« C’est spé­cial avoir le can­cer du sein; les gens ad­mirent ton cou­rage »

Témoignage d’une com­bat­tante

Hebdo Rive Nord - - ACTUALITÉS - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

SO­LI­DA­RI­TÉ. Der­rière la len­tille de la pho­to­graphe An­nie Ga­ro­fa­no, trente femmes se sont suc­cé­dé cet après-mi­di d’avril, pre­nant Une pose pour le rose. Par­mi celle-ci, Ge­ne­viève Sé­guin, la muse de l’ar­tiste, at­ti­rait tous les re­gards.

« C’est spé­cial avoir le can­cer du sein. On te re­garde comme un tro­phée ; les gens ad­mirent ton cou­rage », image Ge­ne­viève Sé­guin. La ré­si­dente de L’as­somp­tion com­bat un can­cer du sein avec un aplomb qui lui est propre. « Je suis une fille très po­si­tive. Je conti­nue de mordre dans la vie, je tra­vaille, je voyage, je n’ai pas ar­rê­té de vivre. »

Ge­ne­viève, 42 ans, a re­çu son diag­nos­tic en dé­cembre der­nier. « J’en suis au stade 4. On peut dire que j’ai le can­cer à la hau­teur de mes am­bi­tions », par­tage iro­ni­que­ment la mère de fa­mille.

LES TRAI­TE­MENTS

Après avoir su­bi une opé­ra­tion, celle qui a la ferme in­ten­tion de faire face à l’en­ne­mi a dé­bu­té un trai­te­ment de chi­mio­thé­ra­pie de huit séances. Cinq d’entre elles sont dé­jà der­rière elle. Jus­qu’à pré­sent, elle ré­agit plu­tôt bien. « Des lé­sions ont dis­pa­ru. J’ai de bons ré­sul­tats. »

Mais si les trai­te­ments sont ef­fi­caces cli­ni­que­ment par­lant, la si­tua­tion est loin d’être fa­cile. « Après un trai­te­ment, je peux pas­ser la se­maine au lit. Au dé­but de la chi­mio­thé­ra­pie, on a toute notre force de corps, mais au cin­quième trai­te­ment, les cel­lules ne se ré­gé­nèrent pas, donc les saines meurent aus­si. C’est dif­fi­cile pour le coeur et pour la peau. J’ai aus­si des dou­leurs phy­siques, os­seuses et mus­cu­laires, ac­com­pa­gnées de maux de tête. »

LA PERTE DE CHE­VEUX

Avec la mise en place du trai­te­ment de chi­mio­thé­ra­pie, Ge­ne­viève a dû dire au revoir à sa che­ve­lure, un pro­ces­sus qu’elle a pris de front, en­core une fois. « Plu­sieurs femmes dé­cident de se ra­ser les che­veux dès que ceux-ci com­mencent à tom­ber. C’est une fa­çon de dé­mon­trer qu’on peut avoir un cer­tain contrôle sur la ma­la­die. »

Si Ge­ne­viève est au­jourd’hui très à l’aise avec ses che­veux ra­sés, elle te­nait à se pro­cu­rer une pro­thèse ca­pil­laire. « La pre­mière chose à la­quelle j’ai pen­sé c’est d’al­ler cher­cher une pro­thèse qui se­rait pa­reille à mes che­veux. J’en ai une très belle, mais je la porte plus ou moins parce que ça donne l’im­pres­sion d’avoir une tuque sur la tête. Je la mets au tra­vail étant don­né que c’est un en­droit pu­blic. »

LA FORCE DES PROCHES

Même si Ge­ne­viève consi­dère qu’elle n’avait pas be­soin de cette épreuve pour ap­pré­cier la vie, elle in­dique qu’elle est main­te­nant plus at­ten­tive aux pe­tits bon­heurs quo­ti­diens. « Je suis de­ve­nue contem­pla­tive de­vant plein de dé­tails que les gens ne voient plus. »

Celle qui a tou­jours eu une vie so­ciale bien rem­plie avoue se nour­rir de la force de ses proches. « C’est par­ti­cu­lier tout l’amour que je re­çois de ma fa­mille, mes amis, mes voi­sines. Toutes les sphères de ma vie de­viennent des com­mu­nau­tés de sou­tien. »

Ge­ne­viève a l’im­pres­sion que lors­qu’il est ques­tion de can­cer du sein, une so­li­da­ri­té fé­mi­nine s’ins­talle. L’évé­ne­ment Une pose pour le rose en est un bon exemple. « An­nie m’a dit qu’elle sou­hai­tait faire le pro­jet pour moi, que c’était moi qui la mo­ti­vait à le faire. J’ai trou­vé que c’était un beau geste po­sé pour amas­ser des fonds pour la re­cherche. »

Dans un ave­nir rap­pro­ché, lorsque Ge­ne­viève au­ra re­cou­vré la san­té, elle ai­me­rait s’im­pli­quer da­van­tage au sein de la cause, no­tam­ment pour ai­der les femmes à l’an­nonce de leur diag­nos­tic. D’ici là, elle se­ra du Re­lais pour la vie de Re­pen­ti­gny, le 16 juin, à l’île Le­bel.

Plu­sieurs femmes dé­cident de se ra­ser les che­veux dès que ceux-ci com­mencent à tom­ber. C’est une fa­çon de dé­mon­trer qu’on peut avoir un cer­tain contrôle sur la ma­la­die.»

(Photo TC Me­dia – Re­née-claude Dou­cet)

Ge­ne­viève Sé­guin avoue se nour­rir de la force de ses proches. Elle prend ici la pose avec Na­tha­lie Ri­vest, une co­pine qui connaît très bien sa si­tua­tion, puis­qu’elle a elle-même com­bat­tu un can­cer du cer­veau.

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