Boo­mers: gare aux ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires

Journal de Rosemont - - ACTUALITÉS - RALPH-BONET SANON

En 2026, un Ca­na­dien sur cinq se­ra âgé de 65 ans et plus, se­lon San­té Ca­na­da. Les ba­by-boo­mers nés en 1945 et 1961 se­ront donc plus nom­breux que les en­fants.

De fa­çon glo­bale, les boo­mers vi­vront plus vieux que leurs pa­rents, mais sont sou­vent plus obèses qu’eux. Et avec l’obé­si­té, viennent plu­sieurs fac­teurs de risque car­dio­vas­cu­laire.

« Même si la science a dé­ve­lop­pé beau­coup de trai­te­ments pour le dia­bète et le cho­les­té­rol, reste qu’il y a quand même plus de cette gé­né­ra­tion qui bougent moins», rap­pelle la res­pon­sable de la cli­nique d’in­suf­fi­sance car­diaque à l’Ins­ti­tut de Car­dio­lo­gie de Montréal, Anique Du­charme.

Au Ca­na­da,les ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires sont la deuxième cause de mor­ta­li­té, juste der­rière le can­cer.

« DOUBLE CHARGE »

Les ba­by-boo­mers vieillis­sants font donc face à une « double charge de ma­la­dies », comme l’ap­pe­lait un ar­ticle du Jour­nal of in­ter­nal me­di­cine.

Par contre, cette gé­né­ra­tion et la science tentent de ren­ver­ser la va­peur, avec la pré­ven­tion pri­maire, la sen­si­bi­li­sa­tion aux signes et symp­tômes et de meilleurs trai­te­ments.

« En terme de pré­ven­tion pri­maire, c’est-àdire pré­ve­nir avant que la ma­la­die se dé­ve­loppe, on voit beau­coup de cam­pagnes de pré­ven­tion et beau­coup de ba­by-boo­mers s’acheter des vé­los, com­men­cer à cou­rir bou­ger plus », re­lève la Dre Du­charme

« En termes de dé­ve­lop­pe­ments phar­ma­co­lo­giques, […] on a beau­coup d’ou­tils pour trai­ter une fois que la ma­la­die s’est dé­ve­lop­pée, ajoute-t-elle. Beau­coup de re­cherche s’est faite sur la di­mi­nu­tion de la mor­ta­li­té après un pre­mier in­farc­tus par exemple. Ce qui a beau­coup ai­dé éga­le­ment, c’est les cam­pagnes qui in­citent à consul­ter ra­pi­de­ment ».

Il faut tou­te­fois re­la­ti­vi­ser. L’âge, en lui-même, est un fac­teur de risque. Plus ils vieillissent, plus les boo­mers risquent de dé­ve­lop­per des pro­blèmes de san­té, note Martin Bro­chu, kinésiologue et cher­cheur au Centre de vieillis­se­ment, af­fi­lié à l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke.

Pour le cher­cheur, le Ca­na­da manque de politiques gou­ver­ne­men­tales vi­sant à amé­lio­rer la san­té des aî­nés. Il existe des ini­tia­tives, mais rien de gé­né­ra­li­sé, ob­serve-t-il. Étude

De­puis cette an­née et pour les 20 pro­chaines, la vaste Étude lon­gi­tu­di­nale ca­na­dienne sur le vieillis­se­ment (ÉLCV) s’in­té­resse au vieillis­se­ment des 50 000 Ca­na­diens de toutes gé­né­ra­tions.

La plus grosse étude du genre au monde per­met­tra de dres­ser un por­trait de la san­té et de l’uti­li­sa­tion des ser­vices et des be­soins so­ciaux et psy­cho­lo­giques de Ca­na­diens, afin de four­nir des don­nées fiables et ap­pro­fon­dies au gou­ver­ne­ment, ex­plique la cher­cheuse prin­ci­pale du site de col­lecte de don­nées de Sher­brooke.

« C’est très im­por­tant d’avoir des don­nées qui suivent les gens dans le temps pour ana­ly­ser pour­quoi cer­tains vivent long­temps en bonne san­té alors que d’autres ont toutes sortes pro­blèmes dès 70 ans », jus­ti­fie Hé­lène Payette, pro­fes­seure ti­tu­laire au Dé­par­te­ment des sciences de la san­té com­mu­nau­taire de la Fa­cul­té de médecine et des sciences de la san­té de l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke.

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