Cu­rio­si­té gour­mande

Guide Pratique - - Entrevue -

Quelle est l’his­toire der­rière cette re­cette de fi­let mi­gnon? C’était un di­manche, et j’avais pein­tu­ré toute la jour­née. Après avoir la­vé les der­niers pin­ceaux, je suis par­ti à l’épi­ce­rie. Il y avait des mo­rilles, chose rare, j’en ai donc pro­fi­té pour tes­ter une re­cette qui me fai­sait de l’oeil de­puis long­temps: far­cir des mo­rilles fraîches.

En feuille­tant votre livre His­toires de bouffe, un mot nous vient en tête: pas­sion. Est- ce bien ce qui vous mo­tive? C’est bi­zarre, mais je ne pense pas. La cui­sine c’est une pas­sion. Mais moi, je suis cu­rieux. De­vant le four­neau, je me dé­tends. J’aime faire les choses de A à Z, quel que soit le dé­fi, pe­tit ou grand, et ce, sans obli­ga­tion de réus­site. Après une jour­née de tra­vail, cui­si­ner est une par­tie de plai­sir. Vous êtes di­rec­teur d’usine et avez été pro­fes­seur au cé­gep pen­dant 10 ans. Si votre par­cours était à re­faire, ose­riez-vous vous lan­cer dans des études en cui­sine? Je pense que ce n’est ja­mais bon de re­faire le pas­sé. Plus jeune, j’avais re­gar­dé les op­tions qui s’of­fraient à moi, mais ça ne m’in­té­res­sait pas tant. J’ai le meilleur des deux mondes: un tra­vail qui me fait bien vivre et une pas­sion vi­brante pour la cui­sine. Si je payais l’hy­po­thèque en étant chef, est-ce que je se­rais plus ou moins heu­reux? Je ne le sais pas.

À la mai­son, est-ce vous qui vous oc­cu­pez des listes d’épi­ce­rie, des courses et de la pla­ni­fi­ca­tion des re­pas? Oui! C’est moi qui fais tous les re­pas à la mai­son. Avant, dans le cadre de mon tra­vail, je m’ab­sen­tais par­fois plu­sieurs jours et je m’as­su­rais tout le temps que les re­pas étaient prêts. Ma femme sait cui­si­ner, mais si je ne suis pas là, les en­fants vont sou­vent op­ter pour le res­tau­rant ( rires).

Quel genre d’en­fant étiez-vous en cui­sine?

J’étais tou­jours in­tri­gué. Dès que je goû­tais quelque chose ailleurs, je le ra­me­nais à la mai­son. J’ai un sou­ve­nir d’un sé­jour dans un cha­let près d’un lac au nord de Qué­bec, chez une vieille tante qui fai­sait des tartes. Tous les en­fants jouaient de­hors, mais moi, je ne vou­lais pas chas­ser les gre­nouilles, je vou­lais avant tout faire des tartes! Je me sou­viens de mon pre­mier vrai re­pas au res­tau­rant. Je n’avais pas les moyens d’y al­ler sou­vent, donc je m’étais dit que si je vou­lais man­ger aus­si bien, il fal­lait que je m’es­saie à la cui­sine.

Les voyages ont-ils ins­pi­ré votre livre? Je tra­vaille pour payer mon hy­po­thèque et quand il me reste de l’ar­gent, c’est pour voya­ger. Au dé­but, je ne vou­lais pas faire de livre. C’est un ami édi­teur qui a in­sis­té. Je ne voyais pas comment ma vie pour­rait être suf­fi­sam­ment in­té­res­sante pour en pu­blier des pas­sages. Puis, j’ai com­pris que le point de dé­part pour écrire ce livre de re­cettes était les his­toires qui se ca­chaient der­rière les plats.

Quel sen­ti­ment avez-vous lorsque vous voyez votre livre en li­brai­rie? J’ai plein de livres de cui­sine, car mon deuxième passe-temps, c’est flâ­ner en li­brai­rie. Il s’agit donc d’une belle fier­té per­son­nelle. Di­sons que je peux rayer ça de ma bu­cket list. C’est un livre d’ama­teur, fait sans pré­ten­tion, avec un té­lé­phone. J’ai vou­lu in­sis­ter sur le conte­nu et non le conte­nant.

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