« Ça prend un vil­lage pour pas­ser à tra­vers du can­cer ! » - Ju­lie Bou­lard

Hebdo Rive Nord - - LA UNE - KASSANDRA MAR­TEL

CAN­CER. « Il y a un pro­verbe afri­cain qui dit que ça prend un vil­lage pour éle­ver un en­fant. Je di­rais que ça prend un vil­lage pour pas­ser à tra­vers du can­cer », af­firme Ju­lie Bou­lard, l’as­somp­tion­niste qui co­or­donne ha­bi­tuel­le­ment le Mar­ché de Noël de L’as­somp­tion.

Ha­bi­tuel­le­ment puis­qu’en mars, à 4 jours de ses 39 ans, la vie de Ju­lie Bou­lard a été cham­bou­lée : on lui diag­nos­ti­quait un can­cer du sein hor­mo­no­dé­pen­dant de stade 2.

« Le can­cer change une vie, dans le quo­ti­dien no­tam­ment, pré­cise Mme Bou­lard. Du jour au len­de­main, on se re­trouve en ar­rêt de tra­vail et il faut faire le trans­fert des dos­siers ra­pi­de­ment. Puis, l’agen­da de tra­vail fait place à un agen­da mé­di­cal. »

Sans ou­blier la dy­na­mique fa­mi­liale qui change.

Heu­reu­se­ment, cette mère mo­no­pa­ren­tale de deux en­fants, 8 ans et 10 ans, peut comp­ter sur le sou­tien de son « ar­mée rap­pro­chée » pour pas­ser à tra­vers cette épreuve.

Au quo­ti­dien, il y a ses pa­rents, son amou­reux et sa soeur. Pour sa part, l’« ar­mée rap­pro­chée » de Ju­lie est com­po­sée de ses cinq amies les plus proches aux­quelles se sont ajou­tés deux amis de longue date.

« C’est comme ma bouée de se­cours, ex­plique Mme Bou­lard. Les sol­dats de mon ar­mée rap­pro­chée m’ont per­mis de ven­ti­ler mes émo­tions, m’ont por­té se­cours quand je ne me sen­tais plus ca­pable de nour­rir mes en­fants, m’ont ras­su­ré pen­dant mes an­goisses, mais sur­tout m’ont ai­mé. De­puis le 21 mars, je me sens por­tée par mes pa­rents, ma soeur, mon amou­reux et mon ar­mée rap­pro­chée. Oui je com­bats, mais je com­bats avec mon ar­mée. »

DES PA­RENTS OM­NI­PRÉ­SENTS

Pour Da­niel Bou­lard et Mi­relle Pel­le­tier, les pa­rents de Ju­lie, leur place était in­con­tes­ta­ble­ment au­près de leur fille.

« Quand on est pa­rent un jour, on est pa­rent pour tou­jours, as­sure M. Bou­lard. Quand on a un en­fant ma­lade, peu im­porte son âge, on se rap­proche. Le sup­port de l’en­tou­rage est très, très im­por­tant pour la per­sonne qui a la ma­la­die. Il faut qu’on soit là pour l’ai­der. »

Ils au­raient plu­tôt pré­fé­ré prendre sa place, mais ce n'était pas pos­sible. Il a donc fal­lu trou­ver une autre ma­nière de sou­te­nir leur fille.

« Que faire ?, ques­tionne Mme Pel­le­tier. On vou­lait ai­der. On al­lait as­su­ré­ment gar­der les en­fants aus­si­tôt qu’elle en avait be­soin. Tous les vendredis, alors qu’elle était en chi­mio­thé­ra­pie, j’al­lais faire le mé­nage de sa mai­son et Da­niel al­lait s’oc­cu­per de la cour, faire le ga­zon. On a fait de la po­pote avec elle. On a aus­si pas­sé des soi­rées au té­lé­phone quand ça al­lait moins bien. »

À chaque étape de la ma­la­die, ils ont donc tout fait pour rendre la vie de leur fille Ju­lie plus fa­cile.

« Notre vie est entre pa­ren­thèses au­tant que la sienne, nos vies sont bou­le­ver­sées, pré­cise la mère. On a été très chan­ceux que Fran­çois, son amou­reux, soit très pré­sent. »

VIVRE LE MO­MENT PRÉ­SENT ?

Quand il a ap­pris que son amou­reuse avait le can­cer, le Jo­liet­tain Fran­çois Lus­sier a cham­bou­lé sa vie pour être à ses cô­tés. Al­liant son tra­vail et ses réa­li­tés per­son­nelles à celles de Ju­lie, il a réus­si à l’ac­com­pa­gner à presque tous ses ren­dez-vous et à ne ja­mais man­quer une séance de chi­mio­thé­ra­pie.

« Mon rôle a été d’être un sta­bi­li­sa­teur mo­ral, de lui ap­por­ter du calme et du ré­con­fort sur les craintes qu’elle avait, men­tionne M. Lus­sier. De lui dire de vivre au jour le jour, d’es­sayer de ne pas pen­ser au len­de­main et de se concen­trer sur au­jourd’hui. »

Un dé­fi quand on ac­com­pagne la per­sonne la plus or­ga­ni­sée que l’on connaisse.

« Dès le diag­nos­tic, l’or­ga­ni­sa­trice d’évé­ne­ments en moi s’est mise en mode or­ga­ni­sa­tion, dit Ju­lie Bou­lard. Le fait de me mettre sur ce mode m’a beau­coup ai­dé. J’ai pu pal­lier toutes les craintes que j’an­ti­ci­pais et ce­la m’a ras­su­rée. Je me suis pro­pul­sée dans les airs pour com­battre ce can­cer. Mais j’ai hâte de re­trou­ver une vie nor­male. »

Tel­le­ment, qu’à quelques jours de sa mas­tec­to­mie et de la re­cons­truc­tion mam­maire qui sui­vra, elle es­père de tout son coeur être de re­tour à son poste pour la dixième édi­tion du Mar­ché de Noël de L’as­somp­tion, en 2018.

En at­ten­dant, elle a ven­ti­lé en écri­vant le texte « Mau­dit can­cer, mer­ci can­cer ! » qu’elle pu­blie­ra sur les ré­seaux so­ciaux à la fin du mois du can­cer du sein, le 1er no­vembre.

« C’est un très beau texte, conclut Da­niel Bou­lard. C’est im­por­tant de sus­ci­ter et de fa­vo­ri­ser des conver­sa­tions entre les ma­lades et ceux qui ont vé­cu ce­la. C’est ce que ce texte per­met. »

(Photo : gra­cieu­se­té)

Face au can­cer, Ju­lie Bou­lard a pu comp­ter sur ses pa­rents, sa soeur, son « ar­mée rap­pro­chée », mais sur­tout sur son amou­reux, Fran­çois Lus­sier.

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