Au bon­heur des grands en­fants chas­seurs

La Liberté - - SPORT - Da­niel BA­HUAUD dba­huaud@la-li­berte.mb.ca

Près de 280 ath­lètes des quatre coins du Ca­na­da conver­ge­ront vers Win­ni­peg, du 13 au 15 avril, pour par­ti­ci­per au cham­pion­nat national d’un sport qui, il y a 20 ans à peine, ne fai­sait le bon­heur que des en­fants : le bal­lon-chas­seur.

Pour Duane Wy­syns­ki, le pré­sident de Dod­ge­ball Ca­na­da, le bal­lon­chas­seur, c’est sé­rieux.

« C’est beau­coup plus qu’un jeu d’en­fants. Il y a dix ans, des amis avaient in­vi­té mon épouse à se joindre à une ligue de dod­ge­ball ré­créa­tif. Elle était en­ceinte, alors j’ai ac­cep­té à sa place. J’ai vé­cu le coup de foudre. » Au fil des an­nées, le ré­sident d’Ed­mon­ton a pris conscience de l’exis­tence d’autres ligues, par­se­mées ici et là, en Al­ber­ta, en On­ta­rio, aux Ma­ri­times. « Il y avait des ligues pour jeunes et pour adultes, des as­so­cia­tions vrai­ment bien or­ga­ni­sées. J’étais convain­cu que le bal­lon­chas­seur pou­vait de­ve­nir un sport d’en­ver­gure na­tio­nale. J’ai lan­cé la balle, en pro­po­sant la créa­tion de Dod­ge­ball Ca­na­da, un or­ga­nisme national, com­po­sé de bé­né­voles aus­si pas­sion­nés que moi. » Ré­sul­tat : en 2012, une équipe ca­na­dienne a par­ti­ci­pé au cham­pion­nat in­ter­na­tio­nal de la Fé­dé­ra­tion mon­diale de dod­ge­ball (FMD). Et, en 2015, Dod­ge­ball Ca­na­da a été of­fi­ciel­le­ment consti­tué. L’an­née sui­vante, le pre­mier cham­pion­nat national, avec des équipes mas­cu­lines et fé­mi­nines, a été te­nu à To­ron­to. « En 2017, le cham­pion­nat a eu lieu à Ha­li­fax. Et pour la troi­sième édi­tion, c’est au tour de Win­ni­peg. »

Une oc­ca­sion qui fait le bon­heur de Ni­cho­las Dou­ville, ca­pi­taine des Wind­shields de Win­ni­peg : « Comme bien des Ca­na­diens, j’ai joué au bal­lon­chas­seur à l’école, avec des gros bal­lons en ca­ou­tchouc. C’est ma blonde qui m’a ini­tié au sport dans sa ver­sion contem­po­raine. Ça fait cinq ans que je joue. J’adore. C’est tou­jours aus­si amu­sant que quand j’étais ga­min. Mais c’est beau­coup plus in­tense. J’ai 36 ans et ce sport très ra­pide me garde en forme. « Le bal­lon est plus pe­tit, et en mousse. Il ne re­bon­dit pas comme les gros bal­lons en ca­ou­tchouc. Mais bien lan­cé, il peut at­teindre des vi­tesses ahu­ris­santes. Le re­cord win­ni­pé­gois est de 132 km/h. Ce n’est pas moi qui le dé­tient! « Nous adhé­rons aux rè­gle­ments de la FMD. Au dé­but d’une ronde, six bal­lons sont pla­cés au centre du ter­rain. Au coup du sif­flet, chaque équipe doit se pré­ci­pi­ter sur trois bal­lons. Si t’es frap­pé par le bal­lon, t’es éli­mi­né. Si un de tes équi­piers at­trape un bal­lon, tu peux re­ve­nir au jeu. Chaque fois qu’une équipe est éli­mi­née, tu com­mences une nou­velle ronde. Les par­ties ont une du­rée de deux pé­riodes de 20 mi­nutes.

« J’ai hâte au cham­pion­nat. Ce que j’aime le plus du bal­lon­chas­seur, c’est son as­pect stra­té­gique. Tu peux créer des

plays pour dé­jouer l’ad­ver­saire, comme au foot­ball. Il faut les ré­pé­ter sou­vent, pour qu’ils de­viennent des au­to­ma­tismes. La clé, c’est de dé­ve­lop­per la co­hé­sion de l’équipe. Pour réus­sir, il faut que l’équipe soit comme une ma­chine bien hui­lée. »

Ni­cho­las Dou­ville, au centre de la pho­to.

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