Une école fière de la dif­fé­rence

In­cur­sion dans les classes TSA à De la Paix

Hebdo Rive Nord - - VIE COMMUNAUTAIRE - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

SCO­LAIRE. De­puis le mois de sep­tembre, l’école pri­maire De la Paix, à Re­pen­ti­gny, pour­suit une vo­ca­tion par­ti­cu­lière. En plus de ses groupes du ré­gu­lier, elle ac­cueille huit classes TSA, soit 37 élèves pré­sen­tant un trouble du spectre de l’au­tisme.

Dans la nou­velle sec­tion de l’école De La Paix, les murs peints d’un vert pomme at­tirent le re­gard. L’amé­na­ge­ment des lo­caux a été soi­gneu­se­ment pen­sé afin d’éveiller les sens de ces en­fants qui ont leur fa­çon bien per­son­nelle de voir la vie.

« L’en­fant au­tiste ne traite pas l’in­for­ma­tion comme nous, ex­plique Do­mi­nique Lé­veillé, en­sei­gnante. Nous, lorsque l’on re­çoit l’in­for­ma­tion, on est ca­pable de la gé­né­ra­li­ser et de la pla­cer. Chez eux, l'in­for­ma­tion entre, puis res­sort éven­tuel­le­ment, mais elle risque d’être dans le désordre. Il faut leur en­sei­gner à la gé­rer, à la pla­cer et à la trai­ter. »

Les élèves qui se re­trouvent dans les classes TSA à De la Paix sont âgés entre 5 et 10 ans. Ils pré­sentent tous dif­fé­rents be­soins par­ti­cu­liers. « Cer­tain res­sentent une sen­si­bi­li­té aux bruits, d’autres à la lu­mière, sou­ligne la di­rec­trice de l’école, Chan­tal Dra­peau. Des en­fants sont non-ver­baux tan­dis que d’autres tra­vaillent sur la pro­pre­té. On mise sur l’ac­qui­si­tion de l’au­to­no­mie fonc­tion­nelle ».

PRO­FES­SION­NELS DÉ­VOUÉS

Le pro­gramme d’en­sei­gne­ment of­fert aux classes TSA est ce­lui du Mi­nis­tère de l’édu­ca­tion, soit le même que re­çoivent les jeunes du ré­gu­lier. Il s’agit ce­pen­dant de classes d’adap­ta­tion sco­laire, donc l’en­sei­gne­ment est per­son­na­li­sé à chaque en­fant. Les groupes comptent en moyenne cinq élèves par classe. Chaque en­sei­gnante est ac­com­pa­gnée d’une édu­ca­trice spé­cia­li­sée, dont le rôle consiste à maxi­mi­ser la dis­po­ni­bi­li­té de l’en­fant et ain­si fa­ci­li­ter les ap­pren­tis­sages.

« Au pré­sco­laire, on dé­ve­loppe le lan­gage, l’ha­bi­le­té so­ciale, la com­mu­ni­ca­tion, la mo­tri­ci­té fine et la mo­tri­ci­té glo­bale, pour la­quelle les en­fants vi­vant avec un TSA ont sou­vent des re­tards », pré­cise Mme Lé­veillé. Après la ma­ter­nelle, ils pour­suivent leurs ap­pren­tis­sages ou on cible un ob­jec­tif d’après leurs be­soins, en fran­çais, par exemple. »

Au ni­veau pri­maire, cha­cun des élèves dis­pose de son propre es­pace en classe, où se re­trouvent un bu­reau ain­si qu’une éta­gère ac­cueillant des pa­niers dans les­quels les en­sei­gnantes peuvent y dé­po­ser des ta­bleaux d’exer­cices, par exemple. La ma­jo­ri­té des en­fants tra­vaillent éga­le­ment avec des pic­to­grammes. Des images de leurs tâches quo­ti­diennes sont donc en­li­gnées tout près d’eux, à titre de points de re­père.

L’école De la Paix peut comp­ter sur une équipe de pro­fes­sion­nels dé­voués, contri­buant au dé­ve­lop­pe­ment des en­fants au­tistes ; psy­cho­logue, psy­choé­du­ca­trice, tech­ni­cienne en lan­gage, or­tho­pho­niste et er­go­thé­ra­peute. « Ce sont des ser­vices très bé­né­fiques », ap­puie Mme Lé­veillé.

ET L’AVE­NIR ?

Le sou­hait le plus cher que les in­ter­ve­nants de l’école ché­rissent est que leurs élèves soient aptes à vivre en so­cié­té. Ils tra­vaillent donc en col­la­bo­ra­tion avec le Centre de ré­adap­ta­tion La My­riade, qui offre des ser­vices spé­cia­li­sés d’adap­ta­tion dans une pers­pec­tive de par­ti­ci­pa­tion so­ciale à des per­sonnes vi­vant avec un TSA.

Après le pré­sco­laire, les en­fants consi­dé­rés de ni­veaux « aca­dé­miques » sont trans­fé­rés à l’école pri­maire Hen­ri-bou­ras­sa, à Re­pen­ti­gny. Cette école ac­cueille des classes TSA, com­po­sées d’élèves aptes à vivre dans un contexte de classe sem­blable au ré­gu­lier. Puis, au ni­veau se­con­daire, les jeunes aux be­soins par­ti­cu­liers sont di­ri­gés vers l’école Jean-claude-cre­vier. D’autres sont ap­pe­lés à al­ler à Jean-bap­tiste-meilleur, dans les groupes de sou­tien émo­tif ou en­core à Paul-ar­se­neau, dans les classes DIM (dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle mo­dé­rée).

(Pho­to TC Me­dia - Sté­phane Grégoire)

Les en­fants vi­vant avec un TSA tracent leur che­min un éche­lon à la fois.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.