La zoo­thé­ra­pie et ses ap­pli­ca­tions

La Liberté - Le Réveil - - VIE ÉTUDIANTE - Sé­bas­tien PEL­LE­TIER ae­me­dias@mo­nusb.ca

Per­son­nel­le­ment, lorsque je fais face à une si­tua­tion stres­sante pour la­quelle je dois gé­rer mon stress, et que j’ai de la dif­fi­cul­té à le faire, je me tourne, comme plu­sieurs autres ama­teurs d’ani­maux de com­pa­gnie, vers mon fi­dèle com­pa­gnon, mon chien Gim­li. In­ter­agir avec Gim­li, et même sa seule pré­sence, est pour moi une grande source de joie et de ré­con­fort. Ce phé­no­mène est, en fait, peu sur­pre­nant lors­qu’on consi­dère qu’il est prou­vé et dé­mon­tré par la com­mu­nau­té scien­ti­fique que l’in­ter­ac­tion avec les ani­maux a des ver­tus thé­ra­peu­tiques.

On peut, en ef­fet, ob­ser­ver l’uti­li­sa­tion d’ani­maux thé­ra­peu­tiques dans plu­sieurs mi­lieux, tels que les hô­pi­taux, les centres pour per­sonnes âgées et les aé­ro­ports, pour en nom­mer quelques-uns. Dans le contexte des aé­ro­ports, par exemple, les pro­ces­sus de sé­cu­ri­té, d’at­tente et d’em­bar­que­ment sont pour plu­sieurs pas­sa­gers des exer­cices très stres­sants. Cer­tains aé­ro­ports, comme ce­lui de San Jo­sé en Ca­li­for­nie, ont éla­bo­ré un pro­gramme de chiens thé­ra­peu­tiques vi­sant à al­lé­ger l’an­xié­té des pas­sa­gers les plus ner­veux. Ces pro­grammes se sont avé­rés et de­meurent à ce jour un grand suc­cès au­près de la clien­tèle qui, dé­sor­mais, ne peut se pas­ser de la pré­sence et de cette af­fec­tion ca­nine.

Cer­tains col­lèges et uni­ver­si­tés, comme l'Uni­ver­si­té de Wa­shing­ton, ont éga­le­ment mis en place des pro­grammes qui in­vitent les étu­diants à pas­ser du temps avec des chiens de thé­ra­pie sur le cam­pus, sou­vent lors de la pé­riode des exa­mens de mi­ses­sion ou fi­nals pour les ai­der à se dé­tendre et à ré­duire leur stress. La plu­part des étu­diants ayant in­ter­agi avec ces chiens af­firment que cette ex­pé­rience peut être très sti­mu­lante, sur­tout pour ceux qui pos­sèdent leurs propres ani­maux de com­pa­gnie à la mai­son

Alors que la ma­jo­ri­té des pro­prié­taires d’ani­maux de com­pa­gnie s’en­tendent pour dire que leur ani­mal est une source de ré­con­fort et de joie, la plu­part des gens sont gé­né­ra­le­ment peu conscients des bé­né­fices que les ani­maux pro­curent aux hu­mains. Dans l’op­tique de re­mé­dier à cette si­tua­tion, re­gar­dons de plus près la thé­ra­pie par les ani­maux et ses ap­pli­ca­tions thé­ra­peu­tiques, ap­pe­lée zoo­thé­ra­pie.

fa­mi­liale, mais qui ne sont pas en me­sure de les voir ré­gu­liè­re­ment.

De plus, les ani­maux thé­ra­peu­tiques peuvent ai­der les gens à se re­mettre de maux phy­siques et de trau­ma­tismes émo­tion­nels. Cer­taines or­ga­ni­sa­tions tra­vaillent à la fois lo­ca­le­ment et in­ter­na­tio­na­le­ment pour en­voyer des ani­maux thé­ra­peu­tiques dans des zones tou­chées par des tra­gé­dies. The­ra­py Dogs In­ter­na­tio­nal (TDI) a mis en place un pro­gramme aux États-Unis nom­mé Di­sas­ter Stress Re­lief Dogs (DSRD). Cet or­ga­nisme a ré­pon­du à de nom­breuses tra­gé­dies, telles que les at­taques du 11 sep­tembre 2001, l’ou­ra­gan Ka­tri­na ain­si que l’at­ten­tat à la bombe lors du ma­ra­thon de Bos­ton en 2013, en en­voyant des équipes de vo­lon­taires ac­com­pa­gnées de leurs chiens pour of­frir de l’aide aux vic­times.

Une re­cherche de l’Uni­ver­si­té du Mis­sou­ri à Co­lum­bia, di­ri­gée par la doc­teure Re­bec­ca John­son et son col­la­bo­ra­teur Ri­chard Mea­dows, a dé­mon­tré que l’in­ter­ac­tion avec les chiens et l’ac­tion de les flat­ter fa­vo­risent la sé­cré­tion de sé­ro­to­nine, de pro­lac­tine et d’ocy­to­cine, toutes des hor­mones jouant un rôle ma­jeur dans l’amé­lio­ra­tion de l’hu­meur. De plus, cette in­ter­ac­tion ré­dui­rait la so­li­tude, en plus d’aug­men­ter la sti­mu­la­tion men­tale, ce qui ai­de­rait au rap­pel de sou­ve­nirs et au sé­quen­ce­ment d'évè­ne­ments tem­po­rels chez les pa­tients souf­frant de bles­sures cé­ré­brales ou de la ma­la­die d’Alz­hei­mer.

L’al­lé­ge­ment de cer­tains symp­tômes phy­siques est éga­le­ment ob­ser­vable, par exemple, la ré­duc­tion de la ten­sion ar­té­rielle et l’amé­lio­ra­tion de la san­té car­dio­vas­cu­laire. L’Ame­ri­can Heart As­so­cia­tion (AHA) a dé­mon­tré par une re­cherche au­près de 76 pa­tients souf­frant d’in­suf­fi­sance car­diaque que leur stress di­mi­nuait de 10 % après des vi­sites d’équipes vo­lon­taires. Ce­pen­dant, cette di­mi­nu­tion se chif­frait à 24 % lors­qu’un chien thé­ra­peu­tique les ac­com­pa­gnait.

Les don­nées em­pi­riques ap­puient donc l’uti­li­sa­tion de la zoo­thé­ra­pie dans plu­sieurs scé­na­rios et pour dif­fé­rentes rai­sons. Elle a été uti­li­sée dans le cadre de pro­blèmes d’at­ten­tion et de concen­tra­tion, de dé­pré­cia­tion de soi, de dé­pres­sion, de so­li­tude et d’iso­le­ment. L’in­ter­ac­tion avec les ani­maux do­mes­tiques offre donc des bé­né­fices pour la san­té men­tale et phy­sique des hu­mains. La zoo­thé­ra­pie est aus­si un bon point de dé­part lorsque cer­tains pro­blèmes sur­gissent et sert de com­plé­ment à des thé­ra­pies plus tra­di­tion­nelles.

La ques­tion est dé­sor­mais de sa­voir si l’uti­li­sa­tion de la zoo­thé­ra­pie pren­dra de l’am­pleur ou si les gens la re­jet­te­ront hâ­ti­ve­ment comme une forme de trai­te­ments al­ter­na­tifs qui ne fonc­tionne pas. ◗

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