Saint-Bo­ni­face : Élec­tions Ma­ni­to­ba dé­jà ac­tif

La Liberté - - ACTUALITÉS - DA­NIEL BA­HUAUD dba­huaud@la-li­berte.mb.ca

En 2016, 13 644 élec­teurs étaient ins­crits sur la liste élec­to­rale de Saint-Bo­ni­face. 8 687 ont vo­té – un taux de par­ti­ci­pa­tion de 63,7 %, su­pé­rieur à la moyenne pro­vin­ciale de 53,43 %. Pour Élec­tions Ma­ni­to­ba, l’ob­jec­tif se­ra d’as­su­rer un taux de par­ti­ci­pa­tion maxi­mal.

Ali­son Mit­chell, la porteparole d’Élec­tions Ma­ni­to­ba, fait le point sur l’état des pré­pa­ra­tifs : « Le Pre­mier mi­nistre Pal­lis­ter n’a pas en­core an­non­cé la date de l’élec­tion, mais notre équipe s’est dé­jà ac­ti­vée. « Un siège de dé­pu­té ne peut pas être lais­sé va­cant plus de 150 jours, et l’élec­tion doit se te­nir un mar­di. La der­nière date pos­sible pour l’élec­tion par­tielle de Saint-Bo­ni­face se­ra le 28 août. Mais nous n’avons plus be­soin d’at­tendre que la date de l’élec­tion soit an­non­cée, parce que la Loi élec­to­rale du Ma­ni­to­ba a été mo­di­fié en no­vembre 2017. Elle nous per­met de pas­ser à l’ac­tion plus tôt. « Nous avons une di­rec­trice du scru­tin, Lynne Ro­chon. Lynne est ex­pé­ri­men­tée. Elle a tra­vaillé pour Élec­tions Ma­ni­to­ba en 2016 et préa­la­ble­ment pour Élec­tions Ca­na­da. À l’heure ac­tuelle, elle embauche son per­son­nel. De plus, elle fe­ra l’étude de la cir­cons­crip­tion, pour voir à quels en­droits se­ront si­tués les bu­reaux de scru­tin. Son bu­reau élec­to­ral se­ra si­tué au sous-sol de l’église Sainte-Fa­mille au 778, rue Ar­chi­bald. Dès que l’élec­tion se­ra an­non­cée, on pour­ra s’y éta­blir et em­bau­cher notre per­son­nel bi­lingue. « Nous com­men­çons à re­voir la liste élec­to­rale, pour la mettre à jour. Il faut iden­ti­fier tous les élec­teurs éli­gibles. Nous vi­si­te­rons d’abord les im­meubles, où le rou­le­ment des ré­si­dents est le plus mar­qué. « Pour la pre­mière fois aus­si, dès que la date de l’élec­tion se­ra an­non­cée, les per­sonnes dé­jà sur la liste re­ce­vront une carte in­di­quant qu’ils sont éli­gibles. La carte in­vite l’élec­teur à ajou­ter d’autres noms d’élec­teurs po­ten­tiels ou à faire des cor­rec­tions. »

Pour Paul Tho­mas et Ray­mond Hé­bert, pro­fes­seurs émé­rites de sciences po­li­tiques de l’Uni­ver­si­té du Ma­ni­to­ba et de l’Uni­ver­si­té de Saint-Bo­ni­face, l’élec­tion par­tielle à SaintBo­ni­face s’an­nonce ser­rée. Et le ré­sul­tat im­pré­vi­sible.

P aul Tho­mas sou­tient que, « tout compte fait, cha­cun des trois par­tis ma­jeurs a de bonnes chances d’élire un dé­pu­té à Saint-Bo­ni­face ».

« De­puis 1999, le Nou­veau par­ti dé­mo­cra­tique (NPD) a do­mi­né le com­té, grâce à la pré­sence de Greg Se­lin­ger qui, dès son élec­tion, a été mi­nistre des Fi­nances. Et puis de 2009 à 2016, il était Pre­mier mi­nistre. Sa pré­sence a re­haus­sé le sta­tut de Saint-Bo­ni­face.

« Ce­la dit, Neil Gau­dry, un li­bé­ral, a été dé­pu­té de 1988 à 1999. Dou­gald La­mont, le chef du Par­ti li­bé­ral du Ma­ni­to­ba, pour­rait bien at­ti­rer les Bo­ni­fa­ciens. »

Ray­mond Hé­bert est du même avis : « Saint-Bo­ni­face ap­par­tient po­ten­tiel­le­ment aux li­bé­raux. Il ne faut pas croire que la cir­cons­crip­tion est une for­te­resse néo-dé­mo­crate. Pen­dant 11 ans, Neil Gau­dry était in­tou­chable.

« Sur­tout qu’à l’heure ac­tuelle, la dy­na­mique est dif­fé­rente. Le NPD est en désar­roi. Leur chef, Wab Ki­new, est in­ex­pé­ri­men­té. Et Brian Pal­lis­ter n’est pas un Pre­mier mi­nistre po­pu­laire. Ce qui ren­dra le tra­vail beau­coup plus dif­fi­cile pour Ma­ma­dou Ka, le can­di­dat pro­gres­sis­te­con­ser­va­teur.

« Il est donc très pos­sible que les Bo­ni­fa­ciens ex­priment leurs doutes et leurs mé­con­ten­te­ments en éli­sant un li­bé­ral. Sur­tout qu’il y au­ra la pos­si­bi­li­té d’élire un chef du par­ti. En ce sens, ce se­rait un vote stra­té­gique. »

Paul Tho­mas note tou­te­fois que « lors d’une élec­tion par­tielle, le pu­blic peut se payer le luxe de vo­ter pour qui il veut ». « On n’élit pas un gou­ver­ne­ment. Et puisque Greg Se­lin­ger n’est pas dans la course, les Bo­ni­fa­ciens n’ont pas à élire un po­ten­tiel Pre­mier mi­nistre. Ils pour­raient ai­sé­ment vo­ter stra­té­gi­que­ment, mais d’une autre ma­nière. Ma­ma­dou Ka pour­rait se faire va­loir comme can­di­dat fran­co­phone.

« Le Vieux Saint-Bo­ni­face conserve tou­jours une forte concen­tra­tion fran­co­phone. Un contin­gent d’élec­teurs qui conserve une force de frappe, une in­fluence. C’est pos­sible qu’ils votent pour Ma­ma­dou Ka de sorte à avoir une voix fran­co­phone au sein du gou­ver­ne­ment Pal­lis­ter. »

Ray­mond Hé­bert éla­bore sur cette pos­si­bi­li­té : « Les pro­gres­sistes-conser­va­teurs croient qu’ils ont une chance à Saint-Bo­ni­face. D’où le choix d’un can­di­dat connu qui a dé­jà me­né une cam­pagne élec­to­rale dans le com­té, en 2016. Je crois que pour amé­lio­rer les chances de Ma­ma­dou Ka, Brian Pal­lis­ter vou­dra prendre tout le temps pos­sible pour or­ga­ni­ser la ma­chine conser­va­trice à SaintBo­ni­face. À mon avis, l’élec­tion par­tielle se­ra an­non­cée le plus tard pos­sible. »

Mais qui par­ti­ci­pe­ra, si le vote a lieu en plein été?

Paul Tho­mas es­time que « ce se­ront les ci­toyens qui suivent au jour le jour le monde de la po­li­tique ». « C’est en­vi­ron 30 % des élec­teurs po­ten­tiels. Ce sont eux qui éli­ront le pro­chain dé­pu­té de Saint-Bo­ni­face. »

Ali­son Mit­chell d’Élec­tions Ma­ni­to­ba.

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