Ou­vert il y a quatre mois, Éco­meuble ferme ses portes

La Nouvelle Union - - Actualités - >Hé­lène Ruel

L’en­tre­prise d’éco­no­mie so­ciale Éco­meuble vient d’an­non­cer qu’elle doit fer­mer ses portes et faire place nette au 288, rue Notre-Dame Est à Vic­to­ria­ville. Elle or­ga­nise une vente fi­nale, es­pé­rant pou­voir quit­ter son vaste lo­cal à la fin de fé­vrier.

L’or­ga­nisme au­ra ain­si pris plus de temps à s’im­plan­ter – trois ans - qu’à ex­ploi­ter cette «res­sour­ce­rie» de meubles et d’ac­ces­soires de mai­son, puis­qu’elle avait ou­vert ses portes au pu­blic en oc­tobre der­nier.

Les dif­fi­cul­tés fi­nan­cières ont étran­glé l’or­ga­nisme, a ex­pli­qué sa tré­so­rière, Cé­line Gué­rin.

In­ca­pable de payer ses four­nis­seurs et les sa­laires de son per­son­nel, l’en­tre­prise a pré­fé­ré mettre fin à ses ac­ti­vi­tés, même si, ces jours der­niers, elle avait mul­ti­plié les dé­marches de sau­ve­tage.

Un co­mi­té de re­lance avait d’ailleurs été for­mé. On avait mo­di­fié cer­taines pra­tiques, comme celle d’al­ler cher­cher gra­tui­te­ment les meubles chez les do­na­teurs. Et on s’était tour­né vers la Ville en quête d’une aide fi­nan­cière.

Mais les pro­blèmes bud­gé­taires étaient trop im­por­tants pour que quelques di­zaines de mil­liers de dol­lars viennent à bout du pro­blème in­hé­rent à l’en­tre­prise. «Le vo­lume des ventes n’était pas au ren­dez-vous et les marges de pro­fit sur des meubles usa­gés sont trop minces. Pour conti­nuer de vendre des meubles à bas prix, il nous au­rait fal­lu ex­ploi­ter un autre cré­neau plus lu­cra­tif.»

Elle ajoute que si le pro­prié­taire de l’im­meuble (Alain Gi­guère) a lo­gé l’or­ga­nisme pen­dant un mois gra­tui­te­ment, l’en­tre­prise a pris du temps à s’ins­tal­ler, payant quelques mois de loyer avant d’ex­ploi­ter son com­merce, ce qui a mi­né ses ré­serves.

La tré­so­rière ex­plique en­core qu’Éco­meuble était le seul or­ga­nisme de Vic­to­ria­ville à pos­sé­der une en­tente avec la Saint-Vincent-de-Paul et qui of­frait ses meubles à très bas prix. «C’est dom­mage de de­voir mettre la clé dans la porte après avoir mis du temps et de l’espoir dans cette en­tre­prise. Peut-être a-t-on man­qué de vi­sion à moyen terme», a-t-elle ad­mis.

Plus qu’une bou­tique, Éco­meuble se vou­lait aus­si un pla­teau de tra­vail et d’in­ser­tion so­ciale pour ces jeunes et moins jeunes dé­si­reux d’oeu­vrer à la res­tau­ra­tion, à la ré­pa­ra­tion et à la vente de meubles.

L’en­tre­prise avait ob­te­nu 50 000 $ du fonds d’éco­no­mie so­ciale et une autre de 30 000 $ du Co­mi­té ré­gio­nal de dé­ve­lop­pe­ment so­cial du Centre-du-Qué­bec.

Éco­meuble avait mis beau­coup de temps à dé­ni­cher un lo­cal adé­quat. Lors de l’ou­ver­ture, il y a quatre mois, on se ré­jouis­sait de cette ins­tal­la­tion en plein coeur du centre-ville de Vic­to­ria­ville.

C’est une vente fi­nale que doit or­ches­trer Éco­meuble.

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