La So­cié­té des fro­mages main­tient son cap… et sa mis­sion

La Nouvelle Union - - Agroalimentaire - >Hé­lène Ruel ruelh@trans­con­ti­nen­tal.ca

La So­cié­té des fro­mages du Qué­bec existe tou­jours. Au len­de­main de son assemblée gé­né­rale an­nuelle, elle a conser­vé sa même mis­sion… et sa pré­si­dente, Lu­cille Gi­roux, co­pro­prié­taire de La Mou­ton­nière à Sainte-Hé­lène-de-Ches­ter.

Une cin­quan­taine de per­sonnes, des fro­ma­gers, des mar­chands, des dis­tri­bu­teurs et des consul­tants ont par­ti­ci­pé à cette réunion te­nue à Mon­tréal mar­di.

«Il y a eu un pe­tit débat, mais pas de la­vage de linge sale et les dis­cus­sions ont été ci­vi­li­sées», a in­di­qué Mme Gi­roux, au len­de­main de l’assemblée.

La So­cié­té avait pré­ci­pi­té la te­nue de cette assemblée gé­né­rale, à la suite de la crise de la lis­té­riose de l’au­tomne der­nier et des cri­tiques qu’elle a es­suyées de la part des ar­ti­sans fro­ma­gers. Cer­tains lui avaient re­pro­ché de ne pas les avoir suf­fi­sam­ment re­pré­sen­tés à la suite des in­ter­ven­tions mas­sives et for­te­ment mé­dia­ti­sées des ins­pec­teurs du mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture.

La pré­si­dente de la So­cié­té a in­di­qué que l’assemblée gé­né­rale avait été l’oc­ca­sion de rap­pe­ler le rôle et la mis­sion de cet or­ga­nisme créé il y a sept ans, di­ri­gé par Gilles La­fon­taine et dont le siège so­cial est si­tué à Vic­to­ria­ville. «L’assemblée a per­mis de re­dire que la So­cié­té a pour mis­sion d’être un mo­teur de dé­ve­lop­pe­ment pour les fro­mages du Qué­bec, un ins­tru­ment de pro­mo­tion. Elle offre du sou­tien à la pe­tite in­dus­trie, don­nant des ou­tils aux fro­ma­gers pour amé­lio­rer la qua­li­té de leurs pro­duits», a énu­mé­ré la ber­gère et fro­ma­gère de Sainte-Hé­lène.

Et, tou­jours se­lon la pré­si­dente, le rôle de la So­cié­té res­te­rait tout aus­si per­ti­nent au­jourd’hui qu’il ne l’était lors de sa créa­tion.

La So­cié­té des fro­mages du Qué­bec n’a pas of­fi­ciel­le­ment eu de contacts avec cette nou­velle As­so­cia­tion des fro­ma­gers ar­ti­sans ayant sur­gi dans le pay­sage il y a quelques se­maines. Mais Lu­cille Gi­roux se ré­jouit que les re­pré­sen­tants des deux fro­ma­ge­ries «poin­tées» lors de la crise de la lis­té­riose se soient pré­sen­tés à l’assemblée gé­né­rale. L’un des deux a même ac­cep­té un poste au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la So­cié­té.

«Il est cer­tain que j’au­rais pré­fé­ré qu’au sein de la So­cié­té se crée un co­mi­té de dé­fense au lieu de voir naître une nou­velle As­so­cia­tion. Il s’agi­ra main­te­nant de se ren­con­trer pour s’as­su­rer que la So­cié­té et l’As­so­cia­tion ne tra­vaillent pas l’une contre l’autre. On ne connaît pas en­core vrai­ment les ob­jec­tifs de l’As­so­cia­tion, mais on sou­haite qu’il n’y ait pas de du­pli­ca­tion dans les ac­tions.»

Il fau­dra at­tendre la fin de la pé­riode de re­nou­vel­le­ment des adhé­sions pour sa­voir si la So­cié­té au­ra per­du beau­coup de joueurs du cô­té des fro­ma­gers. Quel­que­suns, en oc­tobre, avaient dé­mis­sion­né de la So­cié­té. «Mais je ne crois pas que la créa­tion de l’As­so­cia­tion crée­ra une brèche à la So­cié­té», es­time en­core Lu­cille Gi­roux.

D’ici quelques se­maines, l’or­ga­nisme de­vrait éla­bo­rer un plan d’ac­tion pour le cas où – on ne le sou­haite pas! – un nou­vel épi­sode de lis­té­riose de­vait sur­gir. Et, au pro­gramme d’ap­pui à la qua­li­té que dis­pense la So­cié­té, s’ajou­te­ra une for­ma­tion en sa­lu­bri­té et en in­no­cui­té.

L’assemblée a été « sti­mu­lante » pour Lu­cille Gi­roux, « parce qu’on sen­tait la vo­lon­té com­mune des gens pré­sents à re­mettre les fro­mages qué­bé­cois sur la mappe!»

Elle rap­pelle que la crise de l’au­tomne au­ra, mal­heu­reu­se­ment, presque éva­cué les fro­mages au lait cru et qu’il fau­dra se de­man­der quelle est la place qu’on veut leur faire au Qué­bec. Elle lance la ques­tion tout au­tant aux fro­ma­gers qu’au mi­nis­tère. «Les deux au­ront à se re­gar­der al­ler. Il n’y a pas, ici comme en Eu­rope, une longue tra­di­tion. Fa­bri­quer des fro­mages au lait cru né­ces­site ri­gueur et maî­trise des tech­niques. Il y a une part de risque et il faut pou­voir l’as­su­mer.»

Lu­cille Gi­roux

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.