UNE CAN­TINE ROU­LANTE NÉ­CES­SAIRE

Journal de Rosemont - - LA UNE - EM­MA­NUEL DELACOUR em­ma­nuel.delacour@tc.tc

Pro­jet lan­cé en août 2016, la can­tine rou­lante qui offre des re­pas trois fois par se­maine au parc du Pé­li­can semble être là pour res­ter, se­lon un «triste» constat de l’Ar­mée du Sa­lut.

Pro­jet lan­cé en août 2016, la can­tine rou­lante qui offre des re­pas trois fois par se­maine au parc du Pé­li­can semble être là pour res­ter, se­lon un « triste » constat de l’Ar­mée du Sa­lut.

L’ini­tia­tive, qui existe de­puis plu­sieurs an­nées au centre-ville de Mon­tréal et dans l’ar­ron­dis­se­ment de Ver­dun, avait été ten­tée dans Ro­se­mont, l’été der­nier, à la suite de dis­cus­sions entre l’or­ga­nisme et la Cor­po­ra­tion de dé­ve­lop­pe­ment com­mu­nau­taire (CDC) du quar­tier.

« Mal­heu­reu­se­ment, l’ex­pé­rience est po­si­tive. On au­rait pré­fé­ré sa­voir que les gens n’ont pas vrai­ment be­soin de ces ser­vices en sé­cu­ri­té ali­men­taire, mais ce n’est pas le cas. Le be­soin est confir­mé », sou­ligne Va­nes­sa Pé­ru­gien, di­rec­trice des ser­vices d’ur­gence de l’Ar­mée du Sa­lut.

La can­tine voyage au parc du Pé­li­can de­puis un an tous les deuxièmes, troi­sièmes et qua­trièmes mar­dis du mois, afin d’of­frir gra­tui­te­ment des re­pas chauds aux gens qui en ont be­soin.

Dès la pre­mière ten­ta­tive, près de 30 per­sonnes se sont dé­pla­cées, un nombre « sur­pre­nant », se­lon Mme Pé­ru­gien, consi­dé­rant qu’à l’époque, le ser­vice ve­nait tout juste d’être an­non­cé.

Cette der­nière constate aus­si que de­puis plus d’un mois et de­mi, la moyenne des uti­li­sa­teurs a aug­men­té, avoi­si­nant dé­sor­mais les 125 per­sonnes lors de chaque sor­tie de la can­tine, ce qui dé­passe les 300 par mois ser­vis au­pa­ra­vant.

«On sa­vait que le parc du Pé­li­can était un sec­teur im­por­tant parce qu’il est en­tou­ré de lo­ge­ments so­ciaux. Con­trai­re­ment aux gens que l’on re­joint au centre-ville, les per­sonnes dans Ro­se­mont ne sont pas né­ces­sai­re­ment en si­tua­tion d’iti­né­rance. Elles ont souvent un toit, mais leurs re­ve­nus sont faibles et elles sont par­fois iso­lées », ex­plique Mme Pé­ru­gien.

Des fa­milles, des jeunes, des per­sonnes âgées, voi­là ceux qui consti­tuent le vi­sage de la pau­vre­té « ca­chée » de l’ar­ron­dis­se­ment.

« Je me sou­viens d’une dame qui est ve­nue. Elle nous a ra­con­té que ç’a été dif­fi­cile de nous ap­pro­cher parce qu’elle se sen­tait « trop fière » et que ce n’était pas pour elle. Les per­sonnes ont souvent peur du ju­ge­ment des autres lors­qu’elles nous ap­prochent », sou­ligne la di­rec­trice.

Pour d’autres, il s’agit d’un moyen de bri­ser l’iso­le­ment et de prendre con­tact avec les bé­né­voles de l’Ar­mée du Sa­lut, mais aus­si avec les autres ré­si­dents du quar­tier.

«Ra­pi­de­ment, les gens ont com­men­cé à nous de­man­der «quand se tien­dra la pro­chaine fois ? » », in­siste Mme Pé­ru­gien.

Sur l’en­semble du ter­ri­toire mont­réa­lais, la can­tine rou­lante de l’Ar­mée du Sa­lut re­joint entre 700 et 900 per­sonnes par mois avec ses vi­sites dans les ar­ron­dis­se­ments de Ville-Ma­rie, de Ver­dun et de Ro­se­mont – La Pe­tite-Pa­trie.

Gra­cieus­té

Sur l’en­semble du ter­ri­toire mont­réa­lais, la can­tine rou­lante de l’Ar­mée du Sa­lut re­joint plus de 900 per­sonnes par mois.

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