Vives ten­sions au sein du Syn­di­cat des pro­duc­teurs de bleuets

Journal Le Lac St-Jean - - ACTUALITÉS - SERGE TREM­BLAY serge.trem­blay@tc.tc

CONFLIT. L’in­dus­trie du bleuet a dé­jà cou­lé des jours des plus heu­reux au Sa­gue­nay­Lac-Saint-Jean. Deux ré­so­lu­tions adop­tées lors de la ré­cente as­sem­blée gé­né­rale an­nuelle des pro­duc­teurs sus­citent des ten­sions.

Le pro­duc­teur Da­niel Go­beil, qui dé­nonce de­puis long­temps les pra­tiques des ache­teurs et qui a même fait l’ob­jet d’une pour­suite en dif­fa­ma­tion par ceux-ci avant qu’elle ne soit aban­don­née en 2016, a fait adop­ter deux ré­so­lu­tions par l’as­sem­blée à l’is­sue d’un vote se­cret.

La pre­mière de­mande que le co­mi­té de mise en mar­ché man­date un or­ga­nisme in­dé­pen­dant pour trou­ver de nou­veaux dé­bou­chés, de nou­veaux trans­for­ma­teurs et de nou­velles pos­si­bi­li­tés de congé­la­tion pour les bleuets des pro­duc­teurs.

Ac­tuel­le­ment, les pro­duc­teurs sont te­nus de confier leurs bleuets à des trans­for­ma­teurs dont les ins­tal­la­tions sont si­tuées sur le ter­ri­toire vi­sé par le Plan conjoint, soit Bleuets Sau­vages du Qué­bec, Bleuets Mis­tas­si­ni et Usine de congé­la­tion de Saint-Bruno.

La se­conde ré­so­lu­tion en­joint le syn­di­cat de conclure une conven­tion de man­dat avec un ca­bi­net d’avo­cat, en l’oc­cur­rence la firme Lé­tour­neau Ga­gné, afin d’en­tre­prendre des dé­marches pour pro­cé­der à une vé­ri­fi­ca­tion com­plète des don­nées comp­tables de Bleuets Sau­vages du Qué­bec, Bleuets Mis­tas­si­ni et Usine de congé­la­tion de Saint-Bruno.

LE FRUIT D’UN CLI­MAT TEN­DU

Ces deux ré­so­lu­tions s’ins­crivent dans un cli­mat ten­du qui pré­vaut dé­jà entre un cer­tain nombre de pro­duc­teurs de bleuets de la ré­gion et les ache­teurs et trans­for­ma­teurs. Ces pro­duc­teurs, Da­niel Go­beil en tête, sou­haitent ob­te­nir une vé­ri­fi­ca­tion en pro­fon­deur des chiffres ayant ser­vi au cal­cul des re­de­vances qui ont été payées par les ache­teurs et trans­for­ma­teurs afin de s’as­su­rer que le juste prix a été ob­te­nu.

Pour ob­te­nir ces chiffres, Da­niel Go­beil s’ap­puie sur l’ar­ticle 8.01 de la Conven­tion de mise en mar­ché en bleue­tière, qui pré­voit que l’ache­teur ou le syn­di­cat s’en­tendent, sur la de­mande de l’une ou l’autre des par­ties, à veiller à la vé­ri­fi­ca­tion des ren­sei­gne­ments don­nés et rap­ports four­nis.

« Ac­tuel­le­ment, les ache­teurs nous four­nissent les do­cu­ments qu’ils veulent bien nous four­nir et on doit les ac­cep­ter comme tel. Je suis d’avis qu’une vé­ri­fi­ca­tion ap­pro­fon­die des do­cu­ments fis­caux qui se rap­portent à la trans­for­ma­tion et à la vente est pri­mor­diale pour né­go­cier une conven­tion qui se­ra équi­table pour les pro­duc­teurs », sou­tient Da­niel Go­beil.

Ce der­nier a ob­te­nu un avis ju­ri­dique sur la te­neur de l’ar­ticle 8.01 qui af­firme que « la Conven­tion per­met à une par­tie de faire vé­ri­fier les ren­sei­gne­ments don­nés et les rap­ports four­nis par l’autre par­tie, et ce, sans ob­te­nir l’ac­cord préa­lable de cette der­nière. »

Si on s’en tient à l’in­ter­pré­ta­tion de cet avis ju­ri­dique, les ache­teurs et trans­for­ma­teurs se­raient te­nus de dé­voi­ler leurs livres sur la simple de­mande du Syn­di­cat.

M. Go­beil ajoute qu’il ne se leurre pas et croit que toute ten­ta­tive d’al­ler en ce sens se re­trou­ve­ra de­vant les tri­bu­naux, car elle se­ra contes­tée par les ache­teurs. « Ça m’ap­pa­rait évident, mais nous de­vons faire va­loir nos droits comme pro­duc­teurs et être prêts à al­ler jus­qu’au bout », clame-t-il.

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