D’ac­cord, mais comment s’y prendre?

Le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion sou­haite aug­men­ter de 10 % le mon­tant d’étu­diants ma­ni­to­bains qui fré­quentent les éta­blis­se­ments post­se­con­daires, pour qu’ils oc­cupent 77 % des places. Une vi­sion qui a des re­tom­bées pour les stra­té­gies de re­cru­te­ment de l’Uni

La Liberté - - ACTUALITÉS - DA­NIEL BA­HUAUD dba­huaud@la-li­berte.mb.ca

La Ma­ni­to­ba Col­lege Re­view, un nou­veau rap­port pré­pa­ré par la firme de consul­tants Hi­gher Edu­ca­tion Stra­te­gy As­so­ciates, sou­tient que l’Uni­ver­si­té de Saint-Bo­ni­face (USB) doit of­frir da­van­tage de pro­grammes uni­ver­si­taires et col­lé­giaux qui ré­pondent aux be­soins des fran­co­phones et des fran­co­philes, dans le but de mieux des­ser­vir les em­ployeurs bi­lingues et le mar­ché du tra­vail ma­ni­to­bain. Et donc de re­cru­ter da­van­tage d’étu­diants ma­ni­to­bains. Pour y ar­ri­ver, la Ma­ni­to­ba Col­lege Re­view pré­co­nise une nou­velle for­mule de fi­nan­ce­ment pour les éta­blis­se­ments post­se­con­daires qui ac­cor­de­rait plus de points, et donc plus de fi­nan­ce­ment, se­lon deux cri­tères : les taux d’ins­crip­tion aux pro­grammes et les taux de di­plo­ma­tion. À l’in­verse, la for­mule ac­cor­de­rait moins de points aux étu­diants in­ter­na­tio­naux, puisque « une cer taine prio­ri­té doit être ac­cor­dée aux étu­diants ma­ni­to­bains ». En fait, le rap­port pré­cise que « le ta­lon d’Achille de l’USB est le nombre im­por­tant d’étu­diants in­ter­na­tio­naux ». À l’heure ac­tuelle, l’USB compte en­vi­ron 250 étu­diants étran­gers, sur une po­pu­la­tion to­tale de quelque 1 300 étu­diants. Soit en­vi­ron 19 % de la po­pu­la­tion es­tu­dian­tine, se­lon les chiffres du Bu­reau de re­cru­te­ment de l’USB.

Ga­bor Cse­pre­gi, le rec­teur de l’USB, re­çoit le rap­port d’un oeil fa­vo­rable, tout en émet­tant quelques bé­mols. « L’in­ten­tion est po­si­tive. La Pro­vince veut que nos pro­grammes aient des re­tom­bées po­si­tives sur le mar­ché du tra­vail ma­ni­to­bain. Et ça se com­prend. Je

re­con­nais qu’une ins­ti­tu­tion post­se­con­daire ne peut pas se concen­trer sur une seule clien­tèle.

« Ce­la dit, le rap­port dé­peint la si­tua­tion à l’USB de ma­nière in­exacte. D’après la Ma­ni­to­ba

Col­lege Re­view, 88 % des étu­diants ins­crits au pro­gramme d’Ad­mi­nis­tra­tion des af­faires de l’École tech­nique et pro­fes­sion­nelle sont des étu­diants in­ter­na­tio­naux. En fait, il s’agit de 68 %. Les consul­tants ont in­clus les nou­veaux ar­ri­vants qui ne sont pas en­core ci­toyens ca­na­diens. Que ce­la semble tou­jours éle­vé ou pas, nous conti­nue­rons de re­cru­ter à l’in­ter­na­tio­nal. Ce­la dit, c’est vrai que cer­tains pro­grammes, comme l’ad­mi­nis­tra­tion des af­faires, at­tirent les étu­diants ve­nus de l’étran­ger. Nous al­lons de­voir mettre plus d’ac­cent sur le re­cru­te­ment au Ma­ni­to­ba. » Na­tha­lie Roche est co­or­don­na­trice du Bu­reau de re­cru­te­ment à l’USB de­puis oc­tobre 2017. Elle es­time que re­cru­ter au sein de la pro­vince re­pré­sente « un dé­fi ». « Étant don­né que les élèves de la Di­vi­sion sco­laire fran­co­ma­ni­to­baine (DSFM) et ceux en im­mer­sion fran­çaise sont bi­lingues, ils sont ci­blés par les uni­ver­si­tés ca­na­diennes. Nous al­lons de­voir tis­ser en­core da­van­tage de liens avec la DSFM et les di­vi­sions sco­laires.

« La clé se­ra en par­tie de van­ter l’ap­proche per­son­na­li­sée pos­sible à l’USB. Que nos salles de classe ne comptent pas des cen­taines d’élèves, mais des plus pe­tits groupes qui per­mettent un ac­cès di­rect aux pro­fes­seurs et une édu­ca­tion de plus grande qua­li­té. »

Chaque an­née, le Bu­reau de re­cru­te­ment vi­site plus de 30 écoles et par­ti­cipe à près de 15 foires étu­diantes, au Ma­ni­to­ba et à la gran­deur du pays. Na­tha­lie Roche note que son bu­reau contacte éga­le­ment les con­seils sco­laires « de nom­breuses écoles ». « Nous ac­cueillons aus­si les écoles et les élèves qui veulent faire une tour­née de l’USB. Mais il fau­dra faire plus. Heu­reu­se­ment, de­puis cinq ans, nous ob­te­nons des sta­tis­tiques sur chaque élève ins­crit dans nos pro­grammes. Nous sa­vons de quelle école l’élève est ve­nu, d’où il vient, quel pro­gramme l’at­tire, etc. Ça nous per­met d’ajus­ter notre tir pour re­cru­ter des élèves sem­blables. « Par contre il fau­dra plus de res­sources pour re­le­ver le dé­fi. »

Ga­bor Cse­pre­gi est du même avis. « Le hic, le Catch-22, c’est qu’on nous de­mande d’as­su­rer la vi­ta­li­té de notre éta­blis­se­ment sans pour­tant nous don­ner les res­sources né­ces­saires. Le Bu­reau du re­cru­te­ment est com­po­sé de deux per­sonnes. Son bud­get est de 450 000 $ en sa­laires et en coût di­rects, sur un bud­get to­tal de 30 mil­lions $. Il fau­dra cher­cher les fonds pour amé­lio­rer nos ef­forts à l’in­té­rieur de l’en­ve­loppe dont nous dis­po­sons dé­jà. »

Na­tha­lie Roche : « Il fau­dra plus de res­sources pour re­le­ver le dé­fi. »

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