Le dra­peau fran­co-ma­ni­to­bain, source d’in­ter­ro­ga­tions

La Liberté - - À VOUS LA PAROLE -

Ma­dame la ré­dac­trice,

Je vous écris aujourd’hui pour faire connaître une in­quié­tude au su­jet de notre dra­peau fran­co­ma­ni­to­bain. Cet éten­dard, conçu et pré­sen­té par Cy­ril Pa­rent lors d’un concours du Conseil jeu­nesse pro­vin­cial, est un sym­bole de l’his­toire, des va­leurs et du vé­cu de son peuple. Ce dra­peau nous unit et dé­montre notre fier­té et notre ap­par­te­nance à la com­mu­nau­té fran­co­phone ma­ni­to­baine.

Cet été, comme ac­ti­vi­té pour le Jour du Ca­na­da, mon époux et moi avons par­ti­ci­pé à une tour­née or­ga­ni­sée par Tou­risme Riel du­rant la­quelle la pré­po­sée a par­ta­gé un bref aper­çu du dra­peau et son sym­bo­lisme lorsque nous étions de­vant le CCFM. Nous étions en com­pa­gnie de gens du Min­ne­so­ta, qui ont trou­vé le sym­bo­lisme fort in­té­res­sant et ont ex­pri­mé un in­té­rêt à se pro­cu­rer un tel dra­peau (en tis­su, pe­tit for­mat), un sou­ve­nir par­lant pour ap­por­ter chez eux.

Suite à la marche his­to­rique gui­dée, avec ces gens, nous avons de­man­dé à Tou­risme Riel où on pou­vait se pro­cu­rer un pe­tit dra­peau fran­co-ma­ni­to­bain en tis­su for­mat 4 x 6. Ils n’en avaient pas en vente et nous ont conseillé d’al­ler au bu­reau de la SFM du­rant les heures d’ou­ver­ture nor­males. Nos nou­veaux amis sont donc re­tour­nés chez eux sans dra­peau.

Le mar­di 3 juillet, je me suis ren­due au bu­reau de la SFM, au bu­reau du Fes­ti­val du Voya­geur et en­suite au CCFM et per­sonne ne pou­vait me vendre ce pe­tit ob­jet convoi­té. La SFM, qui a les droits pour la re­pro­duc­tion de ce dra­peau, avait en vente un for­mat plus grand, mais au­cun en pe­tit for­mat. À ma de­mande, les pré­po­sés m’ont pré­ci­sé que les dra­peaux avaient tous été ven­dus par le pas­sé et qu’il n’y avait pas eu de suite pour en faire pro­duire de nou­veaux. De plus, on m’a in­di­qué qu’au­cune com­mande ne se­rait faite dans un fu­tur proche.

En sept ans, c’était la troi­sième fois que je fai­sais une re­quête sem­blable au­près de la SFM au su­jet de notre dra­peau en tis­su pe­tit for­mat, avec tou­jours le même ré­sul­tat : rien ne se­rait fait.

Je dois ajou­ter que lors­qu’on par­ti­cipe à des ac­ti­vi­tés mé­tisses, le dra­peau mé­tis est par­tout en vente et même sou­vent il est re­mis gra­tui­te­ment comme sou­ve­nir et sym­bole de ras­sem­ble­ment. On peut aus­si le trou­ver en vente à plu­sieurs en­droits tou­ris­tiques.

Pour­quoi ce­la ne se­rait-il pas réa­li­sable pour notre dra­peau? Sommes-nous, les Fran­co-Ma­ni­to­bains, com­plai­sants dans nos tra­di­tions, culture, langue et hé­ri­tage? Au point de ne pas nous af­fir­mer et d’exi­ger que notre dra­peau fran­co-ma­ni­to­bain soit dis­po­nible non seule­ment au bu­reau de la SFM et dans les centres cultu­rels rap­pro­chés, mais aus­si aux fes­ti­vals ré­gio­naux, aux fêtes de pa­roisse, aux mu­sées. Au­tre­ment dit par­tout où la fran­co­pho­nie vit et cé­lèbre son exis­tence.

Si notre or­ga­nisme cultu­rel, la SFM, qui se pré­sente comme « la voix de votre com­mu­nau­té », n’est pas en me­sure ou n’a pas le dé­sir de s’oc­cu­per de com­man­der et vendre son propre pe­tit dra­peau, ne de­vrait-on pas trou­ver un autre or­ga­nisme prêt à s’en oc­cu­per?

Et nous les Fran­co-Ma­ni­to­bains, que fai­sons-nous pour ap­puyer, dé­mon­trer et va­lo­ri­ser notre dra­peau dans notre vie quo­ti­dienne?

Pa­tri­cia Gen­dreau Le 4 sep­tembre 2018

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