Une clien­tèle plus jeune, mais plus stres­sée

Bi­lan de san­té du Coeur-de-l’île

Journal de Rosemont - - NEWS - Daph­nee.tran­che­mon­tagne@tc.tc

Jeune pro­fes­sion­nel stres­sé, fu­meur et ama­teur de bois­sons al­coo­li­sées : voi­ci le portrait type d’un ré­sident de La Pe­tite-Pa­trie. C’est ce que ré­vèle la ré­cente en­quête TO­PO de l’Agence de la san­té et des ser­vices so­ciaux de Mon­tréal.

Sur le ter­ri­toire du Centre de san­té et de ser­vices so­ciaux (CSSS) du Coeur-de-l’Île, qui des­sert les quar­tiers Ville­ray et La Pe­tite-Pa­trie, près d’une per­sonne sur trois (32 %) es­time vivre un stress quo­ti­dien éle­vé, tan­dis qu’en­vi­ron un in­di­vi­du sur quatre fume la ci­ga­rette (23 %) et consomme de l’al­cool de ma­nière ex­ces­sive (25 %).

On y ap­prend aus­si que l’in­ci­dence de ma­la­dies chro­niques , no­tam­ment l’hy­per­ten­sion et le dia­bète, ain­si que d’obé­si­té y sont gé­né­ra­le­ment plus faibles qu’ailleurs dans la mé­tro­pole.

« On se si­tue re­la­ti­ve­ment bien par rap­port à la moyenne mont­réa­laise. C’est en­cou­ra­geant. Par contre, quand on creuse da­van­tage, on com­prend pour­quoi. La tranche des 24 à 34 ans est très pré­sente dans le sec­teur (25 % com­pa­ra­ti­ve­ment à 16 % pour Mon­tréal). Or, les jeunes sont souvent moins ma­lades que les aî­nés », fait va­loir Ma­rie-Claude Four­nier, ad­jointe à la di­rec­tion des ser­vices mul­ti­dis­ci­pli­naires de san­té pu­blique et des ser­vices à la com­mu­nau­té pour le CSSS Coeur-de-l’Île.

Un sec­teur en tran­si­tion

Mal­gré tout, le CSSS fait face à cer­tains « défis » qui s’ex­pliquent par une trans­for­ma­tion de sa po­pu­la­tion.

« Les chan­ge­ments dans le quar­tier, de­puis les cinq der­nières an­nées, sont ma­jeurs. Qu’il s’agisse du taux de di­plo­ma­tion, de l’âge ou du taux d’em­ploi des ré­si­dents : tout a chan­gé. On a pu tis­ser des liens entre cette nou­velle réa­li­té et les ha­bi­tudes de vie des ré­si­dents du ter­ri­toire », men­tionne Syl­vie Lan­tier, chef du ser­vice des com­mu­ni­ca­tions au CSSS du Coeur-de-l’Île.

De­puis 2006, le nombre de di­plô­més uni­ver­si­taires a aug­men­té de 21,4 % dans La Pe­tite-Pa­trie et Ville­ray. Pour la même pé­riode, on a en­re­gis­tré une hausse de 11,9 %, sur l’en­semble du ter­ri­toire mon­tréa­lais. Pa­ral­lè­le­ment, la pro­por­tion de tra­vailleurs dont le sa­laire an­nuel est su­pé­rieur à 40 000 $ a bon­di de 70 % sur le ter­ri­toire du Coeur-de-l’Île, de­puis 2005, alors qu’à Mon­tréal, elle a été de 34,3 %, avance Mme Lan­tier.

Mal­gré ces trans­for­ma­tions, Mme Four­nier in­siste sur le fait qu’il existe des poches de pau­vre­té dans le quar­tier.

« Nous de­vons nous pré­oc­cu­per de l’en­semble de la po­pu­la­tion et te­nir compte des dif­fé­rentes réa­li­tés », pré­cise-t-elle.

Par­mi les en­jeux de san­té sur les­quels le CSSS de­vra se concen­trer au cours des pro­chaines an­nées, no­tons le tabagisme, la consom­ma­tion d’al­cool et la san­té men­tale.

« L’al­cool et le ta­bac sont des moyens que les gens très stres­sés ont ten­dance à uti­li­ser pour s’au­to­mé­di­ca­men­ter pour ré­duire leur an­xié­té. Ça pour­rait expliquer nos chiffres.

« On fait de plus en plus face à des maux dont les symp­tômes sont "si­len­cieux" (in­vi­sibles). On a com­men­cé à se ques­tion­ner à sa­voir comment on peut les re­pé­rer pour agir de ma­nière pré­ven­tive », ex­plique Mme Four­nier.

(Pho­to :Tc Me­dia - Fré­dé­ric Fad­doul)

La po­pu­la­tion du sec­teur du Coeur-de-l'île se dé­marque de la moyenne mont­réa­laise, no­tam­ment par sa consom­ma­tion de ta­bac et d'al­cool.

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