Le feu sa­cré des Fleury The Fleury fa­mi­ly's sa­cred fire

La Liberté - Tisser Ensemble - - Nouvelles -

Si l’As­sem­blée gé­né­rale an­nuelle est l’oc­ca­sion de faire le point sur les dos­siers qui mo­bi­lisent la FMM, c’est aus­si un mo­ment unique pour ho­no­rer les femmes et les hommes qui ont tis­sé son his­toire. Une his­toire dont la fa­mille Fleury fait in­dé­nia­ble­ment par­tie.

Il avance d’un pas me­su­ré. Tend l’oreille lorsque vous lui adres­sez la pa­role. Et parle d’une voix qui tremble, un peu, par­fois. Mais ne vous fiez ni aux rides qui en­cadrent son vi­sage, ni à la do­mi­nante grise de sa che­ve­lure soi­gneu­se­ment pei­gnée. Car le re­gard per­çant de l’An­cien George Fleury dit tout le reste, et plus en­core. Il dit les sou­ve­nirs in­tacts, et la flamme tou­jours vive. Celle qui l’a gui­dé de­puis 82 ans main­te­nant : la flamme mé­tisse.

C’est elle qui le fait se te­nir droit, à chaque cé­ré­mo­nie de la FMM, pour ré­ci­ter les prières d’ou­ver­ture en Mi­chif, sa « langue du coeur », comme il dit. Cette flamme, elle s’est al­lu­mée en 1935 dans la com­mu­nau­té mé­tisse de Sain­teMa­de­leine. « C’était une époque très dure pour les Mé­tis, les Noires an­nées 1930 (Dir­ty Thir­ties pour la tra­duc­tion). Et en 1938 il a été dé­ci­dé que le vil­lage se­rait dé­truit pour en faire des pâ­tu­rages. Nos mai­sons ont été brû­lées, et au­jourd’hui il ne reste plus rien de Sainte-Ma­de­leine. Ce n’est qu’un nom dans l’his­toire. » La fa­mille de George Fleury n’a alors d’autre choix que de se dé­pla­cer, ici et là, au gré des pos­si­bi­li­tés de tra­vail. « Moi-même, à 15 ans, j’ai com­men­cé à tra­vailler de ferme en ferme. J’ai été un va­ga­bond jus­qu’à ce que je me ma­rie en 1957, et que je m’éta­blisse à Min­ne­do­sa pour y éle­ver ma fa­mille. Mais tout au long de ces an­nées, mon re­père, mon phare, c’était ma culture mé­tisse. Mes ra­cines, fi­na­le­ment, c’était ma seule pos­ses­sion. Parce qu’en dé­pit de tout ce que ce­la leur a coû­té, ma fa­mille a tou­jours por­té fiè­re­ment son hé­ri­tage mé­tis. » Au­jourd’hui, George Fleury a per­du ses grands-pa­rents, ses pa­rents, ses frères, ses soeurs, qui sont tous en­ter­rés sur les terres de ce qui a été un jour Sainte-Ma­de­leine. Mais la flamme conti­nue de briller. Son his­toire, il l’a écrite dans un livre, Pre­ser­ving Our Past, qui vient de pa­raître. Et elle s’ins­crit sur­tout en lettres ca­pi­tales dans cette MMF qu’il a ai­dée à fon­der. Ce mi­nistre du Tra­vail et de la For­ma­tion, qui parle avec fer­veur de la cause mé­tisse à la tri­bune? C’est son fils, John Fleury. Et ce jeune homme au gi­let bro­dé, au bras du­quel George Fleury s’ap­puie avec ten­dresse? C’est son ar­rière-pe­tit-fils, Hay­den Li­ber­ty. Le flam­beau n’est pas près de s’éteindre.

While the An­nual Ge­ne­ral As­sem­bly is a chance to dis­cuss key is­sues for the MMF, it is al­so a unique op­por­tu­ni­ty to ho­nour the men and wo­men who have sha­ped its his­to­ry; a his­to­ry in which the Fleury fa­mi­ly has played an in­te­gral part.

He walks cau­tious­ly and leans for­ward to hear what you have to say. His voice so­me­times qui­vers a bit. But you hard­ly no­tice the deep creases fra­ming his face or the pre­do­mi­nance of grey in his ca­re­ful­ly com­bed hair. El­der George Fleury's pier­cing gaze says it all, and more. It's proof that his me­mo­ries re­main in­tact and that the Mé­tis flame that has gui­ded him for the past 82 years is still bur­ning bright.

It is that flame that makes him stand tall at eve­ry MMF ce­re­mo­ny to re­cite the ope­ning prayers in Mi­chif, what he calls "his lan­guage of the heart."

The flame was lit in 1935 in the Mé­tis com­mu­ni­ty of Ste. Ma­de­leine. "The 'Dir­ty Thir­ties' was a ve­ry dif­fi­cult per­iod for the Mé­tis. In 1938, the de­ci­sion was made to des­troy the vil­lage to create com­mu­ni­ty pas­tures. Our homes were bur­ned to the ground. Ste. Ma­de­leine is now just a me­mo­ry, a name in his­to­ry."

George Fleury’s fa­mi­ly had no choice but to move, here and there, loo­king for work. "When I was 15, I be­gan wor­king from farm to farm. I was a drif­ter un­til I mar­ried in 1957, and set­tled in Min­ne­do­sa to raise my fa­mi­ly. But th­rough all those years, my Mé­tis culture was my re­fe­rence, my bea­con. Be­cause all I real­ly had were my roots. Des­pite eve­ry­thing it cost them, my fa­mi­ly was al­ways ex­tre­me­ly proud of its Mé­tis heritage."

George Fleury has now lost his grand­pa­rents, pa­rents, bro­thers and sis­ters, all of whom are bu­ried on the land of what once was Ste. Ma­de­leine. But the flame still burns. Fleury has put his sto­ry in­to a book, Pre­ser­ving Our Past, which has just been pu­bli­shed.

That his­to­ry is al­so writ­ten in ca­pi­tal let­ters in the MMF that George hel­ped found. The Mi­nis­ter of Mé­tis Em­ploy­ment and Trai­ning spea­king pas­sio­na­te­ly about the Mé­tis cause from the po­dium? That's his son, John Fleury. And that young man with the em­broi­de­red vest on whose arm George Fleury ten­der­ly leans is his great-grand­son, Hay­den Li­ber­ty. The flame is far from being ex­tin­gui­shed.

HAY­DEN LI­BER­TY GEORGE FLEURY

JOHN FLEURY

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