La preuve par le fun que le fran­çais est co­ol

La Liberté - - CULTUREL - Ma­nel­la VI­LA NO­VA mvi­la­no­va@la-li­berte.mb.ca

Quand ils étaient en­core élèves au Col­lège Louis-Riel, les six membres du groupe G-Strings ont consta­té un dé­clin de la langue fran­çaise et de la culture fran­co­phone par­mi leurs ca­ma­rades. Ils ont donc dé­ci­dé de re­mettre le fran­çais au goût du jour grâce à la mu­sique, entre autres.

C’est à l’oc­ca­sion du Fes­ti­val du Voya­geur, en fé­vrier der­nier, que Maxim et Alex Co­meault, Éric et Jus­tin Du­rupt, Édouard Mo­rin-Four­nier et Jacques Strappe ont com­men­cé à faire de la mu­sique en­semble. Édouard Mo­rin-Four­nier se sou­vient : « On se ras­sem­blait pen­dant le Fes­ti­val pour jouer des mor­ceaux en fran­çais. Et on a été en­cou­ra­gés à conti­nuer. »

Pour ces jeunes hommes âgés de 19 et 20 ans, toute mu­sique est bonne à prendre. Maxim Co­meault l’af­firme : « On fait toute sorte de mu­sique. On es­saye de faire au­tant de chan­sons folk­lo­riques fran­co­phones que pos­sible, mais on s’ajuste aus­si à la de­mande. Si le pu­blic veut un mor­ceau en par­ti­cu­lier, on s’adapte. » Édouard Mo­rin-Four­nier ajoute : « On tra­vaille aus­si sur des chan­sons en an­glais, qu’on tra­duit en fran­çais. »

Cet en­goue­ment pour le fran­çais leur vient de leur ex­pé­rience au Col­lège LouisRiel. Maxim Co­meault fait le point sur l’en­jeu : « On a été éle­vés en fran­çais. Mais en al­lant à Louis-Riel, on a réa­li­sé que plu­sieurs élèves n’ai­maient pas cette langue. C’était dif­fi­cile de conser­ver notre langue ma­ter­nelle. » Alex Co­meault pré­cise : « À l’École Ta­ché, le fran­çais était vrai­ment très pré­sent. J’étais cho­qué de voir qu’à Louis-Riel, les élèves trou­vaient que le fran­çais n’était

pas co­ol. »

Alors qu’ils par­laient entre eux en fran­çais, ils étaient vic­times de mo­que­ries. Jacques Strappe se sou­vient : « Pen­dant le dî­ner ou les mo­ments comme ça, les élèves par­laient an­glais. » Alex Co­meault in­ter­vient : « Nous, on par­lait fran­çais, et les autres nous ap­pe­laient des

loo­sers. » Édouard Mo­rinFour­nier en­fonce le clou : « Même quand on sor­tait avec des gens de l’école, ils par­laient sur­tout en an­glais. Il n’y a qu’entre nous qu’on re­trou­vait le fran­çais. »

En­semble, les membres du groupe G-Strings ont donc dé­ci­dé de mon­trer la langue sous un angle plus lu­dique, comme le sou­ligne Maxim Co­meault. « Nous fai­sons des vi­déos co­miques sur Ins­ta­gram qui plaisent beau­coup. » Alex Co­meault ajoute : « Nous nous met­tons en scène. Par­fois, nous fai­sons par­ti­ci­per notre grand­mère à Maxim et moi, Ida St-Vincent. Elle est mé­tisse et s’im­plique beau­coup dans la com­mu­nau­té. Elle est de­ve­nue po­pu­laire sur notre compte Ins­ta­gram, et les gens aiment la voir ap­pa­raître. Ça fait un contraste avec notre groupe. »

Le 27 juillet, Les G-Strings or­ga­nisent une soi­rée fran­co­phone au Club Saint-Bo­ni­face (1). Un choix très sym­bo­lique pour les mu­si­ciens. Édouard Mo­rin-Four­nier : « SaintBo­ni­face re­pré­sente la culture fran­co­phone. Pen­dant la se­maine du Fes­ti­val du Voya­geur, la place est tou­jours rem­plie. Nous, on a vou­lu faire en sorte que notre culture y soit pré­sente, même en été. »

À cette oc­ca­sion, Les Chiens de Prai­rie et Ch­ris Har­ris pas­se­ront tour à tour sur scène pour jouer quelques mor­ceaux. Maxim Co­meault donne une idée du ton : « C’est une soi­rée pour que les jeunes puissent avoir du fun avec leurs amis. » Toute l’idée der­rière tout le tra­vail des G-Strings.

Édouard Mo­rin-Four­nier ré­sume l’ef­fort en­ga­gé : « Nous es­sayons d’in­fluen­cer les jeunes pour leur mon­trer que le fran­çais est co­ol. C’est pourquoi nous or­ga­ni­sons ce con­cert. C’est aus­si pourquoi nous pu­blions nos vi­déos sur Ins­ta­gram. C’est une pla­te­forme fa­cile d’uti­li­sa­tion, que les jeunes uti­lisent. » Jacques Strappe conclut par une dé­mons­tra­tion : « Ins­ta­gram est co­ol, on est co­ol, et le fran­çais est co­ol! »

(1) Soi­rée fran­co­phone le 27 juillet à 21h30 au Club SaintBo­ni­face, 171 rue Du­mou­lin. En­trée 5 $.

G-Strings : Jacques Strappe, Alex Co­meault, Maxim Co­meault, Édouard Mo­rinFour­nier (Ab­sents de la pho­to : Éric et Jus­tin Du­rupt.)

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