Se mo­bi­li­ser contre la violence amou­reuse

Journal de Rosemont - - NEWS - Ste­pha­nie.maunay@ tc.tc

Le 14 juin se tien­dra une marche en mé­moire de Ga­brielle Du­fres­neÉ­lie, une jeune fille de 17 ans dé­cé­dée, il y a un an, à la suite d’une que­relle amou­reuse dans un hô­tel de la rue Sher­brooke. Sa fa­mille, ses amis, mais éga­le­ment plu­sieurs per­son­na­li­tés, ont dé­ci­dé de s’unir pour dé­non­cer la violence amou­reuse chez les jeunes.

Le mou­ve­ment «Je suis Ga­brielle» a pris de l’am­pleur ces der­nières se­maines. Por­té ini­tia­le­ment par un co­mi­té ro­se­mon­tois, il s’est trans­por­té à l’échelle de la pro­vince et même au-de­là.

«Je suis très sur­prise de l’am­pleur que ce­la prend. Je pen­sais qu’il ne se se­rait rien pas­sé», confie Mar­lène Du­fresne, la mère de la vic­time.

Fi­na­le­ment, plu­sieurs or­ga­nismes se sont mo­bi­li­sés, ain­si que le Fon­da­tion Jas­min-Roy.

«J’ai ren­con­tré Mar­lène dans le cadre d’un do­cu­men­taire sur le­quel je tra­vaille, ex­plique Jas­min Roy, porte-pa­role du mou­ve­ment. J’ai dé­ci­dé d’em­boî­ter le pas pour conscien­ti­ser les gens. La marche ne va pas chan­ger les choses, mais ce­la va avoir un im­pact mé­dia­tique.»

Lut­ter contre la ba­na­li­sa­tion

Sonia Frenette est agente so­cio­com­mu­nau­taire de­puis 20 ans et of­fi­cie au poste de quar­tier 44.

Elle fait par­tie du co­mi­té de mo­bi­li­sa­tion de la marche et in­ter­vient ré­gu­liè­re­ment au­près des élèves de l’école se­con­daire Mar­gue­rite-De La­jem­me­raie, où étu­diait Ga­brielle. «Cer­taines jeunes filles ont du mal à sa­voir où sont les li­mites. Elles disent: «il m’ap­pelle sou­vent parce qu’il m’aime», par exemple. J’in­ter­viens pour leur ex­pli­quer où com­mencent le har­cè­le­ment et la violence phy­sique et mo­rale.»

«Les cas de violence conjugale sont de­ve­nus de simples faits di­vers aux nou­velles. On écoute ce­la à la té­lé­vi­sion et on passe à autre chose. Mais, c’est un vé­ri­table drame en soi», in­siste Jo­sée Martel, res­pon­sable du Centre des femmes de Ro­se­mont.

M. Roy par­tage cet avis. «Il y a une grande ba­na­li­sa­tion, sur­tout chez les jeunes. Cer­taines filles se font trai­ter de sa­lopes et vont se lais­ser mal­trai­ter. Il faut ra­me­ner l’édu­ca­tion de la sexua­li­té dans les écoles et enseigner le droit des femmes éga­le­ment», pense-t-il.

Les gar­çons aus­si

La marche du 14 juin se veut «po­si­tive» et pleine d’«es­poir», à «l’image de Ga­brielle».

Les or­ga­ni­sa­teurs es­pèrent que les hommes, les jeunes gar­çons, se mo­bi­li­se­ront le 14 juin et qu’ils mar­che­ront aux cô­tés des femmes pour dé­non­cer la violence amou­reuse.

«Ce n’est pas une marche pour les filles. Dans une re­la­tion amou­reuse, c’est l’un et l’autre, in­dique Mme Frenette. Il y a aus­si des jeunes filles qui ont une ja­lou­sie ma­la­dive, ce­la existe.» La marche «Je suis Ga­brielle» par­ti­ra à 11h, de l’école Mar­gue­rite-De La­jem­me­rais au 5555, rue Sher­brooke Est.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Plu­sieurs per­son­na­li­tés ont dé­ci­dé de sou­te­nir Christine et Mar­lène, soeur et mère de Ga­brielle, dans leur hom­mage.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.