« En tant que chef de par­ti, je peux faire une dif­fé­rence au Pa­lais lé­gis­la­tif »

La Liberté - - ACTUALITÉS - VA­LEN­TIN CUEFF vcueff@la-li­berte.mb.ca

Dou­gald La­mont a an­non­cé son in­ten­tion de bri­guer le siège de Saint-Bo­ni­face. Le chef du Par­ti li­bé­ral du Ma­ni­to­ba, en­tré en fonc­tion en oc­tobre 2017, en­tend re­pré­sen­ter le chan­ge­ment face aux deux prin­ci­paux par­tis.

Voi­là quelques se­maines, vous n’étiez pas sûr de vous en­ga­ger dans cette élec­tion…

J’ai par­lé avec beau­coup de gens à Saint-Bo­ni­face. Je leur ai de­man­dé si c’était une bonne idée. Ils m’ont dit que oui et que j’avais une op­por­tu­ni­té ici.

Je pense qu’on peut ga­gner : en po­li­tique, au Ma­ni­to­ba, on a be­soin de chan­ge­ment. Dans la san­té, les em­plois, il existe des so­lu­tions pra­tiques, mais le gou­ver­ne­ment ac­tuel les ignore. On pense qu’il y a des idées que seuls les li­bé­raux pour­raient in­tro­duire au Pa­lais lé­gis­la­tif.

Par exemple?

La si­tua­tion avec Hy­dro Ma­ni­to­ba est très grave. Le gou­ver­ne­ment va prendre au­tour de 400 mil­lions $ des coffres d’Hy­dro cette an­née. Ça met à risque les fi­nances de la so­cié­té de la Cou­ronne. Et parce que la Pro­vince pos­sède Hy­dro, la dette d’Hy­dro est notre dette. Il faut ces­ser de prendre ces mon­tants d’Hy­dro pour évi­ter à la Pro­vince à la fois une crise fi­nan­cière et des aug­men­ta­tions des ta­rifs d’élec­tri­ci­té. On est le seul par­ti qui le dit.

Com­ment pen­sez-vous vous im­po­ser face aux can­di­dats néo-dé­mo­crate et pro­gres­siste-conser­va­teur?

En tant que chef du par­ti, je peux faire une dif­fé­rence au Pa­lais lé­gis­la­tif. Je peux mettre en évi­dence les be­soins de Saint-Bo­ni­face d’une fa­çon plus ef­fi­cace. Les autres can­di­dats au­raient peut-être des dif­fi­cul­tés à le faire. Un autre élu conser­va­teur se re­trou­ve­rait avec une qua­ran­taine d’autres dé­pu­tés. M. Pal­lis­ter a du mal à écou­ter d’autres per­sonnes. Ce se­rait l’op­por­tu­ni­té d’avoir un chef, un lea­der à Saint-Bo­ni­face. Avec de nou­velles idées.

Les be­soins de Saint-Bo­ni­face, quels sont-ils?

Il y a eu les cou­pures au Bu­reau de l’édu­ca­tion fran­çaise. On a de­man­dé au gou­ver­ne­ment conser­va­teur de ren­ver­ser sa dé­ci­sion. Ça af­fecte les fran­co­phones, les fran­co­philes. J’ai quatre en­fants en écoles d’im­mer­sion qui sont af­fec­tés. C’est très im­por­tant de non seule­ment pré­ser­ver l’édu­ca­tion fran­çaise, mais aus­si de la pro­mou­voir. C’est quelque chose qui était im­por­tant pour mes pa­rents, qui ont lut­té pour qu’il y ait des écoles d’im­mer­sion, comme l’école Sa­cré-Coeur, où je suis al­lé. Parce qu’ils croyaient au bi­lin­guisme pour leurs en­fants. Et j’y crois aus­si.

Vous son­gez aus­si abor­der d’autres thèmes ?

Il y a aus­si la san­té. Je pense à l’Hô­pi­tal Saint-Bo­ni­face et aux tra­vaux de la salle d’ur­gences. Je me dis que c’est un peu tard. Le gou­ver­ne­ment de M. Pal­lis­ter a fer­mé des salles dans d’autres hô­pi­taux. On peut in­ves­tir dans un meilleur sys­tème de san­té. Quand on dé­ve­loppe les po­li­tiques, on les dé­ve­loppe en écou­tant. On a aus­si par­lé avec Ma­rion Willis, une ac­ti­viste à Mor­berg House. Elle tra­vaille avec les gens sans-abri et les per­sonnes qui ont des ad­dic­tions.

Cette élec­tion re­pré­sente pour les li­bé­raux une chance de de­ve­nir un par­ti re­con­nu au Pa­lais lé­gis­la­tif…

Si je suis élu comme dé­pu­té, ça nous don­ne­ra ef­fec­ti­ve­ment l’op­por­tu­ni­té de faire beau­coup plus pour nos com­mu­nau­tés, pour Saint-Bo­ni­face, pour cha­cune des cir­cons­crip­tions que re­pré­sentent Jon Ger­rard, Cin­dy La­mou­reux et Ju­dy Klas­sen. Un troi­sième par­ti au Pa­lais lé­gis­la­tif fe­rait la dif­fé­rence, parce que ce se­rait des voix dif­fé­rentes, pro­gres­sistes, qui veulent des so­lu­tions pour amé­lio­rer notre pro­vince. Une des choses frus­trantes à l’As­sem­blée lé­gis­la­tive, c’est qu’il y a juste un échange de re­proches. Le NPD se plaint quand les conser­va­teurs font quelque chose. Les conser­va­teurs disent qu’ils le font à cause des er­reurs du NPD quand il était au pou­voir. Ce qu’on veut faire, c’est pré­sen­ter des idées nou­velles. Les gens à Saint-Bo­ni­face sont pro­gres­sistes. C’était un siège li­bé­ral de 1988 à 1999, oc­cu­pé par Neil Gau­dry, chef in­té­ri­maire du par­ti, un homme très po­pu­laire. On veut se pré­sen­ter comme un par­ti avec une vi­sion concrète.

Qu’en­ten­dez-vous par pro­gres­siste?

J’ap­plique cet ad­jec­tif sur­tout au ni­veau de l’éco­no­mie. Il faut qu’on ait une éco­no­mie qui tra­vaille pour tout le monde et pas seule­ment pour une poi­gnée de gens. C’est une chose qu’on veut chan­ger à Saint-Bo­ni­face, mais aus­si à tra­vers le Ma­ni­to­ba. Même si l’éco­no­mie se porte mieux, beau­coup de gens se sentent aban­don­nés. Il faut avoir une éco­no­mie plus éga­li­taire et créer de nou­veaux em­plois, et de bons em­plois. Il n’y a pas eu as­sez d’ef­forts, ou d’at­ten­tion por­tée sur ce do­maine.

Dou­gald La­mont, le chef can­di­dat.

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