La res­tau­ra­tion à l’ère des mil­lé­niaux

Un do­maine en pleine trans­for­ma­tion

Hebdo Rive Nord - - LA UNE - OLI­VIA NGUONLY

Pierre Ro­che­fort a com­men­cé en tant que plon­geur dans un res­tau­rant pour en­suite gra­vir les éche­lons un à un, de­ve­nant tour à tour pré­po­sé à l’en­tre­tien, cui­si­nier, aide-maître d’hô­tel et gé­rant.

« J’ai rou­lé ma bosse », ré­sume le res­tau­ra­teur qui a aus­si sui­vi des cours à l’ins­ti­tut d’hô­tel­le­rie du Qué­bec et à l’uni­ver­si­té en ad­mi­nis­tra­tion avant de s’as­so­cier à la chaîne La Cage aux Sports il y a 17 ans.

Pour Sté­phane Chas­sé, qui oeu­vrait dans le do­maine de l’évé­ne­men­tiel au­pa­ra­vant, la res­tau­ra­tion est ar­ri­vée lors­qu’il a fait une offre d’achat sur un res­tau­rant qui n’était pas à vendre. Une fois l’offre ac­cep­tée, le Monte Car­lo pre­nait vie il y a près de 15 ans sur la rue Le­clerc, pour ré­cem­ment de­ve­nir Le Bis­tro Ur­bain 555.

« Quand j’ai com­men­cé, il y avait deux choix de vins sur le me­nu, un blanc et un rouge », se sou­vient M. Ro­che­fort qui croit que de­puis cinq ans le mi­lieu de la res­tau­ra­tion est en pleine ef­fer­ves­cence, no­tam­ment avec une jeune gé­né­ra­tion de consom­ma­teurs avides de di­ver­tis­se­ment : les mil­lé­niaux.

Une consta­ta­tion que par­tage son col­lègue. « Avec les nom­breux shows de cui­sine et les ré­seaux so­ciaux, tout le monde est de­ve­nu cri­tique cu­li­naire. Les jeunes connaissent beau­coup plus de choses et sont très exi­geants », re­marque M. Chas­sé.

RES­TAU­RA­TION. Les temps ont bien chan­gé de­puis qu’ils ont fait leurs dé­buts dans le mi­lieu de la res­tau­ra­tion, conviennent Sté­phane Chas­sé, pro­prié­taire du Groupe Monte Car­lo, et Pierre Ro­che­fort, pro­prié­taire de La Cage – Bras­se­rie spor­tive de Re­pen­ti­gny. Les deux hommes mul­ti­plient les chan­ge­ments pour suivre le rythme de l’in­dus­trie im­po­sé en grande par­tie par les mil­lé­niaux.

UNE GÉ­NÉ­RA­TION GUI­DÉE PAR LE CHAN­GE­MENT

Il y a un peu plus de deux ans, La Cage aux Sports de­ve­nait La Cage - Bras­se­rie spor­tive, avec un nou­veau me­nu re­vam­pé par le chef qué­bé­cois Louis-fran­çois Mar­cotte. Un vi­rage qui n’est pas le fruit du ha­sard et qui se veut jus­te­ment un tour­nant pour re­joindre une

clien­tèle jeune qui vibre au rythme du chan­ge­ment.

Moins de sel, moins de sucre, un me­nu mo­di­fié se­lon la sai­son, plus de pro­duits faits mai­son, « c’est un chan­ge­ment de cul­ture », com­mente le res­tau­ra­teur.

Même son de cloche du cô­té de ce­lui qui s’af­faire à don­ner la touche fi­nale à son nou­veau concept de res­tau­rant, le Bis­tro Ur­bain 555. « Au­jourd’hui, il faut al­ler plus loin avec les jeunes : le me­nu doit être chan­gé ré­gu­liè­re­ment, même chose pour la dé­co­ra­tion. Avant, la sa­veur du jour au ni­veau de la dé­co pou­vait du­rer 5-7 ans, mais là, c’est maxi­mum 3-4 ans. »

Si La Cage - Bras­se­rie spor­tive a connu des ré­no­va­tions il y a tout juste trois ans, son pro­prié­taire en­vi­sage dé­jà de pe­tites amé­lio­ra­tions.

« Les jeunes veulent vivre des ex­pé­riences nou­velles et tout le temps vivre des‘’wow’’quand ils vont au res­tau­rant et c’est pour­quoi il faut tou­jours se ré­in­ven­ter », croient les deux hommes.

« FA­CE­BOOK LA CLÉ »

Qui dit jeune clien­tèle dit aus­si pré­sence sur les mé­dias so­ciaux, et ça, les res­tau­ra­teurs l’ont bien com­pris. Pierre Ro­che­fort fait re­mar­quer que La Cage ne fait plus de pu­bli­ci­tés té­lé­vi­sées de­puis un an en­vi­ron. Dans son éta­blis­se­ment, c’est son gé­rant qui as­sure un sui­vi sur la page Fa­ce­book du res­tau­rant.

« Avant, on re­joi­gnait nos clients avec les pages jaunes sim­ple­ment. Au­jourd’hui, il y a les sites web et les ré­seaux so­ciaux en plus des mé­dias tra­di­tion­nels. Mais c’est vrai­ment Fa­ce­book la clé », conti­nue M. Chas­sé.

Pour lui, l’as­pect es­thé­tique des plats est es­sen­tiel et peut être sy­no­nyme de nom­breux « like » à la suite d’une pu­bli­ca­tion sur les mé­dias so­ciaux. Des cock­tails co­lo­rés à la barbe à pa­pa avec des pailles géantes, il en a vu pas­ser et a aus­si mi­sé sur une touche d’ori­gi­na­li­té avec son nou­veau me­nu du Bis­tro ur­bain 555.

« Les mil­lé­niaux, il faut les com­prendre : c’est notre clien­tèle et notre per­son­nel et c’est l’ave­nir de la res­tau­ra­tion », croit Pierre Ro­che­fort.

(Pho­to TC Me­dia – Oli­via Nguonly)

Sté­phane Chas­sé et Pierre Ro­che­fort, deux res­tau­ra­teurs de la ré­gion.

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