Une Dame de 77 ans dé­cède : leur voi­ture em­bou­tie par un ca­mion lourd

Journal Le Lac St-Jean - - COMMENTAIRE - FRANCE PA­RA­DIS france.pa­ra­dis@tc.tc

Comme le veut la tra­di­tion de cette com­mu­nau­té, c’est par le tam­bour que l’on a amor­cé ce grand ras­sem­ble­ment.

Dans ce chant tra­di­tion­nel, on a re­mer­cié le Grand Ma­ni­tou, on a re­mer­cié les quatre grandes di­rec­tions, soit l’Est qui re­pré­sente le feu, le Sud ce­lui de l’eau, l’Ouest ce­lui de la terre et le Nord ce­lui de l’air.

La nar­ra­tion des évé­ne­ments d’il y a 50 ans a rap­pe­lé cette tra­gique course en ca­not or­ga­ni­sée pour di­ver­tir les gens. Mal­heu­reu­se­ment, cette course a en­deuillé deux grandes fa­milles de Ma­sh­teuiatsh qui au­jourd’hui en­core, vivent les sé­quelles d’avoir ain­si per­du deux membres de leur com­mu­nau­té, des pères de fa­mille qui ont lais­sé une grande des­cen­dance.

Clif­ford Moar, chef de la Pre­mière Na­tion des Pe­kua­ka­miul­nuatsh (Il­nuatsh du Pe­kua­ka­mi) et chef de Ma­sh­teuiatsh, es­time que si ce­la a pris 50 ans pour se faire, c’est parce qu’il fal­lait at­tendre 50 ans pour que ça se fasse : c’est comme ça que la vie en­seigne les choses et il n’est ja­mais trop tard pour bien faire.

Le 3 août 1967, de­vant des mil­liers de spec­ta­teurs, Jo­seph Ben­ja­min et de Lau­réat Do­mi­nique, deux ca­no­tiers aguer­ris, ont été les vic­times d’une ri­vière dé­chaî­née, y lais­sant leur vie.

Cette tra­gé­die avait mar­qué tout le monde à l’époque. Mal­heu­reu­se­ment, elle a été en­fouie dans la mé­moire col­lec­tive. L’ob­jec­tif de la com­mé­mo­ra­tion de ces évé­ne­ments, 50 ans plus tard, presque à la mi­nute près, était de rap­pe­ler le sou­ve­nir de ces deux hommes et ré­ha­bi­li­ter cette tra­gé­die dans la mé­moire col­lec­tive, et ce, de ma­nière res­pec­tueuse et po­si­tive.

Une plaque com­mé­mo­ra­tive a été pla­cée à proxi­mi­té de la pas­se­relle Da­masse-Bou­lan­ger, à quelques mètres seule­ment de l’en­droit où le drame s’est pro­duit il y a 50 ans.

De tous les mots pro­non­cés, Clif­ford Moar a ma­gis­tra­le­ment fait ce lien es­sen­tiel entre le pas­sé et le pré­sent.

« En tant que Chef, c’est avec un grand hon­neur et un grand res­pect que j’ai ac­cep­té de ve­nir par­ta­ger ici ce soir avec les gens d’Al­ma et de la ré­gion ce mo­ment dif­fi­cile, ce mo­ment qui a été dou­lou­reux pour les fa­milles. Deux pères de fa­mille se sont noyés ici il y a 50 ans, deux des­cen­dants du ter­ri­toire. La peine qui a été in­fli­gée aux fa­milles, on la res­sent en­core au­jourd’hui. Je veux té­moi­gner toute mon ad­mi­ra­tion au cou­rage que ces deux fa­milles-là font au­jourd’hui en étant pré­sentes. Ça de­mande beau­coup de cou­rage, ça de­mande beau­coup d’hu­mi­li­té. Les gens de la com­mu­nau­té sont avec vous pour par­ta­ger cette peine, la dou­leur que vous avez tra­ver­sée. »

