Un pro­gramme du SPVM ins­pire d’autres ser­vices de po­lice

Journal de Rosemont - - ACTUALITÉS - EM­MA­NUEL DELACOUR em­ma­nuel.delacour@tc.tc

C’est dans La Pe­tite-Pa­trie que se trouve un groupe d’agents spé­cia­li­sés en in­ter­ven­tions au­près de per­sonnes en si­tua­tion de crise ou per­tur­bées men­ta­le­ment pour l’en­semble de la mé­tro­pole.

Que faire lors­qu’un in­di­vi­du a des pro­pos trou­blants, mais qu’il n’a pas com­mis d’acte cri­mi­nel ? Ou en­core si l’on craint pour sa sé­cu­ri­té ou celle d’au­trui ?

Pour ré­pondre à ces si­tua­tions, le Ser­vice de po­lice de Mon­tréal (SPVM) s’est ins­pi­ré de l’Ur­gence psy­cho­so­ciale-jus­tice du Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) du Sud de l’île, et a mis sur pieds l’équipe de sou­tien aux ur­gences psy­cho­so­ciales (ESUP), dont le quar­tier gé­né­ral est éta­bli au poste de quar­tier (PDQ)35.

Com­po­sé de quatre po­li­ciers et de quatre em­ployés du CIUSSS, le groupe est de plus en plus de­man­dé. « Au­pa­ra­vant, nos équipes tra­vaillaient de soir et nous nous dé­pla­cions près de 800 fois par an­née. De­puis l’ajout d’un ho­raire de jour, ce­la a dou­blé et nous sommes in­ter­ve­nus près de 1600 l’an der­nier », af­firme An­to­ni­no Pe­trot­ta, agent co­or­don­na­teur d’ESUP.

Par ailleurs, il faut sa­voir que se­lon les don­nées du ser­vice de po­lice, en­vi­ron 36 000 ap­pels sont lo­gés chaque an­née concer­nant des per­sonnes dont l’état men­tal est per­tur­bé.

Ceux-ci entrent en ac­tion dans di­vers contextes. Par­fois, ce sont des pa­trouilleurs du SPVM qui les de­mande leur ex­per­tise pour désa­mor­cer une si­tua­tion avec des in­di­vi­dus trou­blés.

« Par­fois, ce sont aus­si des gens qui de­mandent de l’aide des agents, en se pré­sen­tant à leur poste de quar­tier qui re­quiert l’ac­tion d’ESUP », ex­plique l’agent Pe­trot­ta.

En ef­fet, au mo­ment de l’en­tre­vue, ceux-ci ont été ap­pe­lés à agir au PDQ 35 lors­qu’un homme s’est pré­sen­té sur les lieux.

Dans cer­tains cas, les agents peuvent aus­si ap­pli­quer l’ar­ticle 8 de la Loi P38, leur per­met­tant de faire trans­por­ter une per­sonne trou­blée contre son gré dans un centre hos­pi­ta­lier. Cette me­sure, qui n’est uti­li­sée que si l’in­di­vi­du peut por­ter at­teinte à sa sé­cu­ri­té ou celle du pu­blic.

UN MO­DÈLE À SUIVRE

L’ex­per­tise ac­cu­mu­lée de­puis la créa­tion de l’équipe en 2012 a lan­cé une pe­tite ré­vo­lu­tion dans les corps po­li­ciers au Qué­bec.

L’an der­nier, les membres d’ESUP ont été in­vi­tés par le Ser­vice de po­lice de la Ville de Sher­brooke, pour faire un « trans­fert de connais­sance », dit le co­or­don­na­teur. De­puis 2016, les agents de la mu­ni­ci­pa­li­té col­la­borent avec le CIUSSS de l’Es­trie dans le cadre de l’équipe mo­bile d’in­ter­ven­tions psy­cho­so­ciales.

« Avant, les po­li­ciers tra­vaillaient en si­lo et ne fai­saient qu’ap­pli­quer la loi. Main­te­nant, on peut li­bé­rer les agents et res­ter une ou deux heures avec les per­sonnes en be­soin. Ce­la de­mande de la pa­tience, un sens de l’écoute et de l’em­pa­thie, mais tous nos agents et in­ter­ve­nants sont pas­sion­nés et pos­sèdent ces qua­li­tés », in­siste M. Pe­trot­ta.

Gra­cieu­se­té

L’agente du SPVM An­nie For­tin et l’in­ter­ve­nante Eli­za­beth Gi­rard de l’ESUP.

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