L’Église bap­tiste évan­gé­lique veut re­mettre les pen­dules à l’heure

Et se dis­so­cie de l’ac­cu­sé Claude Guillot

La Nouvelle Union - - Actualités - CLAUDE THI­BO­DEAU claude.thi­bo­deau@tc.tc

RÉ­AC­TIONS. L’Église bap­tiste évan­gé­lique de Vic­to­ria­ville tient à se dis­so­cier de Claude Guillot, qui fait l’ob­jet d’ac­cu­sa­tions cri­mi­nelles à Qué­bec, et à re­mettre les pen­dules à l’heure concer­nant un texte pa­ru dans La Nou­velle Union du 3 avril et coif­fé du titre «Une pré­su­mée vic­time se confie», un texte qui, plaident-ils, manque de ri­gueur et qui au­rait né­ces­si­té une in­ves­ti­ga­tion plus ap­pro­fon­die.

Ren­con­trés dans les lo­caux de l’Église si­tués au coin des rues Saint-Paul et Blais, le pas­teur Be­noît Ran­court et un conseiller et consul­tant Wal­ter Pa­quette ont, d’en­trée de jeu, dit éprou­ver de la tris­tesse en­vers Jacques, la pré­su­mée vic­time.

«Nous sommes ex­trê­me­ment at­tris­tés concer­nant cette af­faire dé­plo­rable. Nos pen­sées et nos prières se tournent d’abord vers les per­sonnes ayant pu être vic­times de l’ac­cu­sé, sou­ligne le pas­teur. Nous sou­hai­tons que toute la lu­mière soit faite. Nous lais­sons la pro­cé­dure ju­di­ciaire suivre son cours en es­pé­rant que jus­tice soit ren­due et que si l’ac­cu­sé est ju­gé cou­pable, il re­çoive la sanc­tion ap­pro­priée.»

Dans la même veine, le pas­teur Ran­court pour­suit en pré­ci­sant que l’Église n’en a pas contre Jacques. «Je sais qui il est. Je l’ai même contac­té pour lui of­frir mon aide, mon ap­pui», dit-il.

Ce­la dit, le texte, dans le­quel Jacques se confie au su­jet de cor­rec­tions cor­po­relles qu’il au­rait su­bies il y a plus de 30 ans, a créé une onde de choc par­mi les quelque 200 membres de l’Église.

Pour le pas­teur, l’ar­ticle manque de nuance. «Une en­quête plus ap­pro­fon­die, in­siste-t-il, au­rait per­mis de pré­ci­ser que ce n’est pas l’Église comme or­ga­ni­sa­tion, ni au­cun de ses membres ac­tuels qui sont ac­cu­sés, mais un in­di­vi­du qui a été em­ployé par l’Église il y a 33 ans et qui a été congé­dié par le pas­teur de l’époque. Cer­taines me­sures avaient alors été prises pour re­mé­dier à la si­tua­tion. Une dis­tinc­tion claire entre les deux n’a pas été faite, ce qui a en­traî­né un amal­game s’ap­pa­ren­tant à de la dif­fa­ma­tion, soit un pré­ju­dice grave à l’en­droit de l’Église et de ses membres.»

Pour les re­pré­sen­tants de l’Église bap­tiste évan­gé­lique, cette autre époque est ré­vo­lue et n’a rien à voir avec l’or­ga­ni­sa­tion ac­tuelle. «Il n’y a ac­tuel­le­ment plus per­sonne, dans les rangs de l’Église, qui fai­sait par­tie de l’équipe em­bau­chée à la­dite école, à l’époque où M. Guillot était di­rec­teur. De plus, par­mi les membres ac­tuels, il n’y a que très peu de per­sonnes qui étaient là en 1983-84. On a ou­blié de nuan­cer qu’il y a eu deux époques», ex­plique Be­noît Ran­court, en­tré en poste comme pas­teur en 1986-87, après donc les pré­su­més évé­ne­ments.

«C’était une concep­tion ar­chaïque de l’au­to­ri­té, ajoute Wal­ter Pa­quette. Voi­là pour­quoi on parle d’une autre époque.»

