De JBM à pré­sident et chef de la di­rec­tion de LOWE’S Ca­na­da

Le par­cours de Syl­vain Prud’homme

Hebdo Rive Nord - - ACTUALITÉS - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

Ce­lui qui tra­vaille bien sou­vent en jeans, qui confesse ses blagues par­fois mal­adroites et qui avoue sau­ter sur la table chaque fois que son équipe et lui en­re­gistrent plus de 10 % de crois­sance, ra­conte en toute hu­mi­li­té son par­cours, non pas dif­fé­rent de ce­lui de cha­cun des ado­les­cents.

Syl­vain Prud’homme a gran­di à Re­pen­ti­gny, com­plé­tant ses études se­con­daires à Jean-bap­tiste-meilleur. Il se plaît d’ailleurs à se re­mé­mo­rer ces fa­meux cours de lutte, dis­pen­sés par son en­sei­gnant en édu­ca­tion phy­sique de l’époque, Ray­mond Hé­nault. Par la suite, au grand déses­poir de ses pa­rents qui es­pé­raient qu’il trou­ve­rait un jour sa voie, il a fré­quen­té deux Cé­geps plu­tôt qu’un, ne ter­mi­nant au­cune des for­ma­tions en­ta­mées.

« Puisque mon père me de­man­dait de payer une pen­sion à ma mère, je suis al­lé tra­vailler chez Su­per C, ex­plique M. Prud’homme. Mais je me di­sais que con­trai­re­ment à mon père, je ne res­te­rais pas long­temps dans le monde du dé­tail… À mon avis, ces gens tra­vaillaient beau­coup trop fort. Je suis fi­na­le­ment tom­bé en amour avec le do­maine et j’ai pas­sé 14 ans chez Su­per C, dont sept ans en tant que di­rec­teur de ma­ga­sin. »

Syl­vain Prud’homme a été nom­mé pré­sident et chef de la di­rec­tion de LOWE’S Ca­na­da en mai 2016 ; man­dat qui a dé­bu­té avec l’ac­qui­si­tion du ré­seau de ma­ga­sins RONA par la mul­ti­na­tio­nale. De­vant les membres de la Chambre de com­merce de la MRC de L’as­somp­tion, il ra­con­tait ré­cem­ment com­ment ce mo­ment a re­pré­sen­té un point tour­nant au­tant pour lui que pour l’en­tre­prise spé­cia­li­sée dans le do­maine de la ré­no­va­tion ré­si­den­tielle.

TEMPS DE RÉ­GLER SES COMPTES

Puis, le jeune homme a sen­ti le mo­ment de re­tour­ner sur les bancs d’école. « Je me suis dit que je me de­vais de ré­gler mes comptes avec le sys­tème aca­dé­mique. J’avais éga­le­ment l’im­pres­sion que j’étais li­mi­té sur mon plan de car­rière. J’ai donc fait une maî­trise de trois ans aux HEC. »

Le di­plô­mé s’est en­suite di­ri­gé vers Lo­blaws, où il a pu dé­ve­lop­per des com­pé­tences en mise en mar­ché. Sur sa feuille de route, on aper­çoit éga­le­ment des Wal­mart et So­bey’s. « Puis, je suis re­tour­né chez Lo­blaws, en tant que vice-pré­sident exé­cu­tif ; j’étais res­pon­sable de la mise en mar­ché pour l’en­semble des ban­nières conven­tion­nelles du Ca­na­da, et des opé­ra­tions de dé­tails pour l’on­ta­rio et le Qué­bec. »

Deux ans et de­mi plus tard, il y a eu cet ap­pel. « Un chas­seur de têtes m’a de­man­dé si j’étais in­té­res­sé à ren­con­trer quel­qu’un de LOWE’S. À ce mo­ment-là dans ma vie, j’avais en­vie d’avoir du plai­sir au tra­vail et de pou­voir me per­mettre d’être moi-même. Je me suis donc pré­sen­té au ren­dez-vous ; un dé­jeu­ner très in­for­mel avec le pré­sident de l’in­ter­na­tio­nal. Au cours de la dis­cus­sion, il m’a de­man­dé pour­quoi LOWE’S Ca­na­da ne fonc­tion­nait pas bien ? Je me suis donc lan­cé, abor­dant le fait que les Amé­ri­cains pensent sou­vent à tort que par­tout dans le monde, les gens pensent comme eux. Au Ca­na­da, les nuances sont sub­tiles ; nous écou­tons les mêmes films, la même mu­sique, mais notre réa­li­té est dif­fé­rente. »

Et c’est cette en­tre­vue qui lui a va­lu l’em­ploi

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