core d’en­fants (rires)! »

Quels sont les ou­tils que tu uti­lises le plus sou­vent en cui­sine? «J’uti­lise énor­mé­ment la cuillère à crème gla­cée, pour faire toutes sortes d’af­faires, comme des bis­cuits ou des cra­que­lins. Que ce soit pour ob­te­nir des bis­cuits de taille égale pour la cuis­son ou pour le look, c’est vrai­ment pra­tique. Aus­si, j’aime beau­coup uti­li­ser mes doigts. Les gens ont peur de bras­ser avec leurs doigts, de tou­cher la nour­ri­ture. Moi, au contraire, je trouve que nos doigts sont par­faits pour le faire. Je n’ai pas peur d’uti­li­ser mes mains, ce sont mes ou­tils pré­fé­rés!»

Se­lon toi, quelles sont les re­cettes de base que tout le monde de­vrait connaître? «C’est sûr que de sa­voir pré­pa­rer une sauce to­mate, ou une sauce à spa­ghet­ti, c’est tou­jours bon. Ça peut tel­le­ment dé­pan­ner, aus­si. Quand je vais avoir des en­fants, je vais leur ap­prendre à faire des pa­pillotes parce que c’est vrai­ment fa­cile!»

Quel ali­ment, ou tech­nique, te donne le plus de fil à re­tordre dans ta cui­sine? «La cuis­son de la viande. Puisque je ne suis pas vrai­ment at­ti­rée par la viande rouge, ça me bogue tou­jours un pe­tit peu. J’es­saie de m’amé­lio­rer, mais étant don­né que je ne suis pas pas­sion­née de viande, je ne fais pas sou­vent de tests. Quand vient le temps de re­ce­voir des amis car­ni­vores, ça me stresse beau­coup. Quand je par­tage une re­cette de viande ( sur le blogue), c’est que je l’ai faite et que je l’ai réus­sie de peine et de mi­sère!»

Ma­ri­lou est une per­son­na­li­té en cui­sine

de 24 ans, bien connue du Web grâce à

son blogue 3 fois par jour, qu’elle a créé

avec l’aide de son com­plice (et ma­ri)

Alexandre Cham­pagne. Notre équipe

de Re­cettes de chefs a eu la chance de

s’en­tre­te­nir avec elle au su­jet des bons

pe­tits plats et des ha­bi­tudes cu­li­naires à

adop­ter! «Mon re­pas pré­fé­ré, c’est la sa­lade!»

Quels se­ront tes pro­chains es­sais cu­li­naires? «J’ai­me­rais trou­ver des des­serts ra­pides. Ce se­rait mon défi. Alors que je sur­vo­lais mes re­cettes des deux der­nières an­nées, j’ai re­mar­qué qu’il y avait beau­coup de re­cettes de des­serts éla­bo­rées. Je suis une per­sonne très gour­mande, qui adore man­ger un peu de su­cré après le sou­per. J’ai­me­rais créer des des­serts ra­pides à consom­mer sur le pouce, qui se­raient san­té ou très gour­mands, on ver­ra!»

Quels ali­ments as-tu ap­pri­voi­sés pour faire plai­sir à ton homme? «Les des­serts, puis­qu’il aime beau­coup. Il est dia­bé­tique, alors il faut que j’ap­prenne à cui­si­ner dif­fé­rem­ment de­puis son diag­nos­tic. Ce n’est pas fa­cile; j’ai beau­coup d’ad­mi­ra­tion pour ceux qui ont des en­fants ou plu­sieurs membres de leur fa­mille qui sont dia­bé­tiques. C’est tout un casse-tête, mais en même temps, ça me fait plai­sir. J’aime tel­le­ment ça, cui­si­ner, que c’est un beau défi pour moi!»

Bière ou vin, en ac­com­pa­gne­ment d’un plat? «En fait, je ne bois pas d’al­cool. C’est drôle parce que les gens ima­ginent tout le temps Alex et moi qui bu­vons un verre de vin blanc la fin de se­maine! Nous ne bu­vons pas d’al­cool, ni l’un ni l’autre, pour plu­sieurs rai­sons. Nous nous li­mi­tons à l’eau et aux jus. Nous nous fai­sons sou­vent des jus au per­sil, à la co­riandre, etc. Ça peut pa­raître bi­zarre, mais c’est un goût qui se dé­ve­loppe. Nous car­bu­rons à ça!»

Qu’est- ce que tu as ap­pris, lors de ton pre­mier livre, que tu vas mettre en pra­tique pour le se­cond? «J’ai ap­pris qu’il faut que je me fasse confiance. À force d’écrire des re­cettes à lon­gueur de jour­née, je suis ca­pable main­te­nant d’écrire une re­cette sur pa­pier avant de la tes­ter. Je veux tes­ter mes re­cettes, mais pour le pre­mier livre, je les ai tes­tées cinq fois cha­cune. C’était ren­du ri­di­cule, une ob­ses­sion! Il faut que je fasse confiance à mon ta­lent qui se dé­ve­loppe tran­quille­ment. On di­rait que je n’ar­rive pas à ac­cep­ter que je puisse m’amé­lio­rer et que j’aie le ta­lent d’une per­sonne qui fait ça sou­vent.»

Tu va­lo­rises une ali­men­ta­tion saine et équi­li­brée, mais quand tu sors de ce cadre, que te per­mets-tu? «Le cho­co­lat, c’est un peu mon da­da! J’ai été ano­rexique, mais au­jourd’hui j’ai trou­vé un équi­libre de vie dans le fait d’écou­ter mon corps. Quand je n’ai plus faim, je n’ai plus faim. Tou­te­fois, je vais man­ger tous les soirs – ou presque – un pe­tit quelque chose de su­cré après le sou­per, ou bien du pop-corn avec Alex. Si­non, j’es­saie de me faire des barres tendres pour mé­lan­ger des in­gré­dients que j’aime, tout en in­té­grant des pro­duits un peu plus san­té et nu­tri­tifs, comme des noix, des fruits sé­chés, du riz souf­flé, du qui­noa souf­flé…»

«C’est en s’exer­çant qu’on dé­ve­loppe des ré­flexes en cui­sine.»

En sep­tembre 2014, pa­raît aux Édi­tions Car­di­nal le tout pre­mier livre de re­cettes de Ma­ri­lou, 3 fois par jour, qui connaît un franc suc­cès. La belle Ma­ri­lou et son époux, Alexandre Cham­pagne, planchent en ce mo­ment à l’écri­ture de leur se­cond tome, dont la sor­tie n’est pas en­core dé­ter­mi­née.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.