Les plus belles plumes se dé­voilent à Vic­to­ria­ville

La Nouvelle Union - - Arts Spectacles - >Pierre-Oli­vier Girard

Se vou­lant une vi­trine in­es­ti­mable pour les au­teurs d’ici et une caverne d’Ali­ba­ba ren­fer­mant les plus beaux tré­sors lit­té­raires pour les ama­teurs de lec­ture, le pre­mier Sa­lon du livre du Centre-du-Qué­bec a en­fin vu le jour à Vic­to­ria­ville. Or­ga­ni­sé à l’oc­ca­sion de la Quin­zaine des mots, ce ren­dez-vous des plus belles plumes de la ré­gion a ac­cueilli une cin­quan­taine d’au­teurs, dont plu­sieurs dé­voi­laient pour la toute pre­mière fois le fruit de leur ta­lent à la face du monde.

Alors que le pro­jet ini­tial se vou­lait un pe­tit ras­sem­ble­ment pour les ar­tistes de sa mai­son d’édi­tion, c’est fi­na­le­ment un évè­ne­ment à ca­rac­tère ré­gio­nal, et même pro­vin­cial, que Ma­non Chil­las a réus­si à or­ga­ni­ser en rai­son de la forte de­mande des écri­vains. Le dé­fi était en­core plus pé­rilleux pour la dame qui n’avait ja­mais pla­ni­fié un tel évè­ne­ment, alors que l’échéance res­treinte ne lais­sait au­cune place à l’er­reur. «Nous avons eu seule­ment deux mois et de­mi pour tout or­ga­ni­ser! Heu­reu­se­ment, j’ai eu la chance de comp­ter sur une équipe for­mi­dable et sur une ving­taine de bé­né­voles qui ont fait un tra­vail ex­cep­tion­nel. En ad­mi­rant le ré­sul­tat de tous les ef­forts in­ves­tis au cours des der­nières se­maines, on ne peut que se ré­jouir d’avoir dé­ci­dé de se lan­cer dans ce pro­jet!»

Afin d’of­frir une vi­trine, de­ve­nue de plus en plus rare, pour les au­teurs qui en sont à leurs pre­miers pas dans ce mé­tier, Mme Chil­las a te­nu à ou­vrir la porte de son évè­ne­ment aux au­teurs moins connus, mais tout aus­si pro­met­teurs. «On au­rait pu éga­le­ment nom­mer cette jour­née le Sa­lon de l’au­teur, puisque ce sont di­rec­te­ment eux, et non les mai­sons d’édi­tion, qui ont fait la dé­marche pour ob­te­nir un kiosque. Aus­si, ils n’ont pas eu à dé­bour­ser des sommes as­tro­no­miques comme c’est le cas pour des Sa­lons de grande en­ver­gure.»

En plus du pas­sage du pro­li­fique Alain M. Ber­ge­ron, écri­vain de livres pour en­fants, les vi­si­teurs ont eu l’hon­neur d’ad­mi­rer un chefd’oeuvre qui, mal­gré sa pe­tite taille, n’a lais­sé per­sonne in­dif­fé­rent. Écrit par G. Lé­vesque, ce livre in­ti­tu­lé Je ne le ré­pé­te­rai pas dé­tient un re­cord mon­dial (il ne contient au­cune ré­pé­ti­tion du vo­ca­bu­laire).

Que ce soit des verbes, ad­verbes, noms et ad­jec­tifs, cette ob­ses­sion en­vers la ré­pé­ti­tion au­ra fi­na­le­ment per­mis à cet ar­tiste d’uti­li­ser 15 596 mots dif­fé­rents. «C’est vrai­ment un tra­vail d’ob­ses­sion tex­tuel, a confié le prin­ci­pal in­té­res­sé qui était fier de pré­sen­ter le ré­sul­tat de ses trois ans de dur la­beur. Je dé­si­rais créer quelque chose d’ori­gi­nal et j’ai dé­ci­dé d’y al­ler à par­tir de la ma­tière pre­mière des ro­mans, les mots. Ain­si, j’ai réus­si à réa­li­ser, avec beau­coup d’ef­forts et de maux de tête, quelque chose d’unique.»

Ori­gi­naire de Char­le­voix, ré­si­dant à Mon­tréal, mais voya­geur dans ses temps libres, M. Lé­vesque était très heu­reux d’être par­mi les ve­dettes de cette grande pre­mière. «J’adore les Sa­lons du livre, puisque c’est l’oc­ca­sion de voir les gens se po­ser sur mes écrits. De plus, j’ai re­mar­qué qu’il y a beau­coup d’in­té­rêt et les gens sont al­lu­més. Au lieu d’ache­ter les livres en li­brai­rie, ce genre de ren­dez-vous per­met aux lec­teurs d’échan­ger avec les au­teurs et pour nous, de se faire connaître plus pro­fon­dé­ment et de créer des liens.»

Con­trai­re­ment à la croyance po­pu­laire, plu­sieurs jeunes se sont as­su­rés de ne pas ra­ter ce ren­dez-vous, ar­bo­rant leurs plus beaux sou­rires à la ren­contre de leurs idoles. Cer­tains d’entre eux ont même tra­ver­sé de l’autre cô­té du kiosque en pré­sen­tant leur tout pre­mier livre en tant qu’ar­tistes en herbe. «Il ne faut pas que la lit­té­ra­ture meure avec le temps. À l’âge de 13 ans, je me suis dit que j’al­lais écrire mon pre­mier livre et il a fal­lu que j’at­tende dans la tren­taine pour réa­li­ser mon pro­jet de longue date. Dans le temps, j’étais une fille ti­mide, mais mon rêve m’a per­mis de me te­nir de­bout. Un sa­lon se veut aus­si l’oc­ca­sion de par­ta­ger nos ex­pé­riences avec les jeunes en leur mon­trant que ça se fait un livre et que rien n’est im­pos­sible», conclut Ma­non Chil­las.

Avec le suc­cès connu, les or­ga­ni­sa­trices ont dé­jà confir­mé avec en­thou­siasme que le Sa­lon se­ra de re­tour l’an pro­chain.

Les or­ga­ni­sa­teurs ont ac­cueilli en­vi­ron 400 per­sonnes.

Le Sa­lon du livre a ac­cueilli une cin­quan­taine d’écri­vains.

G. Lé­vesque

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