Bien plus qu’un meilleur ami; un guide pour la vie

Chien d’as­sis­tance à l’au­di­tion

Hebdo Rive Nord - - ACTUALITÉS - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

Va­lé­rie vit avec une perte au­di­tive qua­li­fiée de sé­vère à pro­fonde. Même si elle pos­sède des ap­pa­reils au­di­tifs qui lui per­mettent d’en­tendre plu­sieurs sons, sa chienne d’as­sis­tance re­pré­sente en quelque sorte ses oreilles.

Ève as­sure la sé­cu­ri­té de Va­lé­rie lors de ses dé­pla­ce­ments en lui si­gna­lant les dan­gers, le cas échéant. Lors d’un in­cen­die ou d’ur­gences ma­jeures, Ève sau­rait éga­le­ment comment ré­agir.

Dans la vie de tous les jours, la chienne in­dique à sa maî­tresse lorsque le té­lé­phone sonne ou qu’on cogne à la porte. Elle re­con­naît aus­si le nom de Va­lé­rie, alors si quel­qu’un nomme son pré­nom, elle est en me­sure de l’en aver­tir. « Lors­qu’elle en­tend un son en par­ti­cu­lier, elle vient mettre une patte sur moi et me di­rige vers la source du son », ex­plique Va­lé­rie.

RE­LA­TION PRI­VI­LÉ­GIÉE

Celle qui a at­ten­du pen­dant deux ans avant d’ac­cueillir sa chienne sou­ligne à quel point elles en­tre­tiennent au­jourd’hui une re­la­tion pri­vi­lé­giée, voir fu­sion­nelle. « Elle sait cap­ter mes émo­tions. Lorsque j’ai de la peine, elle vient me voir, pour me conso­ler. Si je suis fâ­chée ou que je me chi­cane avec les en­fants, elle se di­rige vers la chambre, puis­qu’elle n’aime pas les éner­gies né­ga­tives. »

La mère de deux ado­les­cents, âgés de 13 et 16 ans, ex­plique que l’ar­ri­vée d’ève a né­ces­si­té une grande adap­ta­tion au sein de sa fa­mille. Va­lé­rie a éga­le­ment été ap­pe­lée à ap­pri­voi­ser les re­gards lors de ses sor­ties et à l’uni­ver­si­té, où elle ter­mine un bac­ca­lau­réat en dé­ve­lop­pe­ment de car­rière.

« Nous at­ti­rons sou­vent l’at­ten­tion du pu­blic, sur­tout dans les centres com­mer­ciaux. On me pose beau­coup de ques­tions. Les gens ne sont pas ha­bi­tués de voir des chiens d’as­sis­tance pour per­sonne mal­en­ten­dante. »

CONFIANCE PER­SON­NELLE

C’est à la suite d’un test d’au­di­tion que Va­lé­rie a pen­sé à se ren­sei­gner sur les chiens d’as­sis­tance. « Je passe un test d’au­di­tion aux deux ou trois ans. Lorsque l’on m’a an­non­cé que je ren­con­trais une perte au­di­tive de 20 %, j’ai eu un choc ; mes en­fants étaient alors très jeunes. »

Va­lé­rie est mal­en­ten­dante de­puis qu’elle est bé­bé. Sa condi­tion se­rait re­liée à sa nais­sance pré­ma­tu­rée. Elle est née à 30 se­maines de ges­ta­tion. À la suite de l’ac­cou­che­ment, voyant qu’elle ne res­pi­rait pas, on l’a ra­pi­de­ment dé­po­sée dans un in­cu­ba­teur, avec un taux d’oxy­gène très éle­vé. « J’ai alors été en me­sure de res­pi­rer, mais pro­ba­ble­ment que le choc a brû­lé des cel­lules, dont celles res­pon­sables de l’au­di­tion. »

Avec le sup­port d’ap­pa­reils au­di­tifs, elle peut en­tendre plu­sieurs sons, prin­ci­pa­le­ment les graves. Les sons aigues de­meurent ce­pen­dant hors de sa por­tée. Celle qui consi­dère la langue des signes qué­bé­coise (LSQ) comme sa langue ma­ter­nelle a ap­pris à par­ler vers l’âge de cinq ans. Au­jourd’hui, si elle com­mu­nique ai­sé­ment, c’est qu’au fil du temps, elle a ap­pris à lire sur les lèvres, mais aus­si à dé­co­der les ex­pres­sions du vi­sage.

L’ar­ri­vée d’un chien d’as­sis­tance dans sa vie lui a per­mis de ga­gner une pré­cieuse confiance en elle. Elle se sent plus à l’aise lors de ses dé­pla­ce­ments et sait qu’elle peut ré­pondre adé­qua­te­ment aux be­soins de ses en­fants.

SÉ­CU­RI­TÉ. De­puis quatre ans, Va­lé­rie Blon­din Demers par­tage son quo­ti­dien avec une com­pagne bien par­ti­cu­lière ; un la­bra­dor fe­melle de 5 ans et de­mi du nom de Ève. En­traî­née pour ré­pondre aux be­soins d’une per­sonne mal­en­ten­dante, l’ani­mal es­corte la ré­si­dente de L’as­somp­tion dans ses moindres dé­pla­ce­ments. Fon­da­tion des Lions

Ève est un chien d’as­sis­tance is­su du pro­gramme de la Fon­da­tion des Lions du Ca­na­da. Un tel chien re­pré­sente un in­ves­tis­se­ment de

35 000$, qui est uni­que­ment as­su­mé par la Fon­da­tion. Cette der­nière se fi­nance en­tiè­re­ment par des dons. Pour pou­voir ac­cé­der au pro­gramme, il faut ré­pondre à des cri­tères spé­ci­fiques et pré­sen­ter les ré­fé­rences né­ces­saires. Les chiens d’as­sis­tance à l’au­di­tion suivent une for­ma­tion de six mois et vivent dix mois en fa­mille d’ac­cueil. La Fon­da­tion des Lions offre éga­le­ment de chiens guides aux en­fants au­tistes, aux per­sonnes at­teintes d’un han­di­cap ou pré­sen­tant une condi­tion spé­ciale, à celles épi­lep­tiques ain­si qu’aux dia­bé­tiques et ce, par­tout au Ca­na­da. In­fo: www.chiens-guides.com

(Pho­to TC Me­dia – Re­née-claude Dou­cet)

Avec l’ar­ri­vée d’ève dans sa vie, Va­lé­rie Blon­din Demers a ga­gné une pré­cieuse confiance en elle.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.