Notre sanc­tuaire in­té­rieur

La Liberté - - NÉCROLOGIE -

Pen­dant de nom­breuses an­nées, j’as­pi­rais à en­trer chez moi, à éta­blir le contact avec ma source de vie, même si à cette époque de ma vie je ne pou­vais nom­mer ain­si ce que je vi­vais. Quelque chose en moi y fai­sait obs­tacle. Dans mon désar­roi, je sup­pliais Dieu de me ve­nir en aide, même si je le consi­dé­rais comme un sur­veillant dur, prêt à me prendre en dé­faut – image de Dieu vé­hi­cu­lé par mon mi­lieu édu­ca­tif.

Éprou­vant de plus en plus le vide en moi, à cause sur­tout d’un re­gard né­ga­tif sur moi, j’ai ré­so­lu de me prendre en main. Ce fut un long par­cours.

Dans un pre­mier temps, en cher­chant à me connaitre, j’ai pris conscience qu’une grave bles­sure de mon en­fance me re­te­nait à la sur­face de moi­même; elle fai­sait écran pour m’em­pê­cher de des­cendre vers la pro­fon­deur de mon être. Par la suite, ap­pre­nant à po­ser un re­gard po­si­tif sur moi­même, je me sen­tais as­pi­ré vers le fond de moi. À me­sure que je ris­quais la des­cente, mal­gré les nom­breux obs­tacles de la route, je me dé­cou­vrais dans un es­pace de vie très vaste et plein de pro­messe. C’est dans ce sanc­tuaire in­té­rieur que j’ai ren­con­tré Dieu. Il avait alors sur moi un re­gard plein de bon­té et de ten­dresse. Mal­gré toutes mes failles, je me re­con­nais­sais hum­ble­ment comme son en­fant bien­ai­mé. De­puis, j’ha­bite ce lieu en moi, sup­pliant constam­ment Dieu de me trans­for­mer pour de­ve­nir de plus en plus ce­lui que je suis sous son re­gard. Je suis le plus heu­reux des hommes; j’ai trou­vé l’es­sen­tiel. Il m’est agréable de le par­ta­ger avec tous ceux et celles qui se voient in­ter­pe­lés à en­tre­prendre sem­blable par­cours.

Sa­vez­vous, vous qui me li­sez, qu’il y a un ma­gni­fique sanc­tuaire en cha­cun de vous? Nous sommes tous ap­pe­lés à des­cendre au fond de nous pour y dé­cou­vrir la beau­té de ce que nous sommes au re­gard de Dieu et ce à quoi il nous ap­pelle. Étant bien ins­tal­lés dans une cer­taine fa­çon de vivre, le chan­ge­ment que sous­en­tend la des­cente en nous nous fait peur et nous re­tient par consé­quent à la sur­face de nous­mêmes. Puis, il y a la pres­sion des condi­tion­ne­ments ex­té­rieurs ve­nus de notre fa­mille, de notre mi­lieu de tra­vail, de notre contexte so­cial axé sur la consom­ma­tion à ou­trance. Il y a aus­si nos bles­sures que nous met­tons beau­coup d’éner­gie à main­te­nir dans notre sub­cons­cient. À cause d’une crainte de dé­cou­vrir du mau­vais en nous, nous pré­fé­rons nous lais­ser prendre dans le tour­billon de la vie mo­derne. Par­fois nous ar­rive­t­il d’en­tendre un ap­pel sur­gir du fond de nous et de dé­si­rer chan­ger. Nous croyant en­li­sés pour la vie, in­ca­pables de chan­ge­ment, nous le fuyons. Et notre in­sa­tis­fac­tion face à nous­mêmes per­siste, s’am­pli­fie même.

À ceux et celles qui sont tan­nés de tour­ner en rond, qui dé­si­rent ar­dem­ment ti­rer plus de sa­tis­fac­tion de leur vie ou qui cherchent à prendre contact avec leur vrai moi, per­met­tez­moi de vous pro­po­ser, non pas un truc, mais une dé­marche simple et ef­fi­cace.

Pre­nez quelques mi­nutes chaque jour, en si­lence. Faire taire tous les bruits, ceux de l’in­té­rieur comme ceux de l’ex­té­rieur, est un sa­lu­taire ap­pren­tis­sage. Per­sé­vé­rez même si, au dé­part, il ne semble n’y avoir que du né­ga­tif à pa­raitre. Avec beau­coup de sim­pli­ci­té et d’hu­mi­li­té, dites et re­dites alors à Dieu : « Viens­moi en aide, je t’en sup­plie. Tu sais mieux que moi mon grand dé­sir de dé­cou­vrir le vrai moi et de te ren­con­trer… » Votre prière de­vien­dra de plus en plus celle du pauvre qui n’a au­cun pou­voir sur sa vie. Elle vous ai­de­ra à lâ­cher prise, à re­mettre tous les contrôles que vous main­te­nez sur votre vie entre les mains de Ce­lui qui peut tout.

La des­cente peut pa­raitre longue, même dé­cou­ra­geante bien sou­vent. Si vous fai­blis­sez, re­pre­nez­vous sans vous ju­ger. Por­tez tou­jours at­ten­tion aux pe­tites réus­sites plu­tôt qu’aux man­que­ments. Vous au­rez peut­être be­soin d’aide en cours de route pour vous sou­te­nir dans cette belle et grande aven­ture, ayez alors re­cours à un ac­com­pa­gna­teur ou ac­com­pa­gna­trice spi­ri­tuel.

Bonne route! La ren­contre de soi­même et du Sei­gneur dans son sanc­tuaire in­té­rieur est com­blante et ouvre sur le monde, croyez­moi.

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