Ga­brielle… un an après

Journal de Rosemont - - PETITE - PATRIE - Ste­pha­nie.maunay@ tc.tc

Le 7 juin 2014 a chan­gé la vie de Mar­lène Du­fresne. Cette mère de fa­mille a per­du Ga­brielle, l’une de ses trois filles, tuée lors d’une que­relle d’amou­reux qui a mal tour­née. De­puis, la fa­mille de la jeune fille tente de mettre du baume sur une plaie res­tée béante.

«Fi­gée». C’est comme ce­la que se dé­crit Mme Du­fresne quand on lui de­mande com­ment elle se sent un an après le décès de sa fille. «Je ne pleure pas», confie celle qui vit en de­hors de la réa­li­té de­puis un an.

À ses cô­tés, il y a Christine, 27 ans; la «plus vieille» de la fra­trie qui dit «avoir tant ap­pris» de sa pe­tite soeur. «Je souffre tel­le­ment que Ga­brielle soit par­tie, ex­plique-t-elle les yeux em­plis de larmes. J’ai une dou­leur qui ne s’en va pas.»

L’aî­née dé­crit leur re­la­tion comme des «in­sé­pa­rables». Trois soeurs: Christine et les ju­melles, Ga­brielle et Ch­loé; un trio sou­dé et com­plice, qui doit dé­sor­mais vivre en duo.

Un an plus tard, la dou­leur est tou­jours aus­si vive et le temps ne semble pas apai­ser la souf­france. «La peine va res­ter. Le temps ne chan­ge­ra rien. On va seu­le­ment ap­prendre à vivre avec», es­time Christine.

Agir pour sur­vivre

De­puis le décès de Ga­brielle, la fa­mille se mo­bi­lise pour dé­non­cer la violence amou­reuse chez les jeunes.

Des tour­nées dans les écoles, des réunions, des ras­sem­ble­ments et cette grande marche at­ten­due le 14 juin.

«Quand c’est ar­ri­vé, j’avais le goût de tout lâ­cher. Je pleu­rais continuellement. Je ne me sen­tais plus ca­pable de tra­vailler. Mou­rad, mon beau-père, m’a dit de me re­prendre. Il m’a de­man­dé ce que Ga­brielle au­rait vou­lu. Il a eu rai­son. Elle n’au­rait pas vou­lu que j’aban­donne. Elle nous donne la force de conti­nuer», avoue la grande soeur.

La ma­man, elle, pense «trans­mettre le flam­beau». «Je vais lais­ser les filles prendre le re­lais. J’ai be­soin de me mettre dans l’ombre pour faire mon deuil», note-t-elle. Elle avoue que l’«après» lui fait peur.

Christine veut conti­nuer «le com­bat». «Je ne lâ­che­rai pas. Je veux conti­nuer de mo­bi­li­ser les gens», pro­met-elle. Elle a con­tac­té plu­sieurs groupes sur Fa­ce­book aux États-Unis et en France pour les sen­si­bi­li­ser et elle es­père que le mou­ve­ment «Je suis Ga­brielle» pren­dra de l’am­pleur en de­hors du Qué­bec.

La fa­mille sou­haite éga­le­ment fon­der un site In­ter­net à l’image des ré­seaux so­ciaux qui per­met­trait aux jeunes de se con­fier ano­ny­me­ment, pour évi­ter que de tels drames ne se re­pro­duisent.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

La chambre de Ga­brielle, un mois après son décès. Ré­cem­ment, la fa­mille a pris la dé­ci­sion de dé­mé­na­ger.

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