Un pre­mier al­bum so­lo pour Ya­nick Boi­vin

Hebdo Rive Nord - - ACTUALITÉS - ÉLISE BROUILLETTE

MUSIQUE. Ya­nick Boi­vin, ori­gi­naire de Saint-jacques-de-mont­calm et ré­si­dant de L’as­somp­tion, est connu de­puis plus de 20 ans comme le bat­teur de Ye­lo Mo­lo, Boom Des­jar­dins et La Chi­cane. Au­jourd’hui, il pré­sente tou­te­fois le fruit de son propre tra­vail en lan­çant son pre­mier al­bum so­lo,

Hey !.

« Ce fut un long pro­ces­sus. J’ai le dé­sir de faire ça de­puis une di­zaine d’an­nées. J’écris pour d’autres ar­tistes et ça m’a don­né le goût. »

L’au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète vou­lait, au dé­part, se faire ca­deau d’un al­bum en 2015, pour ses 40 ans. Mais ce fut plus long que pré­vu.

« En même temps, quand on réa­lise un tel pro­jet d’en­ver­gure, on veut que ce soit à notre goût. » Et puisque sa car­rière d’ac­com­pa­gna­teur al­lait bien, ça lui a per­mis de prendre son temps.

S’il vou­lait faire un pro­jet in­dé­pen­dant de­puis long­temps, c’est sa conjointe qui l’a réel­le­ment mo­ti­vé. « Je me suis fait prendre à mon propre jeu. Un soir, un ami qui est dans l’in­dus­trie m’a dit qu’il était cu­rieux d’en­tendre mes chan­sons et ça a pris de l’am­pleur. C’est par­ti plus grand que je pen­sais. Je fais face à la musique ! »

« Quand on de­vient seul à por­ter les pa­roles, c’est plus in­sé­cu­ri­sant. Il faut prendre son temps et faire les choses comme il faut. »

Ya­nick Boi­vin sou­ligne qu’il y a une grande nuance entre écrire pour les autres et pour soi. « Ça me plaît le faire pour les autres, mais c’est une autre per­sonne qui en­dosse les chan­sons. J’avais en­vie de le faire pour moi et sans filtre. »

Quand il écrit pour les autres, ce sont des com­mandes. Avec son ma­té­riel, c’est plus per­son­nel. « Quand ce sont des chan­sons à moi de moi, c’est plus na­tu­rel. »

Avec son al­bum Hey !, Ya­nick Boi­vin parle de choses terre-à-terre, réelles, vraies. « Je parle de l’amour, ça ne se dé­mode ja­mais, de l’ami­tié entre gars, du deuil de mes pa­rents… »

Puisque l’ar­tiste a été connu au sein d’autres for­ma­tions, il im­porte, pour lui, de faire une sé­pa­ra­tion mu­si­cale. « Je joue en­core avec la plu­part des groupes, je veux faire une cou­pure et créer mon iden­ti­té mu­si­cale. C’est pour ça que je n’ai pas pris les mêmes mu­si­ciens avec qui on joue d’ha­bi­tude. Je veux créer mon son. »

Il veut aus­si pré­ci­ser qu’il n’a pas aban­don­né la bat­te­rie pour la gui­tare. « Je joue de la gui­tare de­puis aus­si long­temps que la bat­te­rie. Je ne suis pas un bat­teur, mais un mu­si­cien. »

Sou­li­gnons que cette an­née, Ya­nick Boi­vin se pro­dui­ra dans près de 25 salles de spec­tacle. Il as­su­re­ra la pre­mière par­tie du groupe La Chi­cane, dont il fait aus­si par­tie, lors de sa tour­née par­tout en pro­vince. Des dates de­vraient être an­non­cées dans la ré­gion pour le dé­but de l’an­née 2018.

Il confie que jouer à l’avant-scène de­mande un tout autre contrôle de soi. « Der­rière le drum, je me sens pro­té­gé. J’ap­pelle ça mon bun­ker. Là, c’est à mon tour d’être en avant, sans per­sonne à mes cô­tés. C’est dif­fé­rent, je dois ap­pri­voi­ser l’es­pace et as­su­mer seul. Je ne suis plus le 1/5 d’un groupe, il faut que je sois là au com­plet et c’est un défi qui me plaît. »

Ya­nick Boi­vin en­tre­voit la suite de sa car­rière comme un heu­reux mé­lange entre ses dif­fé­rents pro­jets. « C’est sûr que j’ai­me­rais faire plus mes chan­sons, mais dans l’in­dus­trie, la réa­li­té, c’est que c’est dif­fi­cile d’avoir un seul pro­jet. Mon al­bum so­lo se­ra comme une ré­créa­tion entre les tour­nées de groupe. »

(Photo gra­cieu­se­té)

Ya­nick Boi­vin.

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