Des classes d’ac­cueil beau­coup plus nom­breuses

Journal de Rosemont - - ACTUALITÉS - DOMINIQUE CAMBRON-GOULET / TC Me­dia

Les trois com­mis­sions sco­laires fran­co­phones de l’île de Mon­tréal comptent 2221 élèves de plus en classes d’ac­cueil cette an­née que l’an der­nier. Si le nombre de groupes a aus­si aug­men­té, ce­la ne s’est pas fait au même rythme puis­qu’il y a dé­sor­mais près de deux élèves de plus en moyenne dans chaque classe.

En un an, l’île de Mon­tréal a ain­si su­bi une hausse de près de 40 % du nombre d’élèves en classe de fran­ci­sa­tion pour nou­veaux ar­ri­vants, pas­sant de 5558 à 7779. Tou­te­fois, les trois com­mis­sions sco­laires n’ont créé que 90 classes de plus, fai­sant pas­ser le ra­tio moyen d’élèves par classe de 13,72 à 15,72.

Au pré­sco­laire et au pri­maire, le maxi­mum d’élèves par classe est res­pec­ti­ve­ment de 16 et de 17.

À l’école Saint-Noël-Cha­ba­nel, dans le quar­tier Saint-Mi­chel, on a ou­vert sept classes d’ac­cueil de­puis la ren­trée. Il y a 13 groupes, tous au maxi­mum de la ca­pa­ci­té.

« Les maxi­mums de­vraient être ex­cep­tion­nels. Ces en­fants ne sont pas tous au même ni­veau aca­dé­mique, alors c’est presque un en­sei­gne­ment per­son­na­li­sé. L’ajout de trois élèves en classe d’ac­cueil est pra­ti­que­ment comme en ajou­ter six dans un groupe ré­gu­lier », es­time Na­tha­lie Mo­rel, la vice-pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion au­to­nome de l’En­sei­gne­ment (FAE), le syn­di­cat qui re­pré­sente les en­sei­gnants des trois com­mis­sions sco­laires de l’île.

Elle ajoute que cette pra­tique in­cite à in­té­grer trop ra­pi­de­ment des élèves dans le che­mi­ne­ment ré­gu­lier, pour faire de la place aux nou­veaux ar­ri­vants.

La di­rec­trice de l’école Saint-Noël-Cha­ba­nel, Ma­ryse Ma­heux-Dion in­dique qu’il y a « une sur­charge de tra­vail évi­dente ».

Mais mal­gré l’ou­ver­ture qua­si heb­do­ma­daire de nou­veaux groupes, elle juge que la si­tua­tion est bien prise en main.

« On a une ca­pa­ci­té de 1600 élèves. C’est cer­tain que la Com­mis­sion sco­laire de Mon­tréal (CSDM), sa­chant que j’ai des lo­caux libres, di­rige les classes d’ac­cueil vers Saint-Noël-Cha­ba­nel. Les en­fants, on les ac­cueille avec plai­sir, c’est une vraie ri­chesse », dit-elle.

Par­tout sur l’île, et même à La­val, en moindre me­sure, le nombre d’élèves en ac­cueil a aug­men­té.

À la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’île (CSPI), c’est une hausse de 58 %, soit 380 en­fants.

La Com­mis­sion sco­laire Mar­gue­ri­teBour­geoys (CSMB) est pas­sée de 2 417 à 3 286 élèves en ac­cueil, soit 36 % d’aug­men­ta­tion.

À la CSDM, 972 élèves de plus que l’an der­nier sont ins­crits en ac­cueil, soit une hausse de 39 %.

Une aug­men­ta­tion dif­fi­cile à dis­so­cier de la vague d’im­mi­gra­tion qu’a connue le Qué­bec.

De­puis le 1er juillet, on a ins­crit 543 de­man­deurs d’asile. Ce­la est équi­valent à plus de la moi­tié de l’aug­men­ta­tion du nombre d’élèves en classe d’ac­cueil.

« On prend le temps aus­si de bien ac­cueillir les pa­rents aus­si. J’ai fait ap­pel à des Haï­tiens qui peuvent s’adres­ser aux pa­rents en Créole», illustre Mme Ma­heux-Dion qui re­late que les pa­rents amé­ri­cains étaient par exemple sur­pris d’avoir à payer un mon­tant sup­plé­men­taire pour le dî­ner des en­fants.

DÉ­FI DE RE­CRU­TE­MENT ?

Ac­tuel­le­ment, le re­cru­te­ment de per­son­nel est un dé­fi à Mon­tréal.

«La ren­trée 2017-2018 a re­pré­sen­té un dé­fi, non seule­ment pour les classes d’ac­cueil, mais pour l’en­semble de la for­ma­tion gé­né­rale des jeunes », ex­plique le res­pon­sable des re­la­tions de presse à la CSDM, Alain Per­ron. Du cô­té de la com­mis­sion sco­laire Mar­gue­rite-Bour­geoys, on in­dique que cinq classes doivent être ajou­tées pro­chai­ne­ment, mais qu’on est « tou­jours à la re­cherche d’en­sei­gnants dans ce champ d’en­sei­gne­ment ».

Si ces dif­fi­cul­tés peuvent en par­tie ex­pli­quer que le nombre de groupes ne suit pas la hausse d’élèves, Mme Ma­heux-Dion, ne fait état d’au­cun re­tard dans le re­cru­te­ment à son école.

« On se fie beau­coup sur le fran­çais oral. Si l’en­fant ba­ra­gouine quelques mots, on va l’in­té­grer au ré­gu­lier et lui of­frir du sou­tien lin­guis­tique. Il faut va­lo­ri­ser les classes d’ac­cueil et faire en sorte que les en­fants res­tent mi­ni­ma­le­ment deux ans.»

(pho­to archives TC Me­dia)

De­puis le dé­but de l’an­née, les trois com­mis­sions sco­laires fran­co­phones de l’île de Mon­tréal ont su­bi une hausse de près de 40% du nombre d’élèves en classe de fran­ci­sa­tion pour nou­veaux ar­ri­vants.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.