Dans l’es­prit de Louis Riel

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L’af­faire Da­niels. L’af­faire Pow­ley. Mais sur­tout, le cas des terres pro­mises aux Mé­tis.

Les vic­toires suc­ces­sives de­vant la Cour su­prême du Ca­na­da ont pa­vé la voie vers l’éta­blis­se­ment du gou­ver­ne­ment au­to­nome au­quel as­pire la Fé­dé­ra­tion Mé­tisse du Ma­ni­to­ba.

La FMM est le re­pré­sen­tant gou­ver­ne­men­tal au­to­nome des Mé­tis du Ma­ni­to­ba, son ca­bi­net com­prend un pré­sident et 22 mi­nistres, ain­si que 140 re­pré­sen­tants de sec­tions lo­cales. « Notre gou­ver­ne­ment au­to­nome mé­tis est en tran­si­tion vers un troi­sième pa­lier de gou­ver­ne­ment confor­mé­ment à l’ar­ticle 35 de la Cons­ti­tu­tion ca­na­dienne. Cette re­con­nais­sance nous per­met­tra de mieux cer­ner les pro­blé­ma­tiques et les as­pi­ra­tions des Mé­tis du Ma­ni­to­ba sans l’in­gé­rence des autres pa­liers de gou­ver­ne­ment », dé­taille Al Be­noit, conseiller prin­ci­pal et di­rec­teur de ca­bi­net de la FMM.

« Notre gou­ver­ne­ment est donc ac­tuel­le­ment en cours de tran­si­tion vers un gou­ver­ne­ment au­to­nome. À l’heure ac­tuelle, nous agis­sons comme tel, mais se­lon les prio­ri­tés fixées par les autres pa­liers de gou­ver­nance, le Fé­dé­ral et le Pro­vin­cial. De­ve­nir un troi­sième pa­lier de gou­ver­nance en propre nous per­met­trait d’iden­ti­fier les pro­blé­ma­tiques et les as­pi­ra­tions du peuple Mé­tis, et d’y ré­pondre di­rec­te­ment. »

Pour par­ve­nir à cette au­to­dé­ter­mi­na­tion, suite lo­gique de l’évo­lu­tion de la FMM, il s’agit dé­sor­mais de né­go­cier le pro­ces­sus per­met­tant d’ac­qué­rir la re­con­nais­sance, pro­té­gée se­lon la sec­tion 35 de la Cons­ti­tu­tion.

« Ce­la nous per­met­tra de ne plus dé­pendre des chan­ge­ments po­li­tiques qui peuvent in­ter­ve­nir au sein des autres pa­liers de gou­ver­ne­ments, et de por­ter la voix des in­té­rêts des ci­toyens mé­tis sur un même pied d’éga­li­té », re­prend Al Be­noit.

No­tam­ment en ce qui concerne la sta­bi­li­té fi­nan­cière du fu­tur gou­ver­ne­ment mé­tis : « Nous n’au­rons plus à dé­pendre du bon vou­loir po­li­tique en ma­tière d’al­lo­ca­tion de bud­gets et de fi­nan­ce­ments, mais nous se­rons en me­sure de dé­ter­mi­ner com­ment notre part d’im­pôts se­ra re­dis­tri­buée, en fonc­tion des be­soins des Mé­tis. »

La voie vers un sys­tème axé sur les ci­toyens mé­tis est donc ou­verte. Pour le gou­ver­ne­ment du pré­sident Chartrand, il s’agit ici de te­nir une pro­messe faite il y a 20 ans, lors de son élec­tion. Mais au-de­là, il s’agit de ra­vi­ver la flamme al­lu­mée par Louis Riel et le peuple mé­tis de la Ri­vière Rouge, qui avant son en­trée dans la Con­fé­dé­ra­tion, était dé­jà consti­tué en gou­ver­ne­ment, libre et in­dé­pen­dant.

Un juste re­tour des choses, en somme.

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