Si l’école ap­pe­lée La Bonne Se­mence était clan­des­tine au mo­ment des faits al­lé­gués, le pas­teur Ran­court, à son ar­ri­vée, a en­tre­pris des dé­marches avec la Com­mis­sion sco­laire pour la faire re­con­naître of­fi­ciel­le­ment vers le dé­but des an­nées 1990. «On a eu, rap­pelle-t-il, de bons rap­ports avec la com­mis­sion sco­laire. À un mo­ment, les élèves étant bien in­té­grés, on a conve­nu de fer­mer l’école.»

Le pas­teur fait aus­si va­loir l’im­por­tance qu’ont les en­fants pour la com­mu­nau­té. «La pro­tec­tion et l’in­té­gri­té phy­sique et mo­rale des en­fants sont pour nous tout à fait prio­ri­taires et font par­tie de nos va­leurs fon­da­men­tales comme Église», in­dique M. Ran­court, pré­ci­sant la mise en place, de­puis plu­sieurs an­nées, d’une po­li­tique ex­haus­tive concer­nant les abus de toutes sortes afin de pro­té­ger, non seule­ment les en­fants, mais toute per­sonne qui sert dans l’Église ou as­siste à ses ac­ti­vi­tés.

«Chaque per­sonne qui tra­vaille ac­tuel­le­ment au­près des en­fants doit mon­trer patte blanche, si­gnale-t-il. Elle doit ac­cep­ter de four­nir le do­cu­ment «Vé­ri­fi­ca­tion de l’exis­tence d’un ca­sier ju­di­ciaire» émis par la Sû­re­té du Qué­bec. De plus, des ré­fé­rences sont éga­le­ment exi­gées.»

OU­VERTE ET TRANS­PA­RENTE

Le pas­teur Be­noît Ran­court fait va­loir la trans­pa­rence de l’or­ga­ni­sa­tion et son cô­té dé­mo­cra­tique. «Ce sont les membres qui ont le der­nier mot lors de réunions d’af­faires. De plus, nos en­sei­gne­ments sont dis­po­nibles au grand pu­blic sur notre site Web. Par­ler de concepts tels «d’adeptes en­doc­tri­nés et d’omer­ta» est ten­dan­cieux et ne cor­res­pond pas à la cul­ture ac­tuelle de l’Église, ex­plique-t-il, tout en no­tant une ou­ver­ture dans le mi­lieu. «On fa­vo­rise le bon voi­si­nage. Nous ne sommes pas des sec­taires. Nous louons des lo­caux à la Com­mis­sion sco­laire des Bois-Francs. Nous ne sommes ab­so­lu­ment pas fer­més», si­gnale-t-il tout en énu­mé­rant dif­fé­rentes ac­tions que pose, dans le mi­lieu, l’Église bap­tiste évan­gé­lique qui, an­nuel­le­ment, dis­tri­bue des pa­niers de Noël aux dé­mu­nis, or­ga­nise une col­lecte de sang avec Hé­maQué­bec et s’en­gage dans l’in­té­gra­tion et le sou­tien fi­nan­cier de nou­veaux ar­ri­vants (plus d’une qua­ran­taine d’im­mi­grants sou­te­nus dans les deux der­nières an­nées).

Ce­la sans comp­ter di­verses cor­vées pour ef­fec­tuer des tra­vaux im­por­tants pour des or­ga­nismes com­mu­nau­taires, comme la Mai­son de la fa­mille, le Sup­port ou le Res­tau­rant po­pu­laire, ou en­core l’or­ga­ni­sa­tion d’ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment pour cer­taines causes, dont la Fon­da­tion les Amis d’El­liot et la Mai­son Fon­taine de vie.

«En fait, de­puis deux ou trois ans, l’Église a dis­tri­bué, dans la com­mu­nau­té de Vic­to­ria­ville, plus de 15 000 $», conclut le pas­teur Ran­court.

(Pho­to TC Me­dia - Claude Thi­bo­deau)

Wal­ter Pa­quette, membre de l’Église bap­tiste évan­gé­lique de Vic­to­ria­ville, et le pas­teur Be­noît Ran­court

(Pho­to TC Me­dia - Claude Thi­bo­deau)

Les ins­tal­la­tions de la rue Saint-Paul

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