C’est im­pen­sable de ne pas être as­su­ré au­jourd’hui !

Journal Le Lac St-Jean - - COMMENTAIRE - FRANCE PA­RA­DIS france.pa­ra­dis@tc.tc

COU­VER­TURE. En 2017, il est presque im­pen­sable qu’un lo­ca­taire ou un étu­diant qui prend une chambre et pen­sion ne soit pas as­su­ré. Les consé­quences en cas d’in­cen­die ou de dom­mages ma­jeurs peuvent coû­ter très cher et les as­su­reurs vont vous pour­suivre très loin, in­cluant même une sai­sie sur votre sa­laire pen­dant des an­nées pour rem­bour­ser les dom­mages.

Ma­rie Ga­gnon, cour­tière en as­su­rance de dom­mages, est for­melle : « C’est éton­nant. L’as­su­rance au Qué­bec en ma­tière d’ha­bi­ta­tion n’est pas obli­ga­toire, c’est un libre choix. Sauf, que quand tu es pro­prié­taire d’une mai­son, le prê­teur sur ta mai­son va exi­ger que ta mai­son soit as­su­rée, pour avoir un lien sur le bien pour le­quel il te prête de l’ar­gent. Tu n’as pas le choix. Mais comme lo­ca­taire, il n’y a pas cette obli­ga­tion. Au ni­veau de la Ré­gie du lo­ge­ment, le pro­prié­taire ne peut pas l’exi­ger, il peut le de­man­der, mais il ne peut pas l’exi­ger de la part du lo­ca­taire », ré­sume Ma­rie Ga­gnon.

CONSÉ­QUENCES

Le lo­ca­taire ne se sen­tant pas obli­gé de s’as­su­rer, l’hu­main étant ce qu’il est, il va re­por­ter cette dé­pense.

«Une as­su­rance ha­bi­ta­tion pour les lo­ca­taires, ça com­mence à 12 $ et tu es ca­pable en ma­ga­si­nant de te trou­ver ça entre 12 $ et 15 $ par mois. Non seule­ment tu vas pro­té­ger tes biens per­son­nels, mais le lo­ge­ment, un coup qu’il est pas­sé au feu, toi, tu n’as plus de place où ha­bi­ter et tu n’as plus rien. La com­pa­gnie d’as­su­rance va payer pour te re­lo­ger ailleurs en at­ten­dant. Tes biens sont as­su­rés de même que tes frais de sub­sis­tance », spé­ci­fie Ma­rie Ga­gnon.

Cette der­nière rap­pelle toute l’im­por­tance d’être bien as­su­ré.

« Pour­quoi c’est pri­mor­dial d’avoir de l’as­su­rance comme lo­ca­taire ? S’il est prou­vé que l’in­cen­die pro­vient de ton lo­ge­ment et que c’est un ap­pa­reil t’ap­par­te­nant qui en est la cause, les as­su­reurs qui vont cou­vrir le pro­prié­taire du bloc ou de la mai­son vont in­ter­ve­nir en pre­mier lieu. Mais dès que l’as­su­reur va connaître la cause de l’in­cen­die, il y a une lettre au­to­ma­tique qui va par­tir et la per­sonne res­pon­sable, as­su­rée ou pas, va re­ce­voir une mise en de­meure et te­nue res­pon­sable et va de­voir payer. Pas d’as­su­rances, donc pas d’ar­gent ? J’ai vu des as­su­reurs sai­sir une par­tie du sa­laire du lo­ca­taire, dé­pen­dant du ju­ge­ment. Il (l’as­su­reur) va lais­ser la par­tie es­sen­tielle pour que la per­sonne puisse se lo­ger et se nour­rir, mais va sai­sir le reste. Tu ne peux pas te dé­ga­ger de tes res­pon­sa­bi­li­tés en in­vo­quant que tu n’as pas d’ar­gent », ré­sume Ma­rie Ga­gnon.

Le pro­prié­taire va être in­dem­ni­sé par sa propre com­pa­gnie, mais la tache va res­ter dans son dossier.

Donc, en ha­bi­ta­tion, tu ne peux pas te per­mettre de ne pas avoir d’as­su­rance au­tant pour tes biens que pour ta res­pon­sa­bi­li­té ci­vile.

ÉTU­DIANTS

Qu’en est-il éga­le­ment des étu­diants qui prennent chambre et/ou pen­sion pour la du­rée de leurs études ?

« Au Qué­bec, on est choyé, car tous les as­su­reurs offrent cette clause-là. Si pa­pa et ma­man sont as­su­rés et ont une as­su­rance en ha­bi­ta­tion comme pro­prié­taire ou lo­ca­taire, ça vient cou­vrir les biens d’un étu­diant ins­crit à temps plein, le mot temps plein est im­por­tant. Un étu­diant à temps par­tiel à l’uni­ver­si­té, par exemple, n’est pas cou­vert. Il doit obli­ga­toi­re­ment être à temps plein à l’uni­ver­si­té, au Cé­gep ou dans une école re­con­nue. La res­pon­sa­bi­li­té ci­vile s’ex­ten­tionne éga­le­ment au­to­ma­ti­que­ment pour ve­nir cou­vrir cet étu­diant-là », ex­plique Ma­rie Ga­gnon.

Il faut ce­pen­dant que ce soit une si­tua­tion tem­po­raire où l’étu­diant va re­ve­nir à la mai­son après ses études, qu’il soit donc à la charge des pa­rents.

«C’est im­por­tant que les gens le vé­ri­fient avec leur as­su­reur. C’est quoi la pe­tite clause à ce su­jet et qu’est-ce qu’elle dit exac­te­ment. Des pro­prié­taires peuvent même de­man­der une preuve d’as­su­rance de leurs pa­rents », de conclure Ma­rie Ga­gnon.

Ma­rie Ga­gnon, cour­tière en as­su­rance de dom­mages.

(Pho­to TC Me­dia – France Pa­ra­dis)

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