« Ma vie, c’est les voyages »

Clé­ment Couture, bé­né­vole hu­ma­ni­taire

Hebdo Rive Nord - - VIE COMMUNAUTAIRE - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

À 69 ans, ce­lui qui a per­du une de ses filles à la suite d’un grave accident de voi­ture trouve le bon­heur dans le sou­rire des en­fants qu’il cô­toie lors de ses nom­breux voyages hu­ma­ni­taires.

À peine re­ve­nu d’un sé­jour en Haï­ti, il ne pense qu’à la date de son pro­chain dé­part. De­puis huit ans, il ef­fec­tue deux voyages par an. Cette an­née, ex­cep­tion­nel­le­ment, il en a pré­vu quatre. « Ma vie, c’est les voyages », par­tage-t-il, des étoiles dans les yeux.

L’aven­tu­rier aime par­ti­cu­liè­re­ment être plon­gé au coeur d’une culture dif­fé­rente de la sienne. « Je ne veux pas voir ce que l’on sou­haite me mon­trer dans les tours or­ga­ni­sés. Moi, c’est la vraie vie qui m’in­té­resse ; alors je me pro­mène dans les rues. On me de­mande par­fois si j’ai peur… mais non, je n’ai ja­mais eu de pro­blèmes. »

HAÏ­TI. Crayons de cou­leurs, ca­hiers Ca­na­da, pe­luches, vê­te­ments, sou­liers... le conte­nu des va­lises de Clé­ment Couture dif­fère de ce­lui d’un voya­geur ty­pique. Le ré­sident de Saint-sul­pice ne trans­porte que très peu d’ef­fets per­son­nels à l’étran­ger ; il pré­fère consacrer l’es­pace de ses deux sacs de hockey au ma­té­riel qu’il re­met aux com­mu­nau­tés dans le be­soin.

COUP DE COEUR POUR HAÏ­TI

Ce­lui qui voyage seul prend tou­jours le temps de dis­cu­ter avec les lo­caux et de jouer avec les en­fants sur place. « C’est très dif­fé­rent d’ici, les gens sont plus ou­verts et ac­ces­sibles. Un jour, j’ai de­man­dé à une mère qui ter­mi­nait d’al­lai­ter son bé­bé si je pou­vais le prendre. Elle m’a dit ‘’oui, pas de pro­blème’’ et m’a ten­du le bé­bé. On ne ver­rait pas ça ici. »

M. Couture a eu la pi­qûre du voyage lors d’un sé­jour en Ré­pu­blique Do­mi­ni­caine. De­puis, il y est re­tour­né 16 fois. Ré­cem­ment, il a eu un vé­ri­table coup de coeur pour Haï­ti, où il a eu l’oc­ca­sion d’ha­bi­ter dans un or­phe­li­nat, à Mont Roui. « Il fai­sait très chaud. Il n’y a pas d’air cli­ma­ti­sé là-bas, mais j’ai ado­ré. »

HEU­REUX MAL­GRÉ TOUT

En plus de re­mettre des biens de toute sorte aux en­fants et aux res­pon­sables de l’établissement, l’homme au grand coeur a fait l’achat d’une cui­si­nière et d’une la­veuse.

L’or­phe­li­nat en ques­tion ac­cueille 48 en­fants, âgés entre 18 mois et 17 ans. « Ce sont des en­fants qui ont été aban­don­nés. Sou­vent, les pa­rents ne sont pas ca­pables de les nour­rir, donc ils les amènent là-bas. »

Ces en­fants ne se­ront pas adop­tés. À 18 ans, ils quittent l’or­phe­li­nat et sont ap­pe­lés à vo­ler de leurs propres ailes. « Mais ils sont heu­reux, ils ne connaissent pas d’autres choses. »

BE­SOIN D’AR­GENT

Même s’ils ont chaque jour de quoi se mettre sous la dent, les jeunes de l’or­phe­li­nat ne mangent pas très bien. « La plu­part du temps, on leur sert du riz avec une sauce aux pois et de la sau­cisse à hot dog. Ils n’ont que très peu de viande ou de lé­gumes. »

Le voya­geur a donc te­nu à of­frir à ses jeunes pro­té­gés un re­pas de viandes froides en plus de leur pré­sen­ter un des­sert spécial, à l’oc­ca­sion de La mu­ni­ci­pa­li­té de Saint-sul­pice sou­li­gnait ré­cem­ment le dé­voue­ment de M. Couture, qui se voyait at­tri­buer la mé­daille du Lieu­te­nant­gou­ver­neur. En plus de son im­pli­ca­tion à l’étran­ger, l’an­cien chauf­feur d’au­to­bus de la STM cu­mule les heures de bé­né­vo­lat, no­tam­ment en sein de la Maison Ad­hé­mar-dion, où il offre son sup­port aux personnes en fin de vie. Ce­lui qui a éga­le­ment été conseiller mu­ni­ci­pal a don­né de son temps pour Nez Rouge et du cô­té de la Croix-rouge, en plus d’en­re­gis­trer plus de 60 dons de sang.

Mé­daille du Lieu­te­nant-gou­ver­neur

l’an­ni­ver­saire d’une fillette. « J’ai ache­té deux pe­tits gâ­teaux que l’on a par­ta­gés. Cha­cun a eu un pe­tit mor­ceau. Ils étaient fous de joie. »

Aux dires de M. Couture, l’ar­gent est cer­tai­ne­ment ce dont ces com­mu­nau­tés ont le plus be­soin, no­tam­ment pour nour­rir les en­fants. « Mais c’est dif­fi­cile d’amas­ser des sous pour Haï­ti au Qué­bec. Les gens ont per­du confiance, il y a eu trop d’his­toires de fraudes », conclut ce­lui qui re­trou­ve­ra la route de la Perle des An­tilles en no­vembre pro­chain.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Clé­ment Couture a eu un vé­ri­table coup de coeur pour Haï­ti.

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