Lettre ou­verte de Da­niel La­voie

La Liberté - - ÉDITORIAL -

Chères et chers fran­co­phones du Ma­ni­to­ba,

Si, à tout ha­sard, vous vous êtes sen­tis bles­sés par mes pro­pos sur le fran­çais au Ma­ni­to­ba, te­nus dans le cadre d’une en­tre­vue avec Ca­the­rine Po­go­nat sur les ondes de Ra­dio‐Ca­na­da lors de la Jour­née in­ter­na­tio­nale de la fran­co­pho­nie, j’en suis pro­fon­dé­ment dé­so­lé. Je me suis fait pié­ger comme, d’ailleurs, mon ami Gé­rard Jean, à ré­pondre à une ques­tion à la­quelle je n’avais au­cu­ne­ment en­vie de ré­pondre. Une ques­tion piège qui t’oblige à dire quelque chose qu’il n’est pas né­ces­saire, ou même par­ti­cu­liè­re­ment utile, de dire. Une ques­tion du genre : Êtes‐vous mou­rant? Euh, non, en­fin oui, je vais cer­tai­ne­ment mou­rir un jour.

Les langues, comme les cultures, passent. Est‐il utile de sou­li­gner que l’une est plus fra­gile que les autres? Entre nous, on le sait et on es­saye de faire en sorte que non. On se bat, on y croit, on pose les gestes qu’il faut pour que non; et ad­vienne ce qui ad­vien­dra!

La vé­ri­té c’est que j’aime in­fi­ni­ment la langue de ma mère. Et je veux qu’elle reste vi­vante pour tou­jours, en mu­sique et en beau­té. Da­niel La­voie Le 28 mars 2018

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.