Quand la bière ra­fraî­chit le go­sier… et l’éco­no­mie !

Journal Le Lac St-Jean - - COMMENTAIRE -

FES­TI­VAL. On est à la fin juillet, il fait beau et chaud et la bière coule à flots au centre-ville d’Al­ma. Ce sont des mil­liers de fes­ti­va­liers qui pro­fitent tout sim­ple­ment d’une ac­ti­vi­té de plus en plus po­pu­laire, soit le Fes­ti­val de la bière d’Al­ma.

Quand, il y a cinq ans, un groupe de jeunes loups, amou­reux de la bière, a lan­cé cet évé­ne­ment, le dé­fi était de taille : trou­ver une place dans ce monde en pleine crois­sance des mi­cro­bras­se­ries avec un nombre tout aus­si crois­sant de fes­ti­vals pour rendre hom­mage à ce li­quide si cher aux Qué­bé­cois et Qué­bé­coises.

Force est d’ad­mettre que ces jeunes avaient une vi­sion de faire du centre-ville d’Al­ma un ren­dez-vous in­con­tour­nable pour les mi­cro­bras­se­ries, mais sur­tout, pour une clien­tèle di­ver­si­fiée, avide de nou­veau­tés bras­si­coles. Et ces jeunes, ils ont rem­por­té leur pa­ri, car une pre­mière étude d’acha­lan­dage réa­li­sée par Tou­risme Al­ma—Lac-St-Jean, lors de l’édi­tion 2015, dé­mon­trait que l’acha­lan­dage dé­pas­sait les 10000 per­sonnes qui ont lais­sé en re­tom­bées éco­no­miques 788 655 $.

À une pé­riode de l’an­née où le centre-ville est gé­né­ra­le­ment dé­sert en ver­tu des va­cances, c’est tout un ex­ploit !

Le fes­ti­val en­tend ré­ci­di­ver pour une cin­quième an­née, du 26 au 29 juillet pro­chain. Les or­ga­ni­sa­teurs ont un ob­jec­tif en tête : 15 000 vi­si­teurs et 1,1 M$ en re­tom­bées éco­no­miques.

PHÉNOMÈNE

Un évé­ne­ment comme le Fes­ti­val des bières d’Al­ma est avant tout cen­tré sur un nou­veau phénomène.

Qu’elles soient bio­lo­giques ou non, les bières ar­ti­sa­nales ont de plus en plus la cote au Qué­bec. À preuve, après plu­sieurs an­nées de baisse, en 2015, les ventes de bière ont en­re­gis­tré leur plus im­por­tante hausse an­nuelle de la der­nière dé­cen­nie. Une aug­men­ta­tion de 4 % que l’on at­tri­bue en grande par­tie à l’en­goue­ment pour les mi­cro­bras­se­ries. D’ailleurs, le Qué­bec compte main­te­nant plus de 150 mi­cro­bras­se­ries qui ri­va­lisent d’au­dace et de créa­ti­vi­té pour of­frir des bières toutes aus­si di­verses que sur­pre­nantes.

Les mi­cro­bras­seurs du Qué­bec tentent de se faire une place aux cô­tés des trois prin­ci­paux bras­seurs que sont La­batt, Mol­son Coors et Slee­man Uni­broue. Ces der­nières contrôlent en grande par­tie le mar­ché à la hau­teur de plus de 90 %. D’ailleurs, par la porte d’en ar­rière, ces grands bras­seurs font l’ac­qui­si­tion de mi­cro­bras­se­ries pour mi­ni­mi­ser leurs pertes de mar­ché qu’ils se font vo­ler chaque an­née. À ce­la s’ajoute la ten­dance forte entre la bière et le vin. En 2013-2014, la part de mar­ché de la bière avait di­mi­nué pour pas­ser à 42 %, tan­dis que celle du vin avait aug­men­té pour se chif­frer à 31 %. Les Qué­bé­cois de­meurent tou­te­fois de très grands ama­teurs de bières et la fré­quen­ta­tion des dif­fé­rents fes­ti­vals dé­diés à ces pro­duits le prouve.

On pour­rait presque dire que ces jeunes bras­seurs mettent l’épaule à la « broue » pour mieux faire tour­ner notre éco­no­mie.

France Pa­ra­dis

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