Al­lai­ter au-de­là de deux ans, tou­jours ta­bou ?

Une ma­man par­tage son ex­pé­rience

Hebdo Rive Nord - - VIE COMMUNAUTAIRE - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

MA­TER­NI­TÉ. «Tu al­laites en­core… » ; voi­là une re­marque avec la­quelle doivent sou­vent com­po­ser celles qui font le choix d’al­lai­ter leur bé­bé au-de­là d’un an. Mais ce genre de com­men­taire n’af­fecte en rien Mar­tine Fi­lia­trault, une ma­man qui conci­lie à mer­veille l’al­lai­te­ment de son bam­bin de deux ans et son mé­tier d’en­sei­gnante.

Pour Mar­tine, l’al­lai­te­ment s’est tou­jours avé­rer le choix d’ali­men­ta­tion le plus na­tu­rel qui soit pour son bé­bé. Elle était cer­taine de vou­loir al­lai­ter et ce, de­puis sa gros­sesse. « Je ne me suis ja­mais fixé d’ob­jec­tif, je me di­sais que c’était mon en­fant qui al­lait être maître de ça. Sou­vent, le se­vrage na­tu­rel se fait entre trois et sept ans. »

Il faut dire que dès le départ, l’ex­pé­rience d’al­lai­te­ment s’est avé­rée fort po­si­tive. « La prise de bé­bé a tou­jours été bonne, je n’ai ja­mais man­qué de lait et j’ai une bonne pro­duc­tion. C’est cer­tain qu’il y a des mo­ments où bé­bé boit plus sou­vent ; on appelle ça les té­tées grou­pées. À trois jours, trois se­maines et trois mois, c’est un peu plus dif­fi­cile, mais je me suis adap­tée. »

LA PLACE DE PA­PA

Puis, quand le bé­bé de­vient bam­bin, la re­la­tion avec l’al­lai­te­ment change. « Ce qui est l’fun d’al­lai­ter un bam­bin c’est que la com­mu­ni­ca­tion est dif­fé­rente. Lors­qu’on al­laite un bé­bé, on se fie aux ex­pres­sions. Plus bé­bé vieilli, plus on peut dis­cu­ter en­semble. C’est plus fa­cile de né­go­cier. »

Pour Mar­tine, l’al­lai­te­ment de­vient aus­si une fa­çon d’ai­der son gar­çon à gé­rer ses émotions. « Lors­qu’il res­sent de la colère ou de la tris­tesse, c’est in­tense pour son pe­tit corps, il n’a pas en­core la ma­tu­ri­té émo­tion­nelle pour gé­rer tout ça. L’al­lai­te­ment ça aide, en gé­né­rant l’ocy­to­cine et l’en­dor­phine. Il peut ain­si cal­mer ses émotions. »

Et pa­pa dans tout ça ? « Moi, j’ai la chance d’avoir un ma­ri d’ac­cord d’al­ler jus­qu’au se­vrage na­tu­rel. Il y a tel­le­ment d’autres fa­çons pour pa­pa de par­ti­ci­per au dé­ve­lop­pe­ment de bé­bé ; le peau à peau, le por­tage… et lorsque ma­man tire son lait, pa­pa peut don­ner le lait au go­be­let. »

AL­LAI­TER ET TRA­VAILLER

Celle qui en­seigne à Re­pen­ti­gny ne voit au­cun pro­blème à pour­suivre son al­lai­te­ment tout en tra­vaillant.

« Les ma­mans peuvent pen­ser que le re­tour au tra­vail est un obs­tacle à l’al­lai­te­ment. Elles ont l’im­pres­sion qu’elles doivent faire le se­vrage avant d’al­ler tra­vailler parce qu’elles se disent qu’avec la gar­de­rie, ça va être trop de­man­dant ; mais conci­lier al­lai­te­ment-tra­vail est beau­coup plus fa­cile que l’on croit. »

Mar­tine pré­cise que son gar­çon mange et boit de l’eau à la gar­de­rie. Il se re­prend pour le lait à la mai­son.

LE JU­GE­MENT DES AUTRES

Même si al­lai­ter un bam­bin de deux ans peut être consi­dé­rer comme aty­pique pour cer­tain, Mar­tine n’ac­corde pas d’im­por­tance aux re­marques du pu­blic ou même de son en­tou­rage.

« Je trouve ça drôle que l’on consi­dère ça comme étant aty­pique parce qu’au­tant San­té Ca­na­da que la So­cié­té ca­na­dienne de pé­dia­trie et l’or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la San­té re­com­mandent l’al­lai­te­ment jus­qu’à deux ans. C’est plate de voir que les gens se per­mettent de nous dire que l’on est bi­zarre. »

Et de­puis deux ans, la fa­mille de Mar­tine s’ha­bi­tue aux choix de cette der­nière. « Mon conjoint, mon fils et moi, sommes adeptes du co­do­do et du por­tage… nous sommes beau­coup dans la proxi­mi­té. Nous avons donc dé­jà confron­té la fa­çon de voir de nos proches. Main­te­nant, ils savent que peu im­porte ce qu’ils vont dire, on est à l’aise avec nos dé­ci­sions. »

Mar­tine est fière de pro­mou­voir ce qu’elle appelle non pas l’al­lai­te­ment pro­lon­gé, mais plu­tôt l’al­lai­te­ment non écour­té. Elle pre­nait d’ailleurs part au Dé­fi al­lai­te­ment, or­ga­ni­sé ré­cem­ment par Nour­ri Source, un fi­dèle or­ga­nisme al­lié des ma­mans et des fa­milles.

In­fo : Sui­vez Nour­ri Source, sec­teur Meilleur, sur Fa­ce­book.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Ka­tie Ma­ry Pho­to­gra­phy)

Mar­tine est fière de pro­mou­voir ce qu’elle appelle non pas l’al­lai­te­ment pro­lon­gé, mais plu­tôt l’al­lai­te­ment non écour­té.

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