LES ALLEGATIONS DE GESTES A CARACTERE SEXUEL CONTRE GIL­BERT ROZON

Après une longue en­quête, La Presse+ dé­voile qu’éric Sal­vail au­rait com­mis des in­con­duites sexuelles sur plu­sieurs hommes. Dès le len­de­main, Le­de­voir pu­blie un ar­ticle dans le­quel neuf femmes disent avoir été agres­sées par Gil­bert Rozon. Quelques-unes de

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Les plus an­ciennes

La réa­li­sa­trice Lyne char­le­bois était dans la jeune ving­taine quand elle au­rait été agres­sée par Gil­bert Rozon. Elle a ra­con­té au De­voir qu’elle avait un ren­dez-vous avec lui pour par­ler d’un contrat con­cer­nant des pho­tos. Gil­bert Rozon lui au­rait pro­po­sé d’al­ler la cher­cher chez elle et il au­rait man­gé avec elle et son conjoint. Après le sou­per, lui et Lyne se­raient par­tis pour al­ler dis­cu­ter dans un bar, mais en che­min, il se se­rait ar­rê­té chez lui pour chan­ger de che­mise. Il au­rait fu­mé un joint (Lyne ne se sou­vient plus si elle en a pris une bouf­fée) et il l’au­rait em­me­née dans sa chambre: «La pre­mière chose que j’ai sue, c’est qu’on était dans sa chambre, il était sur moi et j’ai fait la planche. Dans ma tête, le gars que je ve­nais de ren­con­trer était en train de me pé­né­trer. Il avait ren­con­tré mon chum. Je n’ai ja­mais pen­sé à dé­non­cer ou à por­ter plainte. Dans ma tête, je sa­vais que c’était un viol.» La re­cher­chiste anne-ma­rie char­rette, qui avait 25 ans quand elle tra­vaillait pour Les monstres de l’hu­mour, dit avoir été agres­sée elle aus­si. Il l’au­rait har­ce­lée pen­dant plu­sieurs mois et, un jour, il lui au­rait ten­du un piège pour la faire ve­nir dans sa chambre afin de ré­gler un dos­sier. Anne-ma­rie Char­rette n’au­rait pas vou­lu y al­ler, mais il au­rait in­sis­té et elle se se­rait ren­due à l’hô­tel où il lo­geait. Mais dès qu’elle se­rait en­trée dans la chambre, il l’au­rait pous­sée sur le lit et se se­rait cou­ché sur elle: «J’ai réus­si à le re­pous­ser, mais je ne sais pas comment j’ai fait. Je suis sor­tie, je suis re­tour­née prendre mes af­faires au bu­reau et je suis par­tie chez moi.» Elle aus­si n’a pas por­té plainte. Rozon était un homme puis­sant et elle n’au­rait pas eu la force d’al­ler à la po­lice.

Pé­né­lope Mc­quade a aus­si dé­ci­dé de par­ler de l’agres­sion dont elle au­rait été vic­time de la part de Rozon, il y a quelques an­nées: «Cette jour­née-là, j’étais avec ma fré­quen­ta­tion de l’époque. On était au Mu­sée Juste pour rire, qui était le quar­tier gé­né­ral du fes­ti­val. Je n’avais pas bu parce que je tra­vaillais à 4 h. Je suis al­lée à la salle de bain, c’était une toi­lette pri­vée. Tout de suite après moi, je sens quel­qu’un qui entre. Je vois la lu­mière s’éteindre et j’en­tends la porte se bar­rer. La per­sonne que j’ai aper­çue était Gil­bert Rozon. Il s’est je­té sur moi. J’ai com­plè­te­ment fi­gé, lui aus­si d’ailleurs. Je me rap­pelle mes phrases qui ré­son­naient dans mon oreille: ‘‘Non Gil­bert, non.’’ Ça n’a pas été plus loin. J’ai réus­si à sor­tir et j’ai dit à ma fré­quen­ta­tion qu’on de­vait par­tir.» Elle ne lui au­rait pas adres­sé la pa­role pen­dant une di­zaine d’an­nées après ce triste évé­ne­ment.

Sa­lo­mé Cor­bo au­rait vé­cu une ex­pé­rience tout aus­si trau­ma­ti­sante avec Gil­bert Rozon: «J’avais ac­cès au gros par­ty de fin de fes­ti­val. Lors d’une de ces fêtes, Gil­bert, qui était très in­toxi­qué, m’a agrip­pée, il a pas­sé sa main près de mes cu­lottes et a réus­si à mettre un doigt dans mon va­gin. Je lui di­sais: ‘‘J’ai 14 ans, j’ai 14 ans, je suis une jeune fille.’’ Je par­lais fort et j’es­pé­rais que les té­moins au­tour ré­agi­raient, mais per­sonne n’a ré­agi. Gil­bert m’a lâ­chée et je suis par­tie.»

So­phie Mo­reau, fille de Jean-guy Mo­reau, un bon ami de Gil­bert Rozon, dit avoir été vic­time de har­cè­le­ment ver­bal de la part du pro­duc­teur. Elle n’avait que 15 ans

quand ce­la se­rait ar­ri­vé: «Je tra­vaillais l’été à Juste pour rire. La pre­mière fois, c’était en 1988. On était à la Place des Arts et Gil­bert m’a de­man­dé d’al­ler dans les cou­lisses avec lui. Je connais­sais bien la Place des Arts parce que mon père m’y ame­nait souvent. Je voyais que Gil­bert ne se di­ri­geait pas vers la bonne place. On est ar­ri­vés près de la salle des ma­chines et il m’a prise et m’a de­man­dé de l’em­bras­ser.» Elle se sou­vient d’avoir

été ca­pable de lui dire non: «Il me di­sait qu’on de­vrait cou­cher en­semble. Je me sou­viens qu’une fois, j’étais en congé, et il était ve­nu co­gner chez mes amis où j’ha­bi­tais pen­dant l’été.»

Gil­bert est dans l’eau chaude. Le sta­tut Fa­ce­book de la réa­li­sa­trice Lyne Char­le­bois a créé une im­mense cu­rio­si­té le lun­di 16 oc­tobre au soir.

M6, une chaîne de té­lé fran­çaise, sus­pend toutes ses ac­ti­vi­tés avec Rozon.

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