Ces mo­tards au ser­vice de la po­pu­la­tion

Des po­li­ciers pas comme les autres

Hebdo Rive Nord - - LA UNE - RE­NÉE-CLAUDE DOU­CET

PO­LICE. À l’ins­tar des che­vaux de la Gen­dar­me­rie royale du Ca­na­da, les mo­tos de la Sû­re­té du Qué­bec fas­cinent et in­triguent la po­pu­la­tion. À quelques se­maines de ran­ger leurs vé­hi­cules pour la sai­son froide, les agents mo­tards Do­mi­nic Ther­rien et Fré­dé­ric Char­tier nous ex­pliquent com­ment cette ma­gie opère au quo­ti­dien.

Au Qué­bec, rares sont les jour­nées où les po­li­ciers ne doivent pas com­po­ser avec les com­men­taires déso­bli­geants des ci­toyens. « Lorsque je tra­vaille en voi­ture et que j’ar­rête pour dî­ner, je me fais bien sou­vent dire, et de fa­çon plu­tôt ca­va­lière, de re­tour­ner sur la route faire mon tra­vail », ex­plique l’agent Char­tier.

Mais à mo­to, la si­tua­tion est bien dif­fé­rente. « Je pour­rais presque prendre deux heures pour man­ger. Les gens viennent me dire que je suis chan­ceux, que j’ai une belle mo­to, des belles bottes… Ils me posent des ques­tions et ont en­vie de me par­ler. En étant à mo­to, nous de­ve­nons plus ac­ces­sibles. »

MAR­QUER L’IMA­GI­NAIRE

Ce cô­té très « com­mu­nau­taire » de l’ap­proche ci­toyenne plaît gran­de­ment à l’agent Char­tier qui, au fil des ans, s’est fait un de­voir de faire vivre aux en­fants l’ex­pé­rience de mon­ter à mo­to. « Je ne leur fais pas faire de tour, bien en­ten­du, mais lors d’évé­ne­ments spé­ciaux, par exemple, ils peuvent s’as­seoir sur la mo­to, al­lu­mer les lu­mières et se faire prendre en photo. »

L’agent Char­tier ra­conte à quel point cette ex­pé­rience de­meure mar­quante pour un en­fant et que celle-ci fait en sorte de sen­si­bi­li­ser l’en­semble de la po­pu­la­tion au rôle du po­li­cier, mais aus­si à l’adop­tion de com­por­te­ments sé­cu­ri­taires, en res­pect de la ré­gle­men­ta­tion.

ES­CORTE DE DI­GNI­TAIRES

L’es­couade de po­li­ciers mo­tards de la Sû­re­té du Qué­bec a d’abord été créée pour as­su­rer l’es­corte de di­gni­taires. « On ne parle ici de Ma­don­na ou de Cé­line Dion, pré­cise l’agent Do­mi­nic Ther­rien, mais plu­tôt de mi­nistres ou de pré­si­dents, bref de gens is­sus du monde po­li­tique. » Et comme ce man­dat n’oc­cupe pas la ma­jo­ri­té du temps des po­li­ciers mo­tards, ces der­niers as­surent éga­le­ment la sé­cu­ri­té rou­tière.

« Le vo­let que l’on ap­pelle CSR (Code de la sé­cu­ri­té rou­tière) se tra­vaille très bien à mo­to. Nous pou­vons faire des opé­ra­tions dif­fé­rentes de celles réa­li­sées en voi­ture. Au-de­là du ra­dar, nous pou­vons nous dé­pla­cer au coeur de la cir­cu­la­tion et ef­fec­tuer des opé­ra­tions ‘’tex­tos’’, no­tam­ment. » Les po­li­ciers mo­tards sont par­ti­cu­liè­re­ment sen­sibles à ce fléau parce qu’en étant à mo­to, ils de­viennent plus vul­né­rables et pour­raient eux-mêmes être vic­time d’un ac­ci­dent.

« Les gens semblent conscien­ti­sés, mais c’est plus fort qu’eux. Ils sont in­ca­pables de s’em­pê­cher… Les dis­trac­tions au vo­lant, dont les tex­tos, sont la cause prin­ci­pale des ac­ci­dents. Si on passe 10 ou 12 se­condes à ne pas re­gar­der en avant… c’est trop tard. »

UNE QUES­TION DE TEM­PÉ­RA­TURE

En étant à mo­to, il est éga­le­ment plus fa­cile pour les po­li­ciers de ci­bler les in­frac­tions ; les dé­pas­se­ments sur une ligne double ou par l’ac­co­te­ment par exemple. « Nous pou­vons re­pé­rer une pa­no­plie de com­por­te­ments que l’on ne voit pas en voi­ture puisque les gens ne se mé­fient pas, ils ne s’at­tendent pas à voir un po­li­cier à mo­to… »

Res­pon­sable d’un large ter­ri­toire, l’es­couade du dis­trict ouest de la Sû­re­té du Qué­bec, com­po­sée d’une di­zaine de po­li­ciers mo­tards, veille éga­le­ment à as­su­rer une vi­si­bi­li­té dans cha­cun de vil­lages cou­verts ; en plus de la sur­veillance, as­su­rée par les pa­trouilleurs à voi­ture.

D’ailleurs, les agents mo­tards re­trou­ve­ront éga­le­ment leurs voi­tures dans quelques se­maines, alors que les mo­tos de­vront être ran­gées. « C’est la loi sur les pneus d’hi­ver ou la mé­téo qui ré­gissent la sai­son des mo­tos. Heu­reu­se­ment, avec le temps plu­tôt chaud de cette an­née, on pense que la sai­son se­ra longue », ter­mine l’agent Ther­rien.

(Photo TC Me­dia - Sté­phane Gré­goire)

Lors­qu’il ne roule pas à mo­to, les agents mo­tards Do­mi­nic Ther­rien et Fré­dé­ric Char­tier ef­fec­tuent leurs tâches de pa­trouilleurs en voi­ture.

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