Les ef­fets ju­gés no­cifs du Parc in­dus­triel Mis­sion dé­non­cés

La Liberté - - À VOUS LA PAROLE - Ma­dame la ré­dac­trice,

Après quelques an­nées de plaintes dé­po­sées au­près des re­pré­sen­tants du mi­nis­tère pro­vin­cial du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable ain­si que des plaintes pré­sen­tées à notre conseiller mu­ni­ci­pal et notre re­pré­sen­tant fé­dé­ral, je me trouve tou­jours aus­si frus­tré que mes confrères et consoeurs du quar­tier!

Ré­si­dente du quar­tier de­puis 36 ans, ma fa­mille vit de­puis trois ans main­te­nant un réel cau­che­mar. Du lun­di au ven­dre­di, on nous casse les oreilles et on nous ex­pose à une dé­gus­ta­tion toxique quo­ti­dienne in­vo­lon­taire de toutes sortes de pous­sières et d’odeurs.

Mal­heu­reu­se­ment, peu de gens semblent vou­loir s’éveiller et en­core moins de gens se sentent ca­pables de dire que c’est as­sez! Cer­tains élus nous fre­donnent la ren­gaine du : Il y a tou­jours eu des in­dus­tries né­fastes dans ce coin‐là ou bien en­core en­tonnent le re­frain du : Saint‐ Bo­ni­face a éta­bli ce lieu d’in­dus­trie lourde il y a 100 ans dé­jà!

Le Parc in­dus­triel Mis­sion se trouve dan­ge­reu­se­ment proche de la grande po­pu­la­tion ré­si­den­tielle de Saint‐Bo­ni­face. Il est si­tué juste à l’est de la rue Ar­chi­bald à par­tir de Pro­ven­cher et s’étend jus­qu’à la rue Ma­rion. Ce parc hé­berge pré­sen­te­ment au moins 57 en­tre­prises qui dé­tiennent des li­cences per­met­tant la ma­nu­ten­tion de pro­duits dan­ge­reux pour la san­té hu­maine. 36 en­tre­prises tra­vaillent avec des pro­duits hau­te­ment in lam­mables, sans comp­ter les en­tre­prises qui en­tre­posent des pro­duits in lam­mables ou dan­ge­reux dans les ci­ternes de trains sur leurs pro­prié­tés (et il y en a plein). Les grandes ex­plo­sions et les feux de 1990, et plus ré­cem­ment à Speed­way en 2012, de­vaient ap­por­ter des chan­ge­ments aux lois de ma­nu­ten­tion et de ré­gle­men­ta­tion par rap­port à la sé­cu­ri­té. À ce jour rien en­core! En­core plus in­sul­tant, la Ville et la Pro­vince ont per­mis il y a quelques an­nées l’ins­tal­la­tion d’une ma­chine à dé­chi­que­ter le mé­tal. Les in­dus­tries de triage et de re­cy­clage de mé­tal à tra­vers le monde dé­tiennent toutes une dé­si­gna­tion pres­ti­gieuse : celle d’être un des grands contri­bu­teurs à l’aug­men­ta­tion des taux de can­cers et de ma­la­dies pul­mo­naires dans les ré­gions avoi­si­nantes, se­lon des études en cours (1).

De plus, le bruit qui as­somme et la di­mi­nu­tion re­mar­quable de la qua­li­té de l’air de­viennent les porte‐ pa­role pré­do­mi­nants de ces in­dus­tries.

Plu­sieurs de vos lec­teurs vivent dans le voi­si­nage de ce monstre mé­ca­nique et d’autres in­dus­tries nui­sibles à notre qua­li­té de vie.

Le plomb, le chrome hexa­valent, le mer­cure, le cad­mium, etc., ne sont qu’une par­tie d’une bouilla­baisse chi­mique pro­duite et re­lâ­chée dans l’air pour être se­mée au bon vou­loir du vent et tom­ber sous forme de pous­sières dans nos cours, nos jar­dins, les cours d’écoles et nos parcs; pour en in être res­pi­ré par toutes les per­sonnes qui vivent et qui cir­culent dans la ré­gion.

Sa­chez que le vent souf le sou­vent très fort dans les prai­ries et que les ef­fets mal­sains ne sont ar­rê­tés ni par les clô­tures, ni les bar­ri­cades.

Nos élus po­li­tiques ne semblent pas vou­loir nous en­tendre. Ils nous prennent pour de simples plai­gnards.

À notre avis, les em­ployés des au­to­ri­tés res­pon­sables de l’environnement qui ont comme res­pon­sa­bi­li­té d’as­su­rer le res­pect des normes en­vi­ron­ne­men­tales ne ré­pondent pas à l’ap­pel et ne font pas le tra­vail né­ces­saire. Parce qu’ils ne sont pas as­sez nom­breux?

En tout cas, sa­chez que nous ne vi­vons pas juste le pe­tit pro­blème d’un pe­tit quar­tier ou­blié, mais que nous en­du­rons une si­tua­tion qui nous met tous en pé­ril. Mer­ci de votre écoute. Ga­ry Tes­sier Ré­sident de Saint‐Bo­ni­face Le 25 juin 2018

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