UNE DIS­CUS­SION À COEUR OU­VERT

La Liberté - Le Réveil - - LA UNE - Bai­ley PALAMAR ae­me­dias@mo­nusb.ca

«C’Par­fois, lors d’une si­tua­tion dif­fi­cile dans la vie, c’est fa­cile de se sen­tir seul, comme si per­sonne d’autre au monde ne vi­vait la même si­tua­tion. C’est ce qu’un co­mi­té à l’Uni­ver­si­té de Saint-Bo­ni­face (USB) conteste dans le cadre d’un pro­jet : un ca­hier de Noël de té­moi­gnages qui viennent d’ai­dants na­tu­rels qui aident des per­sonnes ayant des han­di­caps. Ce ca­hier spé­cial se­ra pu­blié dans le jour­nal La Li­ber­té le 13 dé­cembre pro­chain.

est l’amour, dans le fond, c’est l’amour qui parle », af­firme Chris­tian Vio­ly, pro­fes­seur à l’USB, en par­lant des ai­dants na­tu­rels. « Sans l’amour, je ne pense pas qu’on peut al­ler aus­si loin. »

Un co­mi­té for­mé de trois em­ployés de l’USB, John Fer­rer, Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen et Chris­tian Vio­ly, est en train de ré­col­ter des té­moi­gnages de per­sonnes qui aident d’autres ayant des han­di­caps.

« Ce qu’on voit le plus, ce sont des gens han­di­ca­pés ou dif­fé­rents, mais on ne rend ja­mais hom­mage aux gens qui les ac­com­pagnent », ex­plique M. Fer­rer par rap­port au choix du thème pour le ca­hier de cette an­née. « On ne les voit ja­mais ces gens-là et pour­tant ils font beau­coup de sa­cri­fices et, en fait, c’est une fa­çon de leur rendre hom­mage, de les re­mer­cier. »

D’après les conver­sa­tions avec les membres du co­mi­té, il est clair que le thème des ai­dants na­tu­rels en est un qu’ils tiennent à coeur. C’est un su­jet qui les touche tous per­son­nel­le­ment, d’une fa­çon ou d’une autre. M. Fer­rer a un fils at­teint d’une ma­la­die gé­né­tique, Mme Arent­sen a un frère tri­so­mique et M. Vio­ly ai­dait sa belle-fa­mille quand sa pe­tite nièce était très ma­lade.

Le co­mi­té a été for­mé en aout 2017. M. Fer­rer et Mme Arent­sen ont com­men­cé à dis­cu­ter du thème pour le ca­hier de Noël, et après ils ont ap­pro­ché M. Vio­ly pour les joindre. Main­te­nant, ils ré­col­te­ront des té­moi­gnages jus­qu’à la mi-no­vembre pour que le ca­hier soit prêt à temps.

Dans les té­moi­gnages, il y a beau­coup de di­ver­si­té dans ce que les per­sonnes ont vé­cu et même leurs fa­çons de pré­sen­ter leurs his­toires. Une grande par­tie des té­moi­gnages des ai­dants na­tu­rels font ré­fé­rence au cadre fa­mi­lial, mais il y en a un ou deux qui portent sur le cadre ami­cal. Il y a des té­moi­gnages qui dé­crivent une ex­pé­rience plu­tôt étape par étape, cer­tains sont plus poé­tiques et d’autres sont ano­nymes. Peu im­porte le style, il y a un as­pect qui y re­vient : cha­cun reste au­then­tique, « pour que la per­sonne, quand elle le lise, elle se re­con­naisse à l’in­té­rieur », ex­plique M. Vio­ly. « Il faut vrai­ment que ça soit son texte. » C’est-à-dire que le sens et le ton ne se­ront pas chan­gés lors de la ré­vi­sion, il y au­ra seule­ment de pe­tites mo­di­fi­ca­tions telles qu’ajou­ter une vir­gule ici et là.

Le co­mi­té dé­sire vrai­ment « que ce soit presque une dis­cus­sion entre la per­sonne qui lit et la per­sonne qui l’a écrit », af­firme M. Fer­rer. « Donc, on veut vrai­ment que ce soit in­ter­ac­tif en fait et on veut que le lec­teur se sente concer­né. »

Deux sont les grands ob­jec­tifs du ca­hier : que les lec­teurs prennent le temps de le lire jus­qu’à la der­nière ligne et prennent conscience qu’il peut ar­ri­ver à n’im­porte qui d’être at­teint d’un han­di­cap ou de de­ve­nir ai­dant na­tu­rel.

« Le mes­sage qu’on veut faire pas­ser en écri­vant cet ar­ticle, c’est qu’on veut, d’une part, que les gens soient at­ten­tifs à ce su­jet, qu’ils prennent le temps de le lire… et la se­conde chose qu’on veut mettre en re­lief est qu’il y a des gens comme ceux-là qui existent, oui, il y a des per­sonnes han­di­ca­pées, mais il y a des gens aus­si qui peuvent souf­frir à cause de ce­la, qui peuvent de­voir mettre aus­si leur car­rière ou leurs études en sus­pens pour s’oc­cu­per de ces gens-là », ra­conte M. Fer­rer.

Ce n’est pas la pre­mière fois que l’USB fait des ca­hiers de Noël. Un ca­hier a été pu­blié en hi­ver 2014, et en hi­ver 2015, Lise Ga­bou­ry-Dial­lo, pro­fes­seure à l’Uni­ver­si­té, Mme Arent­sen et M. Vio­ly en ont pu­blié un autre au su­jet des per­sonnes qui avaient vé­cu des si­tua­tions dif­fi­ciles.

De plus, le co­mi­té sou­ligne qu’il y a une nouveauté au ca­hier de Noël de cette an­née. La ma­jo­ri­té des té­moi­gnages se­ront ac­com­pa­gnés de di­vers types d’images, par exemple des des­sins, des oeuvres d’art et des pho­tos, ce qui leur ajou­te­ra une autre di­men­sion.

Le ca­hier de Noël est un vrai pro­jet com­mu­nau­taire, car la plu­part des té­moi­gnages viennent de per­sonnes qui fré­quentent l’USB ou y tra­vaillent. De plus, le co­mi­té est très re­con­nais­sant du sou­tien du jour­nal La Li­ber­té pour leur don­ner la li­ber­té de créa­tion sans filtres et pour leur ou­ver­ture d’es­prit par rap­port au su­jet. Aus­si, en tra­vaillant sur le ca­hier, le co­mi­té est de­ve­nu très uni. « Il y a un lien qui s’est dé­ve­lop­pé entre nous trois », dit M. Fer­rer.

Ce ca­hier est une conti­nua­tion du dia­logue sur le fait que le han­di­cap et les ai­dants na­tu­rels sont par­tout, que per­sonne n’est seul. Comme M. Vio­ly l’a bien ré­su­mé :

« C’est ça le but au dé­part, c’est de mon­trer que les gens ne sont pas seuls à vivre des si­tua­tions. » ◗

COM­MU­NAU­TAIRE

Pho­to : Bai­ley Palamar

Le co­mi­té du ca­hier de Noël : de gauche à droite, John Fer­rer, Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen et Chris­tian Vio­ly.

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