Au cou­cher du so­leil, au-des­sus du site de la cé­ré­mo­nie, deux nuages ont for­mé des ara­besques dans le ciel, côte à côte. Au même mo­ment, un avion est pas­sé juste au centre, lais­sant une trai­née blanche der­rière lui, comme si les es­prits de Jo­seph Ben­ja­min et de Lau­réat Do­mi­nique re­joi­gnaient notre mo­der­ni­té. AC­CI­DENT. Une mau­vaise in­ter­pré­ta­tion des feux lu­mi­neux pour­rait être à l’ori­gine du grave ac­ci­dent mor­tel sur­ve­nu en fin d’avant­mi­di, le 1er Août der­nier, à Al­ma, au coin du Bou­le­vard Mau­rice-Pa­ra­dis et de la Route du Lac Ouest. Gi­sèle Trem­blay-Dionne, 77 ans et 11 mois, ré­si­dente à Al­ma, pas­sa­gère du vé­hi­cule, est dé­cé­dée alors que le conduc­teur a été conduit à l’hô­pi­tal d’Al­ma, souf­frant de graves bles­sures.

Il était en­vi­ron 11 h 20 quand la pe­tite voi­ture rouge s’est pré­sen­tée, di­rec­tion Sud, sur le Bou­le­vard Mau­rice-Pa­ra­dis avec l’in­ten­tion de tour­ner à gauche sur la Route du Lac-Ouest.

Les feux lu­mi­neux in­di­quant que l’on pou­vait conti­nuer tout droit étaient bel et bien Verts. Ce­pen­dant, le feu lu­mi­neux sur le po­teau cen­tral don­nant les in­di­ca­tions pour tour­ner à gauche était Rouge.

Le conduc­teur au­rait peut-être confon­du le sens du si­gnal et il s’est en­ga­gé.

Le ca­mion-lourd qui ar­ri­vait en sens in­verse, du Sud vers le Nord, dis­po­sait lui aus­si de sa lu­mière Verte pour conti­nuer tout droit.

Il n’a pas pu évi­ter la pe­tite voi­ture qui s’était dé­jà en­ga­gée et il l’a per­cu­té de plein fouet du cô­té pas­sa­ger, la traî­nant sur près de 100 mètres avant de s’im­mo­bi­li­ser.

« Les po­li­ciers ont dé­jà vi­sion­né la vi­déo du ca­mion et l’on voit dis­tinc­te­ment la pe­tite voi­ture rouge ra­len­tir et s’en­ga­ger pour tour­ner à gauche », sou­li­gnait le Ser­gent Jean Trem­blay, agent d’in­for­ma­tion au Ser­vice des com­mu­ni­ca­tions avec les mé­dias à la Sû­re­té du Qué­bec.

IN­TER­VEN­TION

Ra­pi­de­ment dé­pê­chés sur les lieux, trois am­bu­lances et le ser­vice des in­cen­dies de Ville d’Al­ma, in­cluant le ca­mion avec les pinces de dés­in­car­cé­ra­tion, ont tout mis en oeuvre pour se­cou­rir les bles­sés.

Le conduc­teur a été ex­tir­pé de l’ha­bi­tacle. On a sta­bi­li­sé son état et il a im­mé­dia­te­ment été conduit à l’hô­pi­tal d’Al­ma.

On s’est en­suite oc­cu­pé de la femme. Le lourd ca­mion a re­cu­lé de quelques mètres pour per­mettre aux sau­ve­teurs d’in­ter­ve­nir.

Il a fal­lu de longues mi­nutes pour sé­cu­ri­ser les lieux et dé­cou­per à l’aide des puis­santes pinces de dés­in­car­cé­ra­tion les por­tières du cô­té pas­sa­ger afin de pou­voir sor­tir la Dame.

Pen­dant cette dé­li­cate opé­ra­tion, des pom­piers te­naient des grands draps de plas­tique pour mas­quer la vue aux di­zaines de cu­rieux ar­rê­tés sur le ter­rain de la ferme voi­sine à l’in­ter­sec­tion.

Le corps de la Dame a été pla­cé sur une ci­vière et trans­fé­ré dans l’am­bu­lance qui at­ten­dait.

Un ac­ci­dent a fau­ché une vie la se­maine der­nière, à Al­ma.(Pho­to

TC Me­dia – France Pa­ra­dis)

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