Des in­sectes pi­queurs à pro­fu­sion cet été

Journal Le Lac St-Jean - - ACTUALITÉS - FRANCE PA­RA­DIS france.pa­ra­dis@tc.tc

RE­PRO­DUC­TION. Si les gens ont pes­té contre le froid et la pluie en mai, ils vont tout sim­ple­ment s’ar­ra­cher les che­veux quand va in­ter­ve­nir entre le 15 juin et le 15 juillet, la pé­riode des mous­tiques, des mouches noires et autres in­sectes pi­queurs, se­lon Ro­bert Loi­selle, ex­pert en­to­mo­lo­giste.

Ar­ri­vé au Sa­gue­nay en 1979, Ro­bert Loi­selle a été tour à tour as­sis­tant de re­cherche sur les four­mis au Qué­bec, char­gé de cours et res­pon­sable des la­bo­ra­toires de bio­lo­gie à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Chi­cou­ti­mi. Il tra­vaille main­te­nant pour la firme Des­jar­dins En­vi­ron­ne­ment, une firme an­ti­pa­ra­si­taire où il fait de l’iden­ti­fi­ca­tion et de la for­ma­tion.

« Cette an­née, le prin­temps a deux se­maines de re­tard. Là où le bas va bles­ser, c’est quand les ma­rin­gouins vont sor­tir. Il faut sa­voir que les ma­rin­gouins, ce sont des eaux stag­nantes alors que les mouches noires, ce sont des eaux cou­rantes. Il faut dé­jà sé­pa­rer ces deux groupes-là. On a eu plein de pluie en mai et ça va les fa­vo­ri­ser tous les deux, mais pas de la même fa­çon », ex­plique Ro­bert Loi­selle.

Les ma­rin­gouins, ils sont as­so­ciés avec la fonte de la neige. Il y a alors for­ma­tion des étangs de fonte de la neige. Ce prin­temps très plu­vieux ajoute de l’eau ré­gu­liè­re­ment à ces étangs. Les larves se dé­ve­loppent ra­pi­de­ment. Dès qu’il y a de l’eau libre, la vie bio­lo­gique dé­marre ra­pi­de­ment. Les larves broutent des algues qui se dé­ve­loppent sur les feuilles mortes ou les bouts de branches. Le temps plu­vieux va donc fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de presque toutes les larves pré­sentes. Si au contraire, le prin­temps est ra­pi­de­ment chaud et sec, avec peu de pré­ci­pi­ta­tion et de bonnes jour­nées de cha­leur, les larves vont man­quer d’eau et ne se dé­ve­lop­pe­ront pas toutes.

ATTENTION

« Ici en ré­gion, cette an­née, ce sont les étangs de fonte de la neige qui sont éti­rés. Oui, on va avoir beau­coup de ma­rin­gouins et quand ça va sor­tir, d’ici à la deuxième se­maine de juillet, on sort les vê­te­ments pâles, on garde un ci­ré pour se pro­té­ger et la ca­nette de DEET, le ré­pul­sif contre les ma­rin­gouins et les mouches noires », af­firme Ro­bert Loi­selle, par ex­pé­rience alors que dès 1970, ce der­nier réa­li­sait sa thèse de maî­trise sur les ma­rin­gouins dans le Sud du Qué­bec.

Les étangs de fonte de la neige gé­nèrent des mous­tiques en dé­but d’été, mais après, c’est ter­mi­né pour ce groupe.

« Là, on passe à un autre groupe, les mous­tiques des crues. Quand on a un été très plu­vieux, ce­la fait mon­ter le ni­veau des ri­vières et des ruis­seaux. Quand la ri­vière re­prend son cours nor­mal, ça laisse plein de flaques d’eau sur le bord qui fa­vo­risent les mous­tiques des crues. Ça leur prend une eau stag­nante contrai­re­ment aux mouches noires qui doivent être dans une eau cou­rante d’où ils at­trapent leur nour­ri­ture au pas­sage », ex­plique le spé­cia­liste en en­to­mo­lo­gie. La pé­riode cri­tique de­meure donc entre la St-Jean-Bap­tiste et la mi-juillet.

Après ça, on de­vrait être re­la­ti­ve­ment tran­quille, même s’il res­te­ra tou­jours d’autres in­dé­si­rables comme les brû­lots.

Ro­bert Loi­selle pré­voit un été dif­fi­cile.

(Pho­to TC Me­dia – France Pa­ra­dis)

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