Le mou­ve­ment zé­ro dé­chet gagne du ter­rain

Journal Le Lac St-Jean - - COMMENTAIRE - MARIE-GABRIELLE GAGNÉ marie-gabrielle.gagne@tc.tc

EN­VI­RON­NE­MENT. Le meilleur dé­chet est ce­lui que l’on ne pro­duit pas. Voi­là la men­ta­li­té du mou­ve­ment zé­ro dé­chet qui gagne de plus en plus en po­pu­la­ri­té, même au Sa­gue­nay-Lac-Saint-Jean. La vé­ri­table com­mu­nau­té se dis­tingue par son en­traide et son op­ti­misme, bien loin de la peur in­cul­quée par cer­tains éco­lo­gistes.

Pour Léa Bourque, jeune Al­ma­toise adepte du zé­ro dé­chet, il s’agit d’un moyen simple pour avoir un réel im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment. Le concept vise à ré­duire le plus pos­sible la pro­duc­tion de dé­chets, se­lon la ca­pa­ci­té et la mo­ti­va­tion du consom­ma­teur. Bien que les res­sources fa­ci­li­tant la ré­duc­tion de la taille de la pou­belle ne soient pas toutes of­fertes en ré­gion, il n’en de­meure pas im­pos­sible de tendre vers le zé­ro dé­chet au Sa­gue­nay-Lac-Saint-Jean.

Cinq prin­cipes sont à la base de ce mou­ve­ment. Le pre­mier consiste à re­fu­ser le sur­em­bal­lage, les items em­bal­lés in­di­vi­duel­le­ment et tout ce qui n’est pas né­ces­saire. L’achat d’ali­ments et de pro­duits en vrac peut être une so­lu­tion, mais l’im­plan­ta­tion de ce genre de com­merce n’est pas en­core gé­né­ra­li­sée, ex­plique Léa Bourque.

« Dans ce cas, les gens peuvent ap­por­ter un plat de plas­tique lors­qu’ils achètent de la viande, évi­ter de prendre un pe­tit sac de plas­tique pour les lé­gumes et les fruits. Au lieu d’ache­ter des barres tendres, on peut les faire soi-même ou ache­ter un gros pot de yo­gourt à la place de plu­sieurs pe­tits », ex­plique-t-elle.

La jeune femme confec­tionne d’ailleurs plu­sieurs pro­duits d’hy­giène per­son­nelle, comme un dé­odo­rant, un sham­poing sec et du den­ti­frice.

ACHE­TER ET PENSER AUTREMENT

La deuxième règle est de ré­duire ce qui peut être ré­duit. « Il est es­sen­tiel d’avoir des vê­te­ments, mais est-ce que nous en avons be­soin d’au­tant ? », ques­tionne-t-elle.

C’est pour cette rai­son qu’elle fa­vo­rise les vê­te­ments de se­conde main. C’est aus­si dans cette même op­tique que la men­ta­li­té du zé­ro dé­chet fa­vo­rise la réuti­li­sa­tion.

Les deux der­nières règles concernent le re­cy­clage et le com­post. Se­lon la jeune femme, le com­post est à prio­ri­ser, même si cer­taines villes ne l’offrent pas en­core, comme dans la ré­gion. Dans ce cas, le com­post mai­son peut être une so­lu­tion si l’es­pace est as­sez grand, mais il faut évi­ter d’y dé­po­ser tout ré­si­du ani­mal. Elle in­vite d’ailleurs les ci­toyens à ma­ni­fes­ter leur in­té­rêt pour que les mu­ni­ci­pa­li­tés offrent le ser­vice de com­pos­tage le plus ra­pi­de­ment pos­sible, bien qu’elles y se­ront obli­gées d’ici 2020.

CAS PAR CAS

Fa­milles, étu­diants ou per­sonne seule, le zé­ro dé­chet d’adresse à tous, mais en consi­dé­rant les li­mites de cha­cun. « Ça doit être fait en res­pec­tant les va­leurs de cha­cun et dans le plai­sir, si­non ça ne fonc­tion­ne­ra pas. Si on aime ça, les chan­ge­ments vont se faire un à la fois. C’est comme un dé­fi, c’est mo­ti­vant », ex­plique-t-elle.

Pro­duits faits mai­son, sacs réuti­li­sables, brosse à dents en bam­bou et mou­choirs en tis­sus sont quelques pro­duits uti­li­sés pour ré­duire la pro­duc­tion de dé­chets.

(Pho­to : gra­cieu­se­té)

Les dé­chets de Léa pour la pé­riode de 30 jours sont conte­nus dans un pot.

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