Rio Tin­to : une sug­ges­tion au pre­mier mi­nistre

Journal Le Lac St-Jean - - COMMENTAIRE -

On as­siste à un fort mou­ve­ment d’achat lo­cal alors que les gens sont cons­cients de ce qu’ils veulent ache­ter.

Les consom­ma­teurs sont de plus en plus sen­sibles à la pro­ve­nance de leurs pro­duits de con­som­ma­tion. Nu­tri­nor mise donc sur des pro­duits sains dont on peut fa­ci­le­ment re­tra­cer l’ori­gine.

Dans la ré­gion, la no­to­rié­té de la marque est là. Les pro­chaines étapes sont de sor­tir ces pro­duits de la ré­gion avec des pro­duits spé­ci­fiques.

Par exemple, le lait bio­lo­gique nor­dique de Nu­tri­nor connait un suc­cès qui va lar­ge­ment au­de­là des at­tentes. En ef­fet, la co­opé­ra­tive oc­cupe pré­sen­te­ment 24 % du mar­ché du lait bio­lo­gique au Qué­bec.

L’ap­pel­la­tion « Le nor­dique agro­bo­réal » va s’ap­pli­quer à d’autres pro­duits de con­som­ma­tion qui de­vraient con­naître eux aus­si un suc­cès tout aus­si ful­gurent que le lait bio­lo­gique.

Nu­tri­nor dé­tient entre 2 % et 3 % de parts de mar­ché du lait à tra­vers le Qué­bec, il y a donc de la place pour elle avec des pro­duits lai­tiers spé­ci­fiques. À la suite de l’an­nonce de nou­velles sup­pres­sions de postes chez Rio Tin­to, cou­pures qui ont sou­le­vé une fois de plus beau­coup d’in­quié­tudes dans la ré­gion, notre pre­mier mi­nistre, mon­sieur Phi­lippe Couillard, n’a pas hé­si­té à prendre la dé­fense de la com­pa­gnie et a dé­cla­ré qu’il s’agis­sait d’un pro­blème de com­mu­ni­ca­tion entre l’en­tre­prise et la ré­gion.

Non, Mon­sieur le Pre­mier Mi­nistre, il ne s’agit pas d’un pro­blème de com­mu­ni­ca­tion, mais bien d’un pro­blème de dé­ve­lop­pe­ment d’un ca­pi­ta­lisme sans âme, dans le­quel la dic­ta­ture des ac­tion­naires n’a au­cun res­pect en­vers l’en­semble des in­ter­ve­nants, que ce soit les em­ployés, les élus, les en­tre­prises qui font af­faire avec elle ou le ter­ri­toire qui lui per­met de faire des re­ve­nus sub­stan­tiels.

Soyons clair, il s’agit d’une illus­tra­tion par­faite d’un monde où il n’y a que le pro­fit à court terme qui compte. Quand bien même l’État sub­ven­tionne à coup de mil­liards de telles en­tre­prises, elles n’au­ront cesse de di­mi­nuer les em­plois et d’uti­li­ser la sous-trai­tance, et ce, dans des condi­tions de plus en plus in­ac­cep­tables.

Le temps est ve­nu d’avoir un plan B. On ne peut plus se fier à Rio Tin­to. Nous ne pou­vons plus nous conten­ter d’as­sis­ter en spec­ta­teur à notre sous-dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Nous avons l’obli­ga­tion d’ex­plo­rer d’autres scé­na­rios. C’est dans cet es­prit que je me per­mets de faire une sug­ges­tion à notre pre­mier mi­nistre, res­pon­sable de la ré­gion du Sa­gue­nay-Lac-Saint­Jean, mon­sieur Phi­lippe Couillard.

Avant d’éta­blir notre plan B, il y a ce­pen­dant des pré­re­quis afin d’éta­blir notre nou­veau scé­na­rio. Il faut no­tam­ment être ca­pable de ré­pondre aux ques­tions sui­vantes. Est-ce que la fa­bri­ca­tion de l’alu­mi­nium a de l’ave­nir? Est-ce un pro­duit du­rable? Est-ce un pro­duit en le­quel nous croyons suf­fi­sam­ment pour in­ves­tir des sommes col­lec­tives im­por­tantes? Est-ce un pro­duit qui re­pré­sente un po­ten­tiel de trans­for­ma­tion chez nous, de même que dans d’autres ré­gions du Qué­bec? Quels se­raient les avan­tages et in­con­vé­nients d’un achat im­por­tant d’ac­tions par l’État qué­bé­cois et/ou de la Caisse de dé­pôt et de pla­ce­ments pour les ins­tal­la­tions de Rio Tin­to dans la ré­gion? De­vrions-nous na­tio­na­li­ser les bar­rages ap­par­te­nant an­cien­ne­ment à l’Al­can qui ne l’ont pas été dans les an­nées 1960?

Voi­là le type de ques­tions aux­quelles nous de­vons avoir des ré­ponses. Pour ce faire, je sug­gère à notre pre­mier mi­nistre de réunir un groupe d’ex­perts mul­ti­dis­ci­pli­naires en qui les ré­gio­naux au­ront confiance et de leur donner le man­dat de ré­pondre à ces ques­tions es­sen­tielles.

Ce dont nous avons be­soin, au Sa­gue­nay­Lac-Saint-Jean, ce n’est pas d’une meilleure com­mu­ni­ca­tion avec Rio Tin­to c’est d’une vé­ri­table stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment de la pro­duc­tion et de la trans­for­ma­tion de l’alu­mi­nium dans la­quelle nous se­rons de vé­ri­tables ac­teurs du pro­ces­sus dé­ci­sion­nel.

Somme toute, d’un nou­veau par­te­na­riat qui puisse rap­por­ter non seule­ment à Rio Tin­to, mais éga­le­ment à l’en­semble de la ré­gion et à tous les Qué­bé­coises et Qué­bé­cois.

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