Au tour de l’olympienne d’en­cou­ra­ger

Re­trai­tée du tri­ath­lon après un par­cours qui l’a ame­née jus­qu’aux Jeux olym­piques à Rio, Sa­rah-Anne Brault en­vi­sage une car­rière dans le monde des fi­nances. L’an­cienne Bo­ni­fa­cienne cherche tou­te­fois à ap­puyer les ath­lètes, grâce à son poste à Tri­ath­lon Ca

La Liberté - - SPORT - Da­niel BAHUAUD re­dac­tion@la-li­berte.mb.ca

Quit­ter le tri­ath­lon, c’était dif­fi­cile?

S-A B. Ab­so­lu­ment. J’ai pris du temps pour bien y ré­flé­chir, à mon re­tour des Jeux olym­piques de Rio en 2016. J’étais à un car­re­four : Est-ce que je m’ar­rê­tais là, ou est-ce que je me pré­pa­rais pour les Jeux olym­piques de

To­kyo en 2020? Tran­cher en fa­veur de To­kyo au­rait exi­gé un en­ga­ge­ment de quatre ans. C’était beau­coup. Sur­tout qu’en 2020, j’au­rai 30 ans. Per­for­mer à ce haut ni­veau à cet âge, c’est de­man­der beau­coup à son corps.

Votre contre-per­for­mance à Rio a in­fluen­cé cette dé­ci­sion?

S-A B. Un peu, sans doute. En 2014, j’ai ter­mi­né en 4e place à la Sé­rie mon­diale de tri­ath­lon à Au­ck­land, en Nou­velle-Zé­lande. À Rio, j’ai ter­mi­né en 42e place, lar­ge­ment contre les mêmes ath­lètes. J’avais su­bi une bles­sure au pied avant d’ar­ri­ver à Rio. J’avais réus­si à me qua­li­fier pour les Jeux, mais j’avais man­qué quelques se­maines d’en­traî­ne­ment. Le plus grand dé­fi était men­tal, et émo­tion­nel. Il fal­lait dé­mon­trer à Tri­ath­lon Ca­na­da que j’étais as­sez en forme pour par­ti­ci­per. C’était un stress. Je suis donc ar­ri­vée à Rio avec beau­coup qui me pe­sait dans la pen­sée. Ce n’était pas une si­tua­tion idéale.

Ce n’est pas tout le monde qui par­ti­cipe aux Jeux olym­piques…

S-A B. En ef­fet! Et à part ma per­for­mance, j’étais tout à fait ra­vie d’être à Rio. J’ai pu ren­con­trer les ath­lètes ca­na­diens qui évo­luent dans d’autres dis­ci­plines. La plu­part du temps, on tra­vaille en si­lo. À Rio, on a for­gé un vrai es­prit d’équipe. On était fiers de re­pré­sen­ter le Ca­na­da.

Rio, c’était aus­si une af­faire de fa­mille. Mes pa­rents, Syl­vie De Serres et Da­vid Brault, et mon frère Charles, étaient de la par­tie, pour par­ta­ger les hauts et les bas avec moi. De plus, deux amis tri­atho­lo­nistes ma­ni­to­bains, Tre­vor Pen­ner et Jo­shua Drad, s’y sont ren­dus. Ils m’avaient pro­mis que si ja­mais je me ren­dais aux Jeux olym­piques qu’ils se dé­pla­ce­raient pour m’en­cou­ra­ger. Avant de voir leurs billets d’avion, je ne les au­rais ja­mais crus!

Vos pa­rents vous ont don­né la pi­qûre du tri­ath­lon…

S-A B. C’est très vrai! On fai­sait du cam­ping à Saint-Ma­lo et au Mont Ri­ding où, comme par ha­sard, il y avait des tri­ath­lons non-com­pé­ti­tifs pour les trois à 15 ans, les Kids of Steel. J’avais neuf ans, et j’ai­mais ça. Je na­geais dé­jà avec les Ma­ni­to­ba Mar­lins.

Et le cô­té course à pied?

S-A B. C’est Al­phonse Ber­nard, qui en­traî­nait l’équipe d’athlétisme du Col­lège LouisRiel, qui m’a mis sur la bonne voie. Il était une vé­ri­table ins­pi­ra­tion. Grâce à lui, je suis al­lée faire de l’athlétisme en 2012 au Col­lege of Bu­si­ness and Eco­no­mics de la West Vir­gi­nia Uni­ver­si­ty. J’en ai pro­fi­té pour faire un pre­mier cycle d’études en éco­no­mie.

Com­ment s’est im­po­sé à vous le tri­ath­lon?

S-A B. C’est Ga­ry Pal­lett, du Ma­ni­to­ba Na­tio­nal Trai­ning Centre, qui m’a re­pé­rée, à l’âge de 15 ans. Il était im­pres­sion­né par mes temps de course et en na­ta­tion. Il m’avait dit : Achè­te­toi un vé­lo et viens-t-en! En 2006, j’ai par­ti­ci­pé au duath­lon mon­dial élite-ju­nior au Ca­na­da et au tri­ath­lon mon­dial éli­te­ju­nior à Lau­sanne, en Suisse.

J’ai ado­ré le tri­ath­lon. Comme ac­ti­vi­té et pour ce que j’ai pu faire grâce à ce sport. Je me suis ren­due par­tout dans le monde. J’ai pu m’im­mer­ger dans la culture his­pa­no­phone en Ar­gen­tine et au Chi­li. Vrai­ment, c’était ex­tra­or­di­naire. Je quitte le tri­ath­lon heu­reuse.

Et main­te­nant, vous voi­là au CA de Tri­ath­lon Ca­na­da…

S-A B. Les ath­lètes m’ont élue pour être leur voix au CA. Je suis contente de pou­voir ap­por­ter cette pers­pec­tive. Tri­ath­lon Ca­na­da connaît un rou­le­ment énorme, et ne dis­pose pas de beau­coup d’argent. Pour ces rai­sons, la mé­moire col­lec­tive de la boîte n’est pas bien longue. Sou­vent, des cri­tères, des pe­tits rè­gle­ments changent. Or les ath­lètes ont be­soin d’une cer­taine conti­nui­té, d’un ap­pui pra­tique : Com­ment qua­li­fier pour ma pro­chaine com­pé­ti­tion? Que se­ra mon choix d’en­traî­neurs? Qui va m’ai­der à les trou­ver? Voi­là le genre de ques­tions qu’ils se posent. Il faut les en­cou­ra­ger da­van­tage.

Que ré­serve l’ave­nir à Sa­rah-Anne Brault?

S-A B. Je termine ma maî­trise en fi­nances à McGill. J’ai bon es­poir de faire un stage ou d’ob­te­nir un poste à Mont­réal. Les firmes de pla­ce­ment et les en­tre­prises qui gèrent les fonds de pen­sion sont en pleine crois­sance. Et qui sait? Après un peu d’ex­pé­rience dans les grands centres, ce se­rait bien de re­tour­ner vivre à Win­ni­peg. La ville me manque.

Sa­rah-Anne Brault.

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