Les 2e an­nées de La Source ont re­mon­té le temps

Ex­pé­rience – Tra­di­tion – Ori­gines

La Liberté - - DANS NOS ÉCOLES -

Alors qu’elle étu­diait les sciences hu­maines avec sa classe de 2e an­née, Isa­belle Vau­zelle, en­sei­gnante à l’École La Source, a vu l’in­té­rêt de ses élèves s’in­ten­si­fier quand elle a men­tion­né les pion­niers. Sai­sis­sant l’oc­ca­sion, elle leur a pro­po­sé de vivre une jour­née dans la peau d’un en­fant de pion­nier.

Un mer­cre­di ma­tin, 8 h 45, Shi­lo, Ma­ni­to­ba. À l’École La Source, la son­ne­rie re­ten­tit. Tous les élèves se pressent pour ren­trer en classe. Tous, sauf les 2e an­nées, qui at­tendent pa­tiem­ment de­hors que leur en­sei­gnante sonne la cloche. L’ex­pé­rience de la vie de pion­niers peut com­men­cer avec, tout d’abord, un tour de l’école, à pied.

Isa­belle Vau­zelle avait ex­pli­qué au préa­lable les grandes lignes Vau­zelle de la jour­née aux élèves. « J’avais sug­gé­ré de s’ha­biller comme à l’époque. L’auxi­liaire et moi avions des robes de pion­nières. Quand les élèves sont ar­ri­vés, j’ai ex­pli­qué que les pion­niers n’avaient pas de bus, donc on a mar­ché un peu. Après ça, ils ont eu une nou­velle ap­pré­cia­tion pour le bus du ma­tin. »

Les élèves, qui avaient dé­jà ap­pris que les pion­niers se chauf­faient au bois, sont ar­ri­vés dans une salle de classe sans lu­mière. « Ils sont al­lés cher­cher du bois dans ma voi­ture. Quand ils sont ren­trés en classe, ils ont dit : Oh c’est sombre! On n’a pas eu d’élec­tri­ci­té dans la salle de la jour­née, mais il y avait as­sez de jour. J’avais vi­dé les pu­pitres et ins­tal­lé des ar­doises avec des craies, de l’encre et des plumes taillées que j’avais ra­me­nées de mon pou­lailler pour une ac­ti­vi­té d’écri­ture à l’an­cienne. »

Pen­dant la jour­née, les élèves ont sui­vi les en­sei­gne­ments de l’an­cien temps. « On a par­lé des cours qu’il y avait à l’époque des pion­niers : la lec­ture, l’écri­ture et l’arith­mé­tique. Ils se sont ren­dus compte que c’était plus fa­cile avec le sty­lo ou le crayon. En édu­ca­tion phy­sique, ils ont fait des jeux au­toch­tones. »

L’heure du re­pas n’a pas fait ex­cep­tion à l’ori­gi­na­li­té de la jour­née. « Ils ont pré­pa­ré eux-mêmes leur col­la­tion : Peg­gy Bla­ke­ly, une ma­man d’élèves de l’école, est ve­nue ai­der les élèves à faire du pain et du beurre à par­tir de lait que je suis al­lée cher­cher à la ferme. » En fin d’après­mi­di, les jeunes ont as­sis­té à une dé­mons­tra­tion de fi­lage de laine de mou­ton et d’al­pa­ca. « On leur a mon­tré com­ment ar­ri­ver d’une ma­tière pre­mière à un pro­duit fi­ni, et com­ment tra­vailler la laine pour avoir des mi­taines et des chan­dails. »

Pour en­core pous­ser l’ex­pé­rience plus loin, Isa­belle Vau­zelle a de­man­dé aux pa­rents de re­tra­cer l’ori­gine des en­fants. « Dans le cadre de notre étude, on doit par­ler de l’his­toire et des dif­fé­rentes tra­di­tions. Une col­lègue mé­tisse est ve­nue faire une pré­sen­ta­tion, puis on a par­lé des ori­gines de cha­cun. Les en­fants ont vu qu’ils ve­naient vrai­ment de par­tout dans le monde. »

Cette aven­ture a mar­qué les jeunes es­prits. Ro­wan Brown par­tage ses im­pres­sions. « Le ma­tin, on a mar­ché au­tour de l’école, parce que les pion­niers n’avaient pas de voi­ture. Je suis content de ne pas avoir à mar­cher tous les jours. Dans la salle, c’était sombre, on n’avait pas d’élec­tri­ci­té. Pour boire, on de­vait pom­per l’eau, parce qu’il n’y avait pas de ro­bi­net avant. J’ai ai­mé écrire à la plume, c’était amu­sant. »

« Le ma­tin, on a mar­ché au­tour de l’école, parce que les pion­niers n’avaient pas de voi­ture. Je suis content de ne pas avoir à mar­cher tous les jours. » Ro­wan Brown, 2e an­née.

Le temps d’une jour­née, les élèves de 2e an­née de La Source ont vé­cu comme des en­fants de pion­niers.

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