Tête à tête avec le nou­veau maire de La Tuque

L'Écho de La Tuque - - ACTUALITÉS - PA­TRICK VAILLAN­COURT pa­trick.vaillan­court@tc.tc

Le nou­veau maire de La Tuque Pierre-Da­vid Trem­blay s’est mis en action dès le len­de­main de l’élec­tion du 5 no­vembre pour mettre ses pieds à l’Hô­tel de Ville de La Tuque. « Pour­quoi at­tendre l’as­ser­men­ta­tion de ven­dre­di ? »

« Pour cette pre­mière se­maine de tran­si­tion, j’avais un but et c’était d’uni­fier les gens, af­firme M. Trem­blay. Je vou­lais être ras­sem­bleur dès le dé­part. Les gens me connais­saient un peu en m’ayant vu al­ler lors des conseils d’ag­glo­mé­ra­tion. Je ne ca­che­rais pas que les gens avaient une cer­taine crainte du bon­homme qui s’en ve­nait. J’ai ren­con­tré l’équipe opé­ra­tion­nelle, et jeu­di j’ai ren­con­tré les cadres pour voir les at­tentes et com­ment ils voient les choses. J’au­rais pu en­trer seule­ment le jour de l’as­ser­men­ta­tion, mais pour moi c’était la conti­nui­té avec le 3 oc­tobre lorsque j’ai an­non­cé ma can­di­da­ture. »

Le maire sor­tant Nor­mand Beau­doin n’a pas contac­té son suc­ces­seur à la tête de La Tuque, et n’a pas ef­fec­tué de tran­si­tion. « Je crois que ça lui ap­par­te­nait », opine M. Trem­blay. Mais je suis franc, on n’était pas les plus grands amis du monde, compte te­nu de ce qui s’est pas­sé lors des conseils d’ag­glo­mé­ra­tion.

UNE EX­PÉ­RIENCE QUI FA­CI­LITE LA TRAN­SI­TION

Com­ment M. Trem­blay voit-il le changement du tra­vail de maire de La Bos­ton­nais pour ce­lui de maire de La Tuque? «C’est de trans­po­ser mes connais­sances ac­quises à La Bos­ton­nais ici. Ça m’a per­mis d’en connaître en­core plus sur les pe­tits mi­lieux et leurs dif­fi­cul­tés. Je vois ça comme une fa­mille, le pe­tit frère doit être ai­dé par le grand frère. Pour se dé­ve­lop­per, on a be­soin de tous tra­vailler en com­plé­men­ta­ri­té. Quand j’étais à La Bos­ton­nais, on était des ou­bliés. Ça ne tra­vaillait pas en sy­ner­gie. La fa­mille était di­vi­sée. Je vou­drais que les res­sources du grand frère puissent aus­si ser­vir aux pe­tits frères. La Tuque tra­vaillait trop en vase clos, et je veux faire écla­ter ça. »

Je ne suis pas un po­li­ti­cien, je suis quel­qu’un qui fait de la po­li­tique. »

M. Trem­blay parle de La Bos­ton­nais et de Lac-Édouard, mais il évoque aus­si qu’il s’agit des mêmes pré­oc­cu­pa­tions pour les ré­si­dents du Lac-à-Beauce, de La Croche ou de Parent, tout en n’ou­bliant pas les Ati­ka­mekws.

Sa car­rière dans le monde po­li­cier le rend à l’aise dans cette tran­si­tion à la mairie de La Tuque. « En étant im­pli­qué au sein du syn­di­cat des po­li­ciers de Mon­tréal, on avait un bud­get de 22 M$, ce qui peut s’ap­pa­ren­ter au bud­get de La Tuque. J’avais 10 800 membres au sein du syn­di­cat dans le vo­let as­su­rance ser­vices. C’est à peu près les mêmes ser­vices à gé­rer com­pa­ra­ti­ve­ment à une po­pu­la­tion », es­time le pre­mier ma­gis­trat.

LE BUD­GET, LA PRIO­RI­TÉ

M. Trem­blay af­firme qu’il s’est gar­dé de l’es­pace sur le pro­chain bud­get, puisque ce se­ra la prio­ri­té pour son en­trée en poste. « Je ne vou­lais pas que le nou­veau conseil ar­rive en place avec un bud­get dé­jà dé­ci­dé d’avance. La po­pu­la­tion est très in­quiète par rap­port à la dette et aux taxes. C’est pour­quoi il faut avoir de l’es­pace pour re­don­ner une cré­di­bi­li­té à l’ad­mi­nis­tra­tion pu­blique au cours de la pro­chaine an­née. »

Le maire avance une dette nette de plus de 40 M$ pour La Tuque, et il veut s’y at­ta­quer. Se­lon lui, l’im­pact de la dette sur le bud­get an­nuel­le­ment est de 4 à 5M$. «Le gou­ver­ne­ment a cou­pé dans le pacte fis­cal et à La Tuque ça re­pré­sente 1,3 M$ qu’on est in­ca­pable de rat­tra­per. On de­vra for­mer un co­mi­té spé­cial pour faire des re­pré­sen­ta­tions au­près du gou­ver­ne­ment. Pour l’ins­tant, il n’y a pas de so­lu­tion, mais il faut en trouver. »

MAIRIE.

LE NOU­VEAU CONSEIL

Un large sou­rire s’af­fiche sur le vi­sage de M. Trem­blay lors­qu’il parle de l’élec­tion des conseillers qui forment le conseil mu­ni­ci­pal. « Si j’avais rê­vé d’un conseil mu­ni­ci­pal, ça se­rait ce­lui-là ! J’ai de­man­dé aux deux conseillers en place qui ont été élus d’être des men­tors et de don­ner l’exemple aux autres. Je veux qu’on tra­vaille pour l’en­semble plu­tôt que sur les prio­ri­tés des sec­teurs. J’ap­pré­cie le vo­let fé­mi­nin que nous au­rons qui pour­ra don­ner une cer­taine fi­nesse. De son cô­té, M. Cha­gnon à Parent est un fo­res­tier alors on va mettre ses connais­sances à pro­fit. Puis M. Man­tha s’est in­ves­ti dans le sport avec une bonne ca­pa­ci­té d’ana­lyse. Nous avons des gens de tous les mi­lieux. »

LES FUITES COM­MER­CIALES

De­puis des dé­cen­nies, le dos­sier des fuites com­mer­ciales re­vient sur la table. Com­ment est-il pos­sible de frei­ner ces fuites ?

« Per­sonne n’a de so­lu­tion ma­gique. Mais si je peux don­ner des exemples : il n’y a au­cun com­merce pour ha­biller les jeunes en­fants et per­sonne ne peut ai­gui­ser une paire de pa­tins ici. Mais est-ce à la Ville de s’oc­cu­per de ça ? Non. La Ville peut être fa­ci­li­tante. Je ne peux pas don­ner des di­rec­tives aux com­mer­çants de res­ter ou­vert sur l’heure du di­ner et les fins de se­maine. Mais on peut se conscientiser. Il existe quatre grands sec­teurs pour l’em­ploi : l’usine, l’hô­pi­tal, Hy­dro-Qué­bec, et le monde fo­res­tier. Ces gens-là doivent ache­ter lo­cal. Mais les be­soins doivent être connus. Est-ce qu’on a vrai­ment at­teint le fond du ba­ril ? Je pense que oui, donc il est temps qu’on se prenne en main. »

(Photo L’Écho de La Tuque– Pa­trick Vaillan­court)

Pierre-Da­vid Trem­blay.

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