On de­mande du per­son­nel…

L'Écho de La Tuque - - ACTUALITÉS - MI­CHEL SCAR­PI­NO mi­chel.scar­pi­no@tc.tc

Phé­no­mène gé­né­ra­li­sé, la pé­nu­rie de main-d’oeuvre touche toutes les ré­gions du Qué­bec et la Haute-Mauricie ne fait pas ex­cep­tion. Ali­men­ta­tion, res­tau­ra­tion, vente au dé­tail, ser­vices, grandes in­dus­tries, au­cun do­maine d’ac­ti­vi­té n’est épar­gné.

L’Écho de La Tuque a vou­lu en sa­voir da­van­tage, cette se­maine, en al­lant prendre le pouls de quelques en­tre­prises lo­cales qui vivent ce phé­no­mène.

Les mar­chés d’ali­men­ta­tion l’ont trou­vé dif­fi­cile, ces der­nières se­maines.

La co­pro­prié­taire du mar­ché d’ali­men­ta­tion IGA de La Tuque, Ma­rie-Eve Naud, confirme que l’em­bauche est plus dif­fi­cile, sur­tout de­puis le prin­temps der­nier. «C’est pire cette an­née», a-t-elle re­mar­qué.

Pour la pre­mière fois, l’en­tre­prise a pla­cé un pan­neau « Nous em­bau­chons », pour faire connaître ses be­soins en per­son­nel. Le mar­ché re­cher­chait sur­tout des tra­vailleurs à temps plein.

Se­lon elle, la si­tua­tion n’est pas dra­ma­tique et est loin de com­pro­mettre les ac­ti­vi­tés de l’en­tre­prise, mais on porte plus d’at­ten­tion à l’em­bauche.

Pa­trick Mar­chand, di­rec­teur du mar­ché Maxi, des Ga­le­ries La Tuque, pousse un sou­pir de sou­la­ge­ment de­puis quelques se­maines. Mais l’été n’a pas été évident. L’écri­teau sur le­quel il était ins­crit qu’on re­cher­chait du per­son­nel vient d’être en­le­vé, après avoir été bien en évi­dence à l’en­trée du centre com­mer­cial.

«De­puis trois se­maines, un mois, tout est beau, heu­reu­se­ment (…) Je touche du bois, tout va bien», men­tionne M. Mar­chand. Com­mis d’épi­ce­rie, de fruits et lé­gumes, ou aux viandes, on était ac­ti­ve­ment à la re­cherche de gens pour com­bler des postes.

« C’est le com­bat de toutes les en­tre­prises. Pour les cinq pro­chaines an­nées, on se de­mande ce qu’on va faire pour fi­dé­li­ser nos col­lègues, pour qu’ils res­tent chez nous », ana­lyse-t-il.

Même son de cloche pour Ma­non Gau­vin, de la Bé­ton­nière La Tuque. « Pré­sen­te­ment, nous avons des be­soins en mé­ca­nique de ma­chi­ne­rie lourde», dit-elle. Cet état de si­tua­tion pousse l’en­tre­prise à faire af­faire avec des sous contrac­tants de l’ex­té­rieur, ce qui oc­ca­sionne des frais.

Il y a quelques se­maines, dans un re­por­tage

EM­PLOI.

dif­fu­sé dans un autre mé­dia, on avait iden­ti­fié un be­soin de ca­mion­neurs, mais fort heu­reu­se­ment, on en a trou­vé de­puis.

Jean Spain, pro­prié­taire d’Ac­cent Meubles vit lui aus­si une si­tua­tion par­ti­cu­lière.

«On a plus de dif­fi­cul­tés à re­cru­ter au ni­veau de la vente, confie-t-il. On a fait des dé­marches et on a tout notre per­son­nel au mo­ment où on se parle. Je vous di­rais que de­puis les trois ou quatre der­nières an­nées, on a un noyau qui est so­lide, mais quand on perd une per­sonne, c’est plus dif­fi­cile d’en re­cru­ter une autre », consi­dère-t-il.

Il y a quelques se­maines, au plus fort de la pé­nu­rie, il avait dû re­voir les dé­fi­ni­tions de tâches de ses em­ployés.

Le rou­le­ment de per­son­nel, il l’ob­serve sur­tout chez les em­ployés plus jeunes. Comme plu­sieurs autres, il fait re­mar­quer que par­fois, il faut re­cru­ter les em­ployés dans d’autres en­tre­prises.

« Une ca­té­go­rie de main-d’oeuvre qui est une mine d’or, mais qui n’est pas en­core dé­ve­lop­pée à La Tuque, ce sont les re­trai­tés », fait-il re­mar­quer. En ef­fet, on re­trouve bon nombre d’entre eux comme bé­né­voles dans des or­ga­nismes à but non lu­cra­tifs, mais ils ne sont pas né­ces­sai­re­ment prêts à re­tour­ner sur le mar­ché du tra­vail sur une base ré­gu­lière.

L’IN­DUS­TRIE FO­RES­TIÈRE

L’in­dus­trie fo­res­tière est aus­si en mode em­bauche. Sur les sites de re­cherche d’em­ploi et dans les mé­dias, des en­tre­prises comme Ré­ma­bec, Ré­so­lu, West Rock pu­blient des offres d’em­plois.

« C’est un pro­blème qui est gé­né­ra­li­sé. Nous aus­si, comme en­tre­prise, on est confron­té à la ra­re­té de la main-d’oeuvre, sur­tout dans les mé­tiers spé­cia­li­sés », ad­met Marc Be­lisle, di­rec­teur des res­sources hu­maines à l’usine West Rock La Tuque.

Ce qui ex­plique que sou­vent, dans le cas d’em­plois plus tech­niques, on doive faire ap­pel à des tra­vailleurs de l’ex­té­rieur de la Haute-Mauricie. Chaque fois, on es­père qu’ils se plai­ront bien à La Tuque.

At­ti­rer des gens à La Tuque sur une base per­ma­nente re­pré­sente un dé­fi. West Rock réus­sit à le faire, mais l’en­tre­prise doit être pa­tiente.

Comme plu­sieurs, West Rock ne vend pas que son usine et des sa­laires concur­ren­tiels à ses fu­tures re­crues, dans les sa­lons de l’em­ploi et les pu­bli­ci­tés d’offres d’em­ploi. Elle doit aus­si leur par­ler de la qua­li­té de vie qu’on re­trouve en Haute-Mauricie.

De­puis 2010, West Rock a em­bau­ché 275 nou­veaux tra­vailleurs, sur les 470 que compte ac­tuel­le­ment l’usine. «75% de notre main d’oeuvre sont des gens de La Tuque », sou­tient M. Be­lisle.

(Pho­to TC Me­dia – Mi­chel Scar­pi­no)

Des en­tre­prises la­tu­quoises sont tou­chées par la pé­nu­rie de main-d’oeuvre dans les en­tre­prises.

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