En fa­veur d’un p’tit coup en pu­blic

La Liberté - - ÉDITORIAL -

Ma­dame la ré­dac­trice,

L’autre soir j’étais chez un chum pour sa fête, par­ta­geant en­semble des his­toires drôles, et une couple de bières plus ou moins froides. L’idée nous est ve­nue d’al­ler prendre une pe­tite marche de­hors. Mais avant de sor­tir, il fal­lait lais­ser la bière. Tout à coup, les mêmes ques­tions nous sont ve­nues : Et si une soif in­sup­por­table nous pre­nait du­rant cette ex­cur­sion? Quoi faire dans une telle si­tua­tion? Mal­heu­reu­se­ment, la ré­ponse est la sui­vante : ab­so­lu­ment rien du tout. Car il est illé­gal de se pro­me­ner avec de la bois­son ou­verte dans notre chère ville de Win­ni­peg.

La simple ques­tion que je vous pré­sente est la sui­vante : pour­quoi est‐il illé­gal de con­som­mer de l’al­cool dans un lieu pu­blic? Pour­quoi est‐il contre la loi d’avoir une bière en mar­chant tran­quille­ment sur la Pro­ven­cher, ou de prendre un verre de vin dans le parc Co­ro­na­tion un bon di­manche après‐mi­di?

En po­sant cette ques­tion à des gens, la ré­ponse qui sur­git tou­jours est la sui­vante : per­mettre la consom­ma­tion d’al­cool dans un lieu pu­blic en­cou­ra­ge­rait la sur­con­som‐ ma­tion et les moins de 18 ans se­raient ex­po­sés da­van­tage à l’al­cool. Cette ré­ponse me semble er­ro­née et un peu trop fa­cile. Mon contre‐ar­gu­ment est en trois points.

Per­mettre la consom­ma­tion d’al­cool dans un lieu pu­blic ne donne pas le droit au ci­toyen d’être en état d’ivresse. L’ivresse pu­blique de­meu­re­ra tou­jours illé­gale.

Lais­sez les gens boire de l’al­cool dans un lieu pu­blic n’en­cou­ra­ge­ra pas la sur­con­som­ma­tion, mais plu­tôt la mo­dé­ra­tion.

Oui, les mi­neurs se­ront ex­po­sés da­van­tage à l’al­cool, mais ils y se­ront ex­po­sés dans un en­vi­ron­ne­ment de mo­dé­ra­tion ou l’on ne boit pas sim­ple­ment pour boire et se saou­ler. Je crois sin­cè­re­ment que

per­mettre la consom­ma­tion d’al­cool dans un lieu pu­blic autre que les res­tau­rants et les bars au­rait un ef­fet po­si­tif sur la ma­nière que l’on consomme. À re­mar­quer que je ne suis pas le seul à le pen­ser : 741,4 mil­lions d’ha­bi­tants en Eu­rope ar­rivent à vivre dans une so­cié­té où la consom­ma­tion pu­blique est ma­jo­ri­tai­re­ment au­to­ri­sée et ils font preuve d’une bien meilleure mo­dé­ra­tion que nous.

J’es­père pou­voir ou­vrir cette dis­cus­sion pour es­pé­rer qu’un jour je pour­rai sa­vou­rer une bonne bière trap­piste, une la­ger froide, ou un verre de vin à un pique‐nique ou sur la nou­velle piste au bord de la ri­vière lon­geant la Ta­ché. Il n’y a pas de meilleur mo­ment pour une li­bé­ra­li­sa­tion, sur­tout avec l’ap­pa­ri­tion des nou­velles bras­se­ries en ville. En­cou­ra­geons les en­tre­prises lo­cales et nor­ma­li­sons la consom­ma­tion d’al­cool en mo­dé­ra­tion. Car prendre un p’tit coup, c’est bien agréable. Gilles Lessard Le 28 mars 2018

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