L’Ati­ka­mekw, langue au­toch­tone la plus vi­vante

L'Écho de La Tuque - - ACTUALITÉS - MI­CHEL SCARPINO mi­chel.scarpino@tc.tc

Le jour­nal Le De­voir a ré­cem­ment fait pa­raître un ar­ticle por­tant sur les langues au­toch­tones, dans le­quel il res­sor­tait que la langue Ati­ka­mekw était dé­crite comme « la plus vi­vante au Ca­na­da ».

En toile de fond, le fait que plu­sieurs des langues par­lées par l’une ou l’autre des 11 na­tions au­toch­tones du Qué­bec sont « sur la voie ra­pide de l’ex­tinc­tion ».

Le chef d’Opit­ci­wan, Ch­ris­tian Awa­shish, confirme que l’ati­ka­mekw est une langue bien vi­vante, mais la fran­ci­sa­tion touche sa com­mu­nau­té, sur­tout les jeunes.

LANGUE.

Les jeunes ont pour­tant soif de connaître leur langue tra­di­tion­nelle. Quand ils ont les yeux grands ou­verts, on voit qu’ils en veulent » DES COURS EN ATI­KA­MEKW AU SE­CON­DAIRE

Se­lon Pas­cal Sas­se­ville-Quo­quo­chi, di­rec­teur de l’école se­con­daire Ni­ka­nik de We­mo­ta­ci, l’en­sei­gne­ment y est dis­pen­sé de fa­çon gé­né­rale en fran­çais. Ça se fait d’ailleurs à par­tir de la troi­sième an­née du pri­maire. Par contre, de­puis trois ans, des cours de langue ati­ka­mekw sont don­nés à tous les élèves de Ni­ka­nik. « Mais l’en­sei­gne­ment se fait un peu à tâ­tons », ad­met M. Quo­quo­chi, faute de pro­gramme for­mel.

ÇA VA CHAN­GER

À par­tir de l’an pro­chain, un pro­gramme d’en­sei­gne­ment de l’ati­ka­mekw se­ra of­fi­ciel­le­ment of­fert à l’école Ni­ka­nik pour les 110 élèves. Cette an­née, on tra­vaille à sa créa­tion. Pas de ba­lises écrites

De gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion, la langue ati­ka­mekw a tou­jours été trans­mise de fa­çon orale. Voi­là pour­quoi on ne sait pas tou­jours com­ment l’écrire cor­rec­te­ment.

Constat : La langue Ati­ka­mekw s se perd à pe­tit feu. Comme plu­sieurs, Pas­cal Sas­se­vil­leQuo­quo­chi es­time que le mode de vie des Ati­ka­mekws, pas­sé de no­made à sé­den­taire, y est pour quelque chose.

« Les aî­nés ont vé­cu le mode de vie no­made, alors que les jeunes ne l’ont pas vé­cu. Quand on est en mode de vie no­made, il y a toutes les ac­ti­vi­tés en lien avec le no­ma­disme qui sont as­so­ciées à des termes spé­ci­fiques. Les jeunes n’ont pas vé­cu ce mode de vie, alors ils ne connaissent pas ces termes », consi­dère Pas­cal Sas­se­ville-Quo­quo­chi.

Comme deuxième élé­ment, l’ati­ka­mekw w se trans­forme, comme le font toutes les langues du monde avec le lan­gage po­pu­laire.

UN DIC­TION­NAIRE ATI­KA­MEKW-FRAN­ÇAIS

Ni­cole Pe­ti­quay co­or­don­na­trice au ser­vice lin­guis­tique du Con­seil de la na­tion ati­ka­mekw, tra­vaille dans la formation qui se­ra don­née aux en­sei­gnants pri­maires et se­con­daires qui en­sei­gne­ront l’ati­ka­mekw l’an pro­chain.

Mme Pe­ti­quay co­or­donne aus­si la pré­pa­ra­tion d’un dic­tion­naire fran­çais-ati­ka­mekw pour l’an­née pro­chaine en ver­sion élec­tro­nique.

« Il y a beau­coup de mots que les jeunes ne connaissent pas, car c’est re­lié au ter­ri­toire », re­marque Mme Pe­ti­quay. Le dic­tion­naire éta­bli­ra des bases d’écri­ture ati­ka­mekw.

Il y a deux ans, l’ap­pli­ca­tion Con­ver­sa­tion Ati­ka­mekw avait fait son ap­pa­ri­tion sur les ta­blettes et té­lé­phones in­tel­li­gents.

Ces ou­tils consti­tuent non seule­ment une fa­çon de pré­ser­ver la langue ati­ka­mekw, mais en­core mieux : une ma­nière de la ré­pandre. Pour­tant, on parle ati­ka­mekw dans les com­mu­nau­tés : 91,7 % des ré­si­dents des com­mu­nau­tés uti­lisent d’abord leur langue ma­ter­nelle.

(Pho­to TC Media – Ar­chives)

La langue Ati­ka­mekw a été dé­crite comme « la plus vi­vante au Ca­na­da ».